Mosaiques des 7 sages, Baalbeck 3ème siècle après JC. Musée National de Beyrouth, Liban. Crédit Photo François el Bacha. Tous droits réservés.

Le mythe d’Er le Pamphylien raconté par Platon dans son livre,  La République, trouve sa meilleure adaptation dans la renaissance libanaise.

Les Libanais, peuple vertueux, ont payé un lourd tribut à la guerre, qui a sévi de longues années, en terme de pertes humaines et de blessés, d’handicapés et d’exilés, de familles séparées et d’une infinité de cœurs brisés. 

L’interventionnisme des pays étrangers et leurs ingérences dans leurs affaires nationales, ce peuple l’a subi pour de longues années. Cela lui a assurément prouvé qu’il était facile de les partager et de les monter les uns contre les autres. 

La guerre civile et l’occupation de leur pays, ont meurtri et martyrisé les Libanais. L’asservissement auquel ils ont été assujettis, les a alertés, réveillés et aidés à mieux choisir leur renaissance. 

Les Libanais ont choisi finalement. Et ça leur a pris du temps. Ils ont choisi dans le processus de leur métempsycose, de se réincarner en un peuple libre, uni, fort et héroïque qui veut maîtriser sa vie, son avenir et son destin, dans une nation solidaire qui s’enorgueillit d’eux, et à laquelle ils seront fiers d’appartenir. 

Ils ont choisi de renaître, dans un pays libéré de toutes contraintes, dans une démocratie qui se respecte avec des députés qui les représentent. Des députés élus, pour leur programme et leur capacité à faire avancer le pays et être au service du peuple, avec des élections transparentes. Ils ont choisi de ne pas continuer avec des députés momifiés,  corrompus, et qui ne représentent qu’une fraction minime du peuple. Cette fraction qui veut continuer à appartenir à tel homme politique ou à tel autre, et pire à tel pays étranger et à tel autre. 

Renaître aussi avec des ministres et des dirigeants choisis pour leur compétence à moderniser et à gérer le pays, à trouver des solutions adaptées aux problèmes récurrents qui jaillissent quotidiennement et qui rendent leur vie très compliquée et très dure.

Ils ont choisi également d’enrayer l’image terni que les autres pays ont du Liban et des Libanais en général et à la remplacer par une autre plus glorieuse, plus rayonnante et dans laquelle ils se reconnaissent et à partir de laquelle ils se projettent. 

Ils ont fait le choix aussi de doter leur pays d’une nouvelle constitution plus dynamique, plus moderne et parfaitement adaptée à leur pugnacité et à leur intelligence.

Ils ont choisi aussi d’honorer la femme et de lui permettre de s’épanouir dans l’égalité avec l’homme. 

Après avoir choisi le modèle tant désiré  de leur réincarnation, ils ont fait le passage volontaire de la plaine de l’oubli, là où ils devraient boire de l’eau des fleuves qui s’y trouvent, pour graduellement perdre le souvenir de leur vie d’avant, le souvenir de ce qui s’était passé dans leur pays, les atrocités et les monstruosités qu’ils ont connues et subies, durant la guerre et après ; dans le seul but de renaître à nouveau. Renaître à zéro. 

Ils ont oublié les raisons de leurs divisions qui sont dues à leur appartenance aux différentes religions et aux différents partis politiques non démocratiques et qui sont, malheureusement, subordonnés à la volonté de dictateurs et de pays étrangers. 

Ils ont oublié aussi des années d’occupations étrangères avec leurs histoires de barrages posés à chaque coin de rue, pour les surveiller et vérifier, non sans méchanceté, leurs papiers et leur identité, les intimider et les traiter de tous les noms dans le dédain et l’insolence ! Sans oublier de mentionner les détours imposés et les heures perdues dans l’attente parce qu’un minime soldat étranger et dérangé a voulu expressément leur rendre la vie difficile et intolérable. 

Oubliés, oui et encore, les disparitions mystiques et les attentats en série perpétrés contre leurs jeunes, leurs intellectuels, leurs hommes politiques ; les calamités et la disgrâce dans lesquelles ils baignaient. La misère et le malheur de tout un village dont le fils a disparu sur un barrage sans retour et sans explication aucune. 

Oubliées les années noires dans lesquelles ils étaient emprisonnés et arrachés de leur liberté, où l’interdiction d’exprimer leurs opinions et de libérer leur parole faisait loi et coutume, puisque, disait-on, les murs avaient des oreilles. 

Ils ont tout oublié de ce passé méprisable, dégradant et déshonorant pour se révolter ensemble, unis, invincibles et puissants, pour renaître à nouveau, renaître dans la liberté et vivre leur réincarnation comme ils le méritent, baignés dans l’amour de leur pays. 

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