J’ai eu la chance et le bonheur d’accompagner mon petit-fils Anthony à Saint Joseph School les 4 et 5 octobre 2016 lors des journées de portes ouvertes où enfants, parents et institutrices se réunissent pour atténuer l’angoisse des enfants dans une nouvelle étape de leur éducation. Ce que j’ai vu et observé a réveillé en moi des sensations intenses qui m’ont profondément bouleversé.

A la vue de ces enfants accompagnés de leurs jeunes mamans qui ont parfois des difficultés à les comprendre et à les éduquer convenablement, je me suis posé la question de savoir combien patientes et persévérantes font preuve les institutrices responsables de ces bambins pour mener à bien leur mission pédagogique. Je ne voudrais pas être à leur place, croyez-moi. Comment réussissent-elles à comprendre des enfants venus de familles diverses avec des mentalités différentes et la plupart du temps suivis par des servantes citoyennes de pays du tiers-monde. Quand elles finissent par les comprendre plus ou moins, elles se doivent de leur inculquer les notions de base permettant à ces petits de savoir distinguer le bien du mal. Elles ont le devoir de leur apprendre à bien formuler des phrases et surtout à écrire. C’est une dure tâche, croyez-moi. Je ne les envie pas. Je m’incline devant tant de sacrifices de leur part. Je ne peux que les respecter et être de tout cœur avec elles.

Les institutrices des classes maternelles là où elles se trouvent sont à la base de la formation de nos enfants. Elles les accompagnent dans leur évolution. Elles veillent sur eux comme si elles étaient leurs mamans. Elles se sentent responsables de leur bien-être et souffrent quand leurs petits sont malheureux. Leur mission est difficile à assumer. Je ne peux que m’incliner devant tant d’efforts fournis par ces assistantes pédagogiques et je souhaite qu’elles soient davantage honorées. Les enseignants des classes élémentaires, complémentaires et secondaires ne peuvent dédaigner leurs collègues des classes maternelles. Leurs rapports avec des élèves qui savent déjà mieux parler et qui ont été formés à l’écriture sont plus faciles que ceux vécus par nos institutrices. Elles sont souvent à tort peu considérées et mal payées par rapport aux enseignants des classes supérieures. A mon humble avis, elles devraient toucher des salaires supérieurs à ceux des enseignants du secondaire parce qu’elles assument des responsabilités de loin plus grandes que celles endossées par leurs collègues du secondaire. Elles rencontrent pas mal de difficultés à traiter avec leurs élèves et à leur inculquer les connaissances de base nécessaires à leur formation.

Il serait bon de remarquer qu’aucun homme ne fait partie du corps enseignant des classes maternelles parce qu’aucun homme ne peut réussir là où les institutrices des classes maternelles font des miracles alors que dans les classes supérieures on trouve autant d’enseignantes que d’enseignants et même parfois des enseignantes en nombre supérieur à celui des enseignants. C’est dire que les enseignantes sont naturellement destinées à la formation de nos enfants. J’ai cependant une proposition à faire. Elle consisterait à déléguer pour chaque classe maternelle un enseignant et une enseignante qui symboliseraient le papa et la maman de nos petits élèves. Ces derniers se croiraient alors en famille et leur éducation en serait facilitée.

Institutrices des classes maternelles, je vous remercie du fond du coeur pour tous les sacrifices que vous endurez afin d’éduquer nos bambins. Je ne peux que vous manifestez un très grand respect. Je vous souhaite bonne chance et beaucoup de courage dans l’accomplissement de votre mission pédagogique au service de nos enfants.

Samy Chaiban.