Le siège de la Banque du Liban. Crédit Photo: Francois el Bacha, tous droits réservés.
Le siège de la Banque du Liban. Crédit Photo: Francois el Bacha, tous droits réservés.
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La cour de justice de New York une affaire contre 3 banques libanaises, la BCL, la Mawarid Bank et le Crédit Libanais. Un couple libano-américain résidant aux Etats-Unis demande une indemnisation à hauteur 150 millions de dollars de dommages et intérêts. La plainte initiale vise également la Banque du Liban, décrite comme étant l’architecte d’une fraude de type ponzi mis en place en coopération avec les banques libanaises.

Ces derniers se seraient vus refuser le transfert de 18 millions de dollars qu’il avaient envoyé au Liban depuis 2016 en raison des taux d’intérêts élevés, alors que les banques libanaises ont instauré unilatéralement un contrôle des capitaux en novembre 2019 limitant les virements à l’étranger.

Pour rappel, le Fonds Monétaire International (FMI) appelle les autorités libanaises à remplacer le contrôle des capitaux informel instauré par les banques par une loi l’instituant officiellement pour éviter ce genre de procédures légales.

Une pénurie en devises étrangères avait touché le Liban dès l’été 2019, touchant d’abord les grands importateurs puis les stations essence et enfin la très grande majorité des déposants.

Pour l’heure, il est attendu que les banques libanaises fassent appel à cette décision du tribunal. Les experts judiciaires estiment que cette plainte pourrait évoluer en class action contre les banques libanaises aux Etats-Unis, ce qui pourrait alors nuire aux intérêts des déposants locaux.

Aussi, face à l’absence actuelle de fonds disponibles, il n’est pas certain que les banques libanaises puissent disposer le montant des indemnités réclamées.

Selon la plainte déposée, la Banque du Liban aurait mis en place une fraude de type Ponzi en liant la livre libanaise face au dollar. Cependant, le système aujourd’hui implose avec une détérioration brutale de la monnaie locale face au billet vert, au détriment des déposants dont l’argent avait été gelé par le contrôle des capitaux.

Pour instaurer la politique du PEG, le gouverneur de la Banque du Liban a mis en place un taux de change fictif visant à encourager les investisseurs étrangers et notamment américains qui bénéficiaient ainsi de taux d’intérêts élevés alors que le système financier était déjà au bord de la rupture, qui atteignaient 10% en dollar à court terme – moins d’un mois – pour les 2 plaignants.

Les banques libanaises ont ensuite refusé à partir de novembre de re-transférer les fonds à l’étranger alors qu’elles savaient que le couple devait conduire d’autres affaires à l’étranger.

BLC Bank, le Crédit Libanais et Bank Al Mawarid auraient essayé ensuite de tenter de gagner du temps avant de fournir des chèques qui n’ont pas pu être encaissés en dehors des Etats-Unis.

Les plaignants accusent également la Banque du Liban d’avoir forcé ces derniers à accepter des chèques sans provision et demandent par conséquent 150 millions de dollars.

La plainte en anglais

DAOU_et_al_v_BLC_BANK_SAL_et_al__nysdce-20-04438__0001.0

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