Communiqué de presse
Diocèse maronite d’Antelias, le 13 juillet 2026 –
Dans le cadre de sa visite au Liban, M. François Fillon, ancien Premier ministre français, a participé, à l’invitation du Dr Fouad Abou Nader, président du Conseil de coordination chrétienne (C3), à une rencontre organisée à l’Archevêché maronite d’Antélias, en présence de Son Excellence Mgr Antoine Bou Najem et des présidents des municipalités des villages frontaliers du Sud-Liban.
Ouvrant la rencontre, Son Excellence Mgr Antoine Bou Najem, archevêque maronite d’Antélias, a rappelé que le Sud-Liban demeure profondément marqué par les conséquences de la guerre, tout en restant une terre d’espérance. Malgré les conflits, les destructions et l’instabilité persistante, les chrétiens de cette région continuent de témoigner d’une foi vivante et d’une résilience exemplaire. Ils ont choisi de rester enracinés sur leur terre, de reconstruire leurs familles, leurs paroisses et leurs villages, convaincus que l’espérance est plus forte que la peur et que la vie finit toujours par triompher.
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Prenant ensuite la parole au nom des villages du secteur oriental, Mme Tania Jarwan, présidente de la municipalité de Deir Mimas, a réaffirmé l’attachement indéfectible des habitants du Sud à leur terre et à l’État libanais, malgré les nombreuses épreuves traversées au fil des années. Elle a souligné que la priorité consiste aujourd’hui à renforcer les conditions permettant aux populations de demeurer sur leur territoire, notamment par le soutien aux établissements scolaires et aux infrastructures hospitalières, le développement de l’économie locale, la création d’opportunités d’emploi pour les jeunes ainsi que la garantie d’un accès sécurisé des agriculteurs à leurs terres.
Au nom des villages du secteur occidental, M. Hanna Al Amil, président de la municipalité de Rmeich, a réaffirmé l’attachement des habitants à leur identité libanaise, à l’État libanais et à la pleine souveraineté du Liban sur l’ensemble de son territoire. Il a également insisté sur leur refus de voir le Liban entraîné dans des conflits qui ne sont pas les siens, rappelant que l’avenir du pays doit relever exclusivement de la décision souveraine de l’État libanais, à l’abri de toute ingérence extérieure.
Mme Tania El Helou, coordinatrice générale de l’association Nawraj, a ensuite présenté les trois phases du programme d’urgence mis en œuvre par l’association pour soutenir la résilience des populations et favoriser leur maintien sur leurs terres.
La première phase a permis de fournir une aide humanitaire d’urgence, de soutenir les postes des Forces de sécurité intérieure et de mettre à disposition des moyens modernes de communication. La deuxième est consacrée au soutien du secteur éducatif à travers l’octroi de bourses scolaires à huit établissements situés dans les villages frontaliers. La troisième vise à relancer l’activité économique, à créer des emplois et à consolider durablement les conditions permettant aux habitants de demeurer sur leurs terres.
Prenant à son tour la parole, le Dr Fouad Abou Nader a présenté quatre priorités appelant un engagement et un soutien urgents :
- la mise en place d’un corridor humanitaire permanent et sécurisé afin de désenclaver les villages des secteurs oriental et central du Sud-Liban et d’y faciliter l’acheminement de l’aide ainsi que des services essentiels ;
- le retour, dans les meilleurs délais, des habitants des villages d’Alma El Chaab et de Qouzah, aujourd’hui entièrement vidés de leur population ;
- la recherche d’une solution bénéficiant d’une reconnaissance et d’un soutien internationaux à l’approche de l’expiration du mandat de la FINUL en décembre 2026, afin de garantir la stabilité et la sécurité dans la région ;
- la réhabilitation des hôpitaux d’Aïn Ebel et de Marjeyoun, afin d’assurer un accès durable aux soins et aux services hospitaliers pour les populations du Sud-Liban.
En conclusion, M. François Fillon a expliqué que cette visite avait pour objectif de sensibiliser l’opinion publique française à la réalité que vivent aujourd’hui le Liban et, plus particulièrement, les villages frontaliers du Sud. Il a souligné l’importance de renforcer la mobilisation des donateurs français afin de soutenir les chrétiens d’Orient et de leur permettre de demeurer sur leur terre. Il a également évoqué la réflexion engagée sur les moyens par lesquels la France pourrait, à l’avenir, retrouver pleinement sa place et son rôle au Liban, contribuant ainsi au renforcement de la stabilité, de la paix et de l’espérance dans le pays.
La rencontre s’est achevée par un échange avec les présidents des municipalités présents, qui ont exposé les principaux défis auxquels sont confrontés les villages frontaliers. Tous ont insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de solidarité et de renforcer les conditions indispensables à la résilience des populations ainsi qu’à leur maintien durable sur leurs terres.


