L'ambassadrice des Etats-Unis au Liban Dorothy Shea en compagnie avec le Président de la République, le Général Michel Aoun. Crédit Photo: Dalati & Nohra
L'ambassadrice des Etats-Unis au Liban Dorothy Shea en compagnie avec le Président de la République, le Général Michel Aoun. Crédit Photo: Dalati & Nohra

L’ambassadrice américaine au Liban Dorothy Shea a vivement réagi à la décision d’un juge du tribunal des affaires urgentes qui a condamné les médias ayant repris les propos de la diplomate.

Pour rappel, le juge Mohammed Mazeh du tribunal des affaires urgentes de Tyr avait menacé de poursuites judiciaires et de suspendre durant un an, tout média qui interviewerait l’Ambassadrice des Etats-Unis au Liban. Aussi une amende de 200 000 dollar pourrait leur être infligée, précise une dépêche de l’Agence Nationale d’Information (ANI).

Dorothy Shea s’est exprimée directement sur les ondes de la chaine libanaise MTV Lebanon pour estimer que “la tentative de réduire les médias libanais au silence est pathétique, (…) ce type d’action n’appartient pas au Liban, c’est le type d’actes qui appartient à des pays comme l’Iran”. Elle indiquait que la réputation du Liban avait été ternie par la décision du juge et qu’il s’agissait d’une décision judiciaire politique.

Cette dernière avait estimé, au cours d’une interview diffusée par la chaine saoudienne Al Hadath ce vendredi, que le dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah constituait une menace à la stabilité du Liban et que le Hezbollah empêchait la mise en place des réformes économiques qui pourraient permettre au Liban de disposer d’une aide du Fonds Monétaire International et des autres pays donateurs.

Le dirigeant du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah avait dénoncé les nouvelles régulations américaines dénommées CAESAR qui menacent de sanctions économiques tout pays commerçant avec la Syrie, estimant que ce texte vise en réalité à affamer les Libanais – déjà soumis à une grave crise économique – et les syriens.

Suite à une plainte, le juge Mohammed Mazeh avait estimé que ces propos avaient offensé de nombreux libanais et visaient à attiser la haine sectaire au Liban. Il dénonçait également l’ingérence faite par la diplomate américaine dans les affaires internes au Liban.

Une décision judiciaire controversée

La Ministre de l’Information Manal Abdel Samad a publiquement désavoué le juge, estimant que les médias devraient être libre de rapporter l’information, tout en dénonçant les ingérences étrangères de certains diplomates, alors que le Ministre des Affaires Etrangères Nassif Hitti a convoqué la diplomate américaine pour une réunion qui devrait se tenir lundi.

Manal Abdel Samad indique que le gouvernement libanais n’a pas publié d’excuses à la diplomate américaine, ce qui cette dernière avait pourtant indiqué. “Je peux vous assurer que j’ai été contacté hier après-midi par un très haut responsable et personnalité bien placée au sein du gouvernement libanais. Il a exprimé ses excuses et que le gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour y mettre fin.

Réagissant également pour le Courant du Futur, la député Roula Tabsh a estimé que la politisation de l’appareil judiciaire menace tout le monde sans exception.

Le juge Mohammed Mazeh menace de démissionner et le Procureur de la République indique ne pas avoir demandé à ce que ce dernier soit déféré devant l’inspection judiciaire

Après avoir été informé d’une convocation devant l’inspection judiciaire, le juge Mohammed Mazeh a indiqué qu’il demandera à être relevé de ses fonctions par le Procureur de la République, le juge Ghassan Owaidat.

L’Inspection Judiciaire indiquait, de source médiatique, avoir convoqué le juge de Tyr pour l’entendre concernant les motifs de la décision qu’il a prise à l’encontre des médias dans cette affaire.

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