Tripoli saigne gravement à nouveau. L’armée affronte les terroristes et paie de ses vaillants militaires le prix des politiques hésitantes, contraires et contradictoires. Elles discutent encore le sens de ses objectifs.! Certains responsables auront beau refuser, dénier leurs implications et clamer une « intervention militaire mesurée », les perturbations régionales entre arabes et perses conditionnent largement la terrible réalité de nos drames. La blessure si profonde pour la majorité de ses habitants représente autant l’enchevêtrement des prières de nos soldats enlevés, les appels déchirants de leurs parents que la menace pesante et pressante des criminels qui les détiennent. Ils s’imposent comme ce fait accompli qui nous tient à la gorge et qui emprisonne le pouls de nos souffles. La 2 e capitale du Liban subit la malsaine routine de constater les faux élans et les promesses vaines  pour le rétablissement du calme provisoire comme une scène de théâtre vouée au tragique! Les acteurs bien connus du public sont des perturbateurs assoiffés de haine contre toute forme de coexistence.

D’incessants intervenants décident à chaque acte de compliquer la solution. On fini par ne plus rien comprendre du sens et de la direction des événements. Ainsi, des politiciens aux responsables, jusqu’aux citoyens, nous voilà devenus une matière à composer les souhaits, les initiatives et les interventions d’influents pays alliés de grandes puissances. On se croyait tant soit peu, décideurs de quelque chose de sensé pour nous et les nôtres. « On est cependant devenus des fonctionnaires à temps plein pour des temps morts!  » révèle un sage du coin. Pour mieux saisir le jeux de mots du maître, l’apprenti lui demande: « Comment faire pour passer à une étape dynamique et vivante malgré cette fatalité qui semble régner sur nous tous? » Il lui répond: « Celui qui perd les pédales suite à un choc émotionnel déconnecte de son quotidien. Le libanais a longtemps vécu de travers les bourrasques internes souvent réglées au diapason des tempêtes étrangères. Survivre au chaos ambiant actuel des violences et des irresponsables incohérences confirme le constat d’avoir bon gré ou malgré généré des individus mal placés et incompatibles avec le strict et ordinaire sens du devoir.

La délicate épreuve serait urgemment non seulement de préparer le Liban à une vision citoyenne basée sur la connaissance, la mise en épreuve, l’évaluation, le choix et le suivi pointillé des élus. Il s’agit autant d’apprendre à tant de politiciens de se taire pour déclarer solennellement que l’extraordinaire armée libanaise, faite de nos fils, n’a besoin de leçon de personne pour lutter vaillamment contre les monstres aux têtes multiples sur une terre sainte!

Joe Acoury.