Quand tout va mal, quand la tristesse m’envahit, je pense à toi maman en égrenant ton chapelet noir qui continue à sentir ta bonne odeur.

La vie est-elle belle là haut, ou c’est comme chez nous ? Avez-vous des difficultés au quotidien, comme la famine, les virus, l’insécurité, la pauvreté, le chômage ? Comment se comportent les anges qui vous gouvernent là-haut ? sont-ils justes, honnêtes et travailleurs? ou sont-ils comme la majorité de nos dirigeants.

Chez nous, il ne fait pas bon vivre; Le rire, la joie, le mezzé, le dabké, et le reste ont presque disparu de notre vie. On ne chante plus, on ne danse plus, on manque d’électricité, de carburant, de viande, de… On passe nos journées à ressasser nos malheurs en attendant la délivrance et la sortie de cette vie cauchemardesque.

Maman, le Liban agonise peu à peu, assommé par ceux qui sont censés le guérir, j’ai peur pour lui, je ne veux pas qu’il meurt, essaye de t’arranger avec Dieu pour le sauver par un miracle divin, plaide sa cause, fais toi aider par la diaspora céleste libanaise, sollicite Saint Charbel, Saint Maron, L’Imam Moussa Elssadre, Monseigneur Grégoire Hadad, le général Fouad Chehab, le mufti Hassan Khaled et les autres;

Maman, Tu as eu raison, le malheur des libanais réside dans leur incapacité à dépasser le clivage confessionnel en continuant à se soumettre aux marchands de religieux et leurs banquiers qui règnent sur le pays en maîtres absolus.

Maman, si tu croises papa, embrasse-le pour moi, rassure le que notre grande smala ne manque de rien, et continue à te promener avec lui dans les allées vertes du paradis en s’asseyant de temps en temps, sous un arbre, un figuier ou un cèdre par exemple. Je t’aime maman 

par Sami Ghaddar

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