Il n’est impossible d’annuler la force ou la présence d’une composante libanaise (Ibrahim Kanaan)

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Abordant la question des incidents du samedi, le député Ibrahim Kanaan a estimé impossible d’annuler par la force une composante libanaise.

‘L’expérience nous a appris que les guerres au Liban sont causées par l’exploitation des contradictions internes”, indique le député, qui rappelle les propos du Président de la République, le Général Michel Aoun, tenus il y a quelques années, estimant qu’il y a un problème à l’étranger et non interne. Il faisait allusion à la présence des armes du Hezbollah.

Cela ne signifie pas, bien sûr, ne pas parler de l’exclusivité des armes, et comment renforcer l’État afin que sa souveraineté soit étendue sur l’ensemble du territoire et son pilier est de l’armée libanaise.
Mais cette voie nécessite un État qui rassure son peuple, et une situation régionale différente de celle d’aujourd’hui. Aoun doit protéger notre souveraineté, parallèlement à ne pas négliger l’unité nationale et étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire.
Ibrahim Kanaan, 8 juin 2020

Des incidents qui rappellent les heures sombres de la guerre civile

À l’origine de ces incidents, des slogans hostiles au secrétaire général du Hezbollah et à la femme du prophète Mohammed, figure sacrée de la communauté chiite auxquels ont répondu les sympathisants des 2 partis par des slogans en sa faveur et “chiite, chiite, chiite”. Faits aggravants, ces provocations auraient été principalement dû fait de personnes appartenant à la communauté sunnite, indiquent des témoins sur place. 

Les incidents se sont ensuite poursuivis dans les rues de Beyrouth, notamment à la corniche Mazraa au niveau de la Mosquée Gamal Abdel Nasser, du quartier de Tarik Jadideh où de nombreux coups de feux ont été entendus mais également entre le quartier d’Ein Remmeneh avec la présence de jeunes des Forces Libanaises et de Chiyah, où sont présents Hezbollah et Amal. Le quartier avait été déjà le témoin des premiers incidents de la guerre civile de 1975 à 1990. 

Ce matin déjà, le Président de la chambre avait dénoncé ainsi des incidents à caractère sectaire et religieux, maudissant ceux qui réveillent ce type de tension. La Président de la chambre condamne les insultes aux lieux saints, aux symboles et aux lieux sacrés islamiques et chrétiens, mais également les insultes qui auraient été formulées par certains membres de la communauté sunnite à la femme du prophète, Aisha. 

De même, les autorités religieuses chiites et sunnites ont dénoncé les incidents. Dar el Fatwa a ainsi appelé ce matin au calme et a mis en garde contre le piège de la sédition sectaire et religieux. La plus haute autorité sunnite a également dénoncé les insultes à l’épouse du Prophète, estimant que ses auteurs ignorent la véritable valeur de l’islam.

Le Président du Conseil Supérieur Chiite, l’Imam Amir Qabalan a également condamné les insultes estimant qu’il s’agit d’une tentative suspicieuse pour mener à la sédition et ainsi nuire à l’unité nationale et religieuse.

L’ancien Premier Ministre Saad Hariri a souligné l’appel au calme des 2 plus hautes autorités religieuses musulmanes, appelant au calme et à ne pas menacer la paix civile, tout comme le Hezbollah qui a dénoncé tout acte visant à diviser la communauté musulmane et amener à des tensions sectaires.

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