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Le quotidien Al Akhbar révèle des documents prouvant des détournements de fonds de la Banque du Liban en faveur de son gouverneur

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Le quotidien Al Akhbar a publié une série de documents mettant en cause le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé dans des détournements de 30 000 euros par mois. Pire encore, le conseil central de la Banque du Liban et le vice-gouverneur de la banque centrale auraient avalisé ces détournements.

Outre Riad Salamé, son vice-gouverneur mais également le conseil central de la BdL, d’autres personnes sont également citées par le quotidien comme le responsable du service juridique de la BdL et différents membres dont l’actuel ministre des finances Youssef Khalil en sa qualité d’ancien directeur des opérations financières de la BdL qui a du avaliser ces opérations estimées illégales.

Pour rappel, Riad Salamé fait l’objet de plusieurs enquêtes en France mais aussi en Suisse ou encore en Belgique et en Allemagne pour détournement de fonds et blanchiment d’argent.

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Ces nouveaux documents indiqueraient que Riad Salamé aurait ainsi garanti, avec l’argent de la Banque du Liban, une rentrée mensuelle de 30 000 euros par mois à sa fille et à sa maitresse ukrainienne Anna Kozakova via la location fictive d’un appartement leur appartenant par la Banque du Liban à Paris, officiellement comme centre de replis en cas d’urgence au Liban.

Selon ces nouveaux documents, le conseil central de la Banque du Liban aurait approuvé les propositions du gouverneur entre 2010 et 2015 sans contre-enquête. Le vice-gouverneur, Wassim Mansouri, aurait depuis revu l’ensemble du dossier de location de bureaux, et a présidé une réunion le 5 juillet 2021, qui comprenait des responsables de la Banque du Liban, dans le but de discuter de la faisabilité de poursuivre pour les louer. Lors de cette réunion, les participants auraient justifié la poursuite de la location de ces biens immobiliers faisant pourtant déjà l’objet d’une enquête.

Ainsi, la BdL ne disposerait sur place que 2 mètres carrés pour un serveur, loués 30 000 euros par mois et de 100 euros pour l’usage personnel de ses proches.

Cependant, suite à une perquisition 21 octobre 2021, des forces de police françaises ont perquisitionné des appartements et des biens immobiliers visés, dans le cadre d’une enquête pour détournement de fonds ouverte en Suisse, au Liban, en France, au Luxembourg, en Allemagne et dans d’autres pays, d’autres investigations seraient en cours concernant le détournement de 300 millions de dollars de la Banque du Liban. Le frère du gouverneur Raja Salamé est également impliqué et aurait avoué une partie des faits reprochés. Ces fonds auraient servi à acheter des biens immobiliers dont ceux visés à Paris.

Selon le quotidien Al Akhbar:

Le 13 novembre 2010, le Conseil central de la Banque du Liban (pièce n° 1) s’est réuni et a décidé « après examen de la lettre soumise par ECIFFICE », « approuvant le contrat avec ECIFFICE pour la location d’un bureau (56 avenue des champs Elysées 75008 Paris) qui sécurise les opérations financières. La Banque du Liban fait partie du plan mis en place pour faire face aux cas d’urgence. Le 24 novembre, Salameh a envoyé une lettre à la Direction des affaires juridiques par l’intermédiaire du troisième sous-gouverneur l’informant de l’approbation du Conseil central de louer le bureau au coût de 120 000 € par an, demandant que le crédit nécessaire soit ouvert à cet effet.

Le 05/10/2011, le Conseil central a amendé la décision précédente et a convenu de « contracter avec ECIFFICE la location d’un bureau qui sécurise les opérations financières d’urgence de la Banque du Liban… pour un coût financier de 120 000 euros par an (environ 9 600 euros par mois) et ouvrir le crédit nécessaire.

Le 16 août 2012, le Conseil central a également décidé de conclure un contrat avec ECIFFICE pour « louer un bureau supplémentaire pour sécuriser les opérations financières de la Banque du Liban dans le cadre du plan élaboré pour faire face aux cas d’urgence pour un coût d’environ 4 000 euros ». par mois et ouvrir le crédit nécessaire pour cela.

Le 22 mai 2013, le Conseil a accepté “de louer des bureaux supplémentaires (à nouveau) à Paris – France pour sécuriser les opérations financières de la Banque du Liban dans le cadre du plan élaboré pour faire face aux cas d’urgence afin que le coût total devienne 23 319 euros par mois et ouvrir le crédit nécessaire pour cela. Constatant que la décision ne mentionnait pas le nom d’ECIFFICE en rapport avec l’affairepour les bureaux supplémentaires. Cependant, le nom de la société a été mentionné dans la lettre que Salama a envoyée à la direction des affaires juridiques le 3 juin 2013, demandant l’approbation nécessaire.

Le 04/09/2013, le Conseil a convenu de contracter avec ECIFFICE pour louer des « bureaux supplémentaires » (une troisième fois) dans la ville de Paris « pour sécuriser les opérations financières de la Banque du Liban dans le cadre du plan établi pour faire face aux cas d’urgence. , de sorte que le coût total serait d’environ 29 113 euros par mois. Trois jours plus tard, le 7 septembre, il envoie une lettre à la direction des affaires juridiques demandant l’ouverture de «l’accréditation nécessaire».

Le 24/06/2015, le Conseil a approuvé « le renouvellement du contrat avec ECIFFICE pour sécuriser les opérations financières de la Banque du Liban dans le cadre du plan élaboré pour faire face aux cas d’urgence pour une période de 10 ans à compter de la date du contrat précédent se terminant le 7 août 2025 », sans aucune référence à la valeur locative, et Salameh a adressé un écrit à la Direction des affaires juridiques l’informant de la décision.

Ces différentes réunions du conseil central auraient été signées par Alain Bifani, Harution Samuelian, Muhammad Al-Baasiri, Saad Al-Andari, Raed Sharaf Al-Din, Alia Abbas , et la secrétaire, Magda Mashnouk Abdel-Khaleq sans aucune réserve, précise Al Akhbar. Cependant, un conflit d’intérêt existe mais n’a pas été aussi relevé par les signataires qui pourraient faire l’objet de poursuites pénales soi pour négligence s’ils n’en avaient pas connaissance ou pour complicité s’ils étaient au courant.

Cependant, le quotidien Arabophone rappelle que suite aux évènements du 11 septembre, les banques y compris les banques centrales sont dans l’obligation de s’informer sur les propriétaires des compagnies avec qui elles sont en relation. Ils auraient dû être ainsi informés de l’identité des actionnaires de la société de location.

Par ailleurs, la Banque du Liban n’a pas organisé un appel d’offre qui est obligatoire.

D’autres faits sont également relevés par Al Akhbar comme le fait qu’aucune réserve n’a été formulée suite à l’augmentation de la surface locative.

Par ailleurs, le quotidien Al Akhbar s’est également procuré des relevés de comptes personnels de Riad Salamé montrant des transferts biens supérieurs que son salaire. Ainsi s’il devait bénéficier de 25 000 USD par mois, il aurait perçu 4 versements, le premier en date du 24/3/2009, d’une valeur de deux millions d’euros ; le deuxième, le 30/3/2009, d’une valeur d’un million d’euros, et le troisième, le 19/11/2009, d’une valeur de deux millions et 300 mille euros, et le quatrième le 02/07/2014, d’une valeur de 4 millions et demi d’euros

Ces sommes auraient été ensuite transférées au Luxembourg en faveur d’une compagnie créée le 27 mars 2007 par son frère Raja Salamé.

“L’administrateur unique de la société, Jean Gabriel, dirige également une autre société luxembourgeoise (Stockwell Investissement) détenue par Riad Salameh. Gabriel a démissionné des deux sociétés en une journée (18 février 2021), quelques jours après l’ouverture de l’enquête suisse sur des soupçons sur Salameh”, poursuit le journal.

Un mois après la création de « BET », en avril 2007, la société crée la société « ZEL », et y injecte des fonds pour acquérir, gérer et louer des biens immobiliers. BET a acquis 99% des actions de la jeune société, contre 1% pour Raja Salameh. En 2007, ZEL a acquis plusieurs immeubles dans la capitale française, dont deux appartements avenue Georges Mandel d’une valeur de 2,4 millions d’euros et un autre appartement au n° 65 de la même avenue d’une valeur de trois millions d’euros, et un étage de bureaux au 66 avenue Champs- Elysées (et voici le résultat final), puis deux autres étages en 2011 et 2014.
Depuis 2010, ECCIFICE intervient dans la location et la gestion des bureaux des Champs Elysées. La société, selon ses papiers, appartient à Kozakova. Cependant, en 2015, Kozakova est apparue dans les statuts de BET en tant qu ‘”actionnaire unique” et a acheté le 1% de la participation de Raja Salama. Cependant, les informations du “Luxembourg Register of Beneficial Stakeholders” indiquent qu’il n’est pas le véritable propriétaire de la société, mais plutôt un “bénéficiaire” de celle-ci, et qu’il a le droit de possession et d’usage, c’est-à-dire qu’il est un associé dedans.

Au total, la BdL aurait ainsi versé plus de 5 millions de dollars de fonds afin de louer des biens immobiliers déjà achetés par des sommes qui auraient pu être détournées de ses coffres par son gouverneur.

Face à l’ouverture d’une enquête, la BdL aurait alors tenté de justifier cette location, notamment en 2021, estimant qu’il était essentiel de mettre en place un centre d’urgence, ni obtenu les autorités nécessaires des autorités françaises.

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