Les autorités ont débuté ce samedi, la distribution des urnes électorales pour les élections du dimanche 6 mai. Crédit Photo: NNA
Les autorités ont débuté ce samedi, la distribution des urnes électorales pour les élections du dimanche 6 mai. Crédit Photo: NNA

Après l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafiq Hariri le 14 février 2005, des millions de personnes manifestent contre  la présence syrienne au Liban qui dure depuis 1975 et contre l’influence qu’elle exerce sur la politique nationale libanaise.

Aux élections législatives qui suivent, les partis qui soutiennent l’influence syrienne au Liban, à savoir  le Hezbollah, Amal et le Parti social nationaliste syrien, regroupés dans le Bloc de la résistance et du développement obtiennent 27,4 % des voix. Le Courant patriotique  libre du Général Michel Aoun obtient 16,4 % des voix. La coalition du 14 mars, regroupée autour du Courant du Futur de Saad Hariri, des Forces Libanaises de Samir Geagea, et d’autres partis chrétiens, obtient 56,2 % des voix.

La Révolution du Cèdre est en marche. Les promesses de la création d’un Etat indépendant de toute influence étrangère, souverain et démocratique fusent de partout. Le peuple est confiant. Il a foi en toutes les prises de position de ses leaders. Il répond par millions à leur appel de manifester. Des leaders politiques sacrifient  leurs vies. Du sang est versé par Samir Kassir, par George Hawi, par Gebrane Tuéni, par Pierre Amine Gemayel, par Walid Eido, par Antoine Ghanem et par leurs compagnons de route sans oublier certains responsables militaires et les victimes civiles innocentes tombées au champ d’honneur. Tout ce sang a été versé pour mener à bon port les principes nationaux de la Révolution du Cèdre.

Pourquoi le rappel de ces évènements ? me dira-t-on. Eh bien, c’est très simple. A supposer que des élections législatives anticipées  puissent se dérouler comme le demandent le peuple et les leaders de l’opposition, et qu’une majorité parlementaire puisse se dégager selon la volonté des réformateurs pouvons-nous espérer qu’il sera permis au nouveau parlement et au gouvernement qui en sera issu d’apporter les réformes nécessaires au bon fonctionnement du système politique ? Ces élections ne connaitraient-elles pas le même sort que celles de 2005 avec le même nombre de leaders politiques sacrifiés sur l’autel de la liberté ?

A mon avis, elles connaitraient le même sort tant que la démocratie sera prisonnière des armes du Hezbollah. En 2005, le mouvement du 14 mars avait la majorité au parlement libanais mais il n’a pas pu tenir ses  promesses de création d’un Etat indépendant de toute influence étrangère, souverain et démocratique. Pour que la démocratie reprenne ses droits, il faudrait que le Hezbollah remette ses armes à l’Iran et non à l’Etat libanais parce qu’elles sont offertes par l’Iran au Hezbollah pour faire sa politique au Liban et partout dans la région du Moyen-Orient. En coupant les ponts avec l’Iran, le Hezbollah pourra participer à la vie politique au Liban en toute démocratie. Le système politique pourra alors fonctionner en toute quiétude.

La solution n’est donc pas dans les élections législatives anticipées si les armes du Hezbollah continuent à étouffer la démocratie. Il faut donc résoudre d’abord le problème des armes du Hezbollah, ensuite appeler à des élections législatives, puis respecter les résultats de ces élections et enfin former le gouvernement de la majorité parlementaire qui sera surveillé par une opposition minoritaire qui pourrait devenir majoritaire aux  élections législatives à venir. Tant que l’Etat est en concurrence avec le mini Etat du Hezbollah, il n’y a aucun espoir de voir la démocratie reprendre ses droits au Liban.

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