Plusieurs incidents se sont déroulés à la réouverture de l’aéroport international de Beyrouth.

Le premier incident a eu lieu alors que des journalistes étaient présents pour couvrir l’arrivée des premiers vols à destination de la capitale libanaise. Ces derniers se trouvaient au hall des arrivées quand les forces en charge de l’aéroport s’en seraient pris à eux selon certains témoins. Dans la bousculade qui a suivi, du matériel de la presse aurait été endommagé.

D’autre part, des passagers ont protesté à leur arrivée contre le taux de change à l’aéroport, en-deça des taux de parité au marché noir.

Pour rappel, le trafic aérien commercial a repris à l’aéroport international de Beyrouth, ce mercredi 1er juillet après avoir été interrompu depuis le 18 mars en raison des mesures visant à éviter la propagation du coronavirus COVID19 au Liban.

L’aéroport international de Beyrouth fonctionnera seulement à 10% de ses capacités, soit 2000 passagers par jour seulement. Les mesures de distanciation sociale ou encore des contrôles PCR à l’arrivée sont prévus. Les passagers sont appelés à se confiner 24 heures après leurs arrivées, le temps que les résultats des tests soient connus. Un deuxième test est également prévu 72 heures après leur arrivée.

En cas de test positif, ils devront se mettre en quarantaine et respecter les mesures sanitaires du ministère de la santé libanais.

Les mesures de quarantaine ne sont pas obligatoires pour les passagers en provenance de pays où les tests sont disponibles à condition qu’ils aient passé cet examen 96 heures avant leurs départs.

La Middle East Airlines (MEA) espère augmenter les cadences de départ graduellement. Les finances de la compagnie ont été largement affectées par les mesures visant à limiter le nombre de personnes contaminées au Liban.

Autre facteur limitant l’activité de l’aéroport international de Beyrouth, les transferts de fonds depuis le Liban à l’étranger sont désormais sévèrement limitées par les banques libanaises. Les touristes libanais pourraient ainsi devoir se passer de vacances à l’étranger, avec un plafond sur les cartes bancaires étant généralement limité à l’étranger à moins de 100 dollars par mois.

Une bouffée d’air pour l’économie libanaise

Cette réouverture donne aussi une bouffée d’air à l’économique libanaise alors que le taux de croissance devrait être négatif. Il est estimé à – 14% actuellement pour 2020.

Les autorités libanaises ont réfuté toutes les rumeurs faisant état d’une limitation à 2000 dollars des sommes pouvant être rapatriées cash au Liban, cela alors que de nombreux déposants étrangers ne peuvent disposer de leurs fonds, suite à l’instauration unilatérale par les banques libanaises de mesures de contrôle des capitaux dès novembre 2019.

Ils appellent ainsi la diaspora à ramener de l’argent cash notamment pour aider leurs proches à faire face à la grave crise économique alors que la valeur de la livre libanaise continue à se détériorer face au dollar. Ce matin, l’achat de dollar se négociait à plus de 9000 LL au marché noir.

De nombreux expatriés indiquent ainsi ne plus vouloir procéder à des virements via le système financier traditionnel qu’ils accusent de fraudes après avoir caché d’importantes pertes financières durant des années. Ils accusent aussi les dirigeants libanais d’être à l’origine de la crise actuelle via des détournements de fonds ou encore une gabegie sans pareille des fonds publics.

La dette publique locale dépasse désormais 92 milliards de dollars alors que le PIB pourrait se contracter, passant de 55 milliards en 2018 à 34 milliards à peine en 2020.

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