Hippodrome Romain de Beyrouth: La Justice suspend la décision de démantèlement suite au recours de l’APPL

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Le Conseil d’Etat libanais a décidé de la suspension de la décision n˚ 849 du 14 février 2012 du ministre de la Culture Gaby Layoun, décision qui était en faveur du démantèlement de l’Hippodrome Romain de Wadi Abou Jmil à Beyrouth afin de permettre la construction d’un projet immobilier sur le site et cela suite au recours en justice intenté par l’Association pour la Protection du Patrimoine Libanais (APPL): une première au Liban.

Pour rappel, cette décision du ministre de la Culture allait à l’encontre du rapport de la DGA qui soulignait la nécessité de la conservation des ruines in-situ et également à l’encontre des décisions de son prédécesseur Tamam Salam qui avait inscrit l’Hippodrome sur la Liste Officielle Libanaise des Monuments et Sites Classés et Inscrits Monuments Historiques, par décision publiée le 10 septembre 2009 dans le journal officiel(2). En outre, nous sommes ici devant un cas où les intérêts privés sont privilégiés par rapport à l’intérêt public, ce qui met les autorités libanaises pourtant garantes de la sécurité du patrimoine national en infraction avec leurs propres lois et procédures.

Selon l’avocate de l’association Carla Cherfane, précédemment interviewée par Libnanews, la décision aujourd’hui suspendue viole tant les règles du droit local que les règles du droit international, rappelant que le classement d’un site impose aux propriétaires de ne pas entamer des travaux sans aviser deux mois à l’avance la DGA, seule autorité compétente de délivrer une autorisation préalable. Maitre Carla Cherfane avait également souligné les différents vices de procédures de la décision du ministre de la Culture Gaby Layyoun. Maitre Raoul Sfeir, avocat spécialisé en droit international rattaché au barreau de Paris, et membre actif de l’APPL, avait souligné de son côté, que la décision du ministre Layyoun violait les différentes dispositions des conventions internationales telles que la Convention de l’UNESCO pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel de 1972, les chartes de l’ICOMOS de 1964 et de 1990, ainsi que les nombreuses recommandations de l’UNESCO insistant sur la nécessité de sauvegarder les ruines in-situ et d’éviter tout déplacement, démantèlement et altération de celles-ci.

La société civile, dont le rôle est souvent ignoré voire même dédaigné, peut se permettre d’espérer, qu’avec des citoyens bien intentionnés animés par leur amour pour la patrie et par une bonne volonté, que les diverses luttes pour la protection de leur identité et de leurs droits civils ne resteront pas vaines.

الدولة – وزارة الثقافة Ci-joint la décision du Conseil d’Etat 

Pour rappel :

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Par Marie-Josée Rizkallah
Libnanews

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l'association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais dont elle est actuellement présidente. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l'Histoire et la Théologie de l'Icône ainsi que l'Expression artistique. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com son blog: mjliban.wordpress.com et la page FB d'ICHTAR : https://www.facebook.com/I.C.H.T.A.R.lb/

4 Commentaires

  1. C’est une belle victoire. Cela suffit de dilapider notre patrimoine. Au nom de la Diaspora Libanaise overseas , je vous demande de nous unifier . La société civile libanaise a le droit de protéger notre héritage. Ensemble nous gagnerons

  2. et « le seul quotidien en français au Liban » ne parle toujours pas de cette victoire…

    Honte à eux de ne pas reconnaître qu’ils sont du mauvais coté, de celui des promoteurs et des saltimbanques de notre patrimoine sacrifié 

  3. Il est evident que le ministre a des conseillés inexpérimentés ou pas assez professionel. De meme, il parait qu’il se fait entoure par certains fonctionnaires qui ont des interets personnels et ils l’ont engagé dans des décisions qui servaient leurs propres interets.  

  4. for once someone voted for the interest of Lebanon ‘ s Heritage and not for their own pockets and interest, Thank you for saving our Dear Lebanon the others should follow

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