Monsieur le Président,

C’est à vous en tant qu’autorité suprême que je m’adresse juste avant la date de la passation du Pouvoir à notre nouveau Président élu, M. Emmanuel Macron. Vous qui étiez le représentant des Français, de tous les Français, envers qui vous aviez fait la promesse, en tant que Président Normal, « d’être proche de votre peuple et d’être capable de le comprendre ».

Monsieur le Président, je tiens à vous écrire, car entre votre « Moi Président » et mon « Moi Citoyenne » nous avons des choses à nous dire. Notre société, sous le règne d’une présidence normale, est fracturée, divisée plus que jamais ! Comment en sommes-nous arrivés à cela ? Désemparée face à ce chaos qui règne dans nos esprits et cette tension qui monte dans notre société, « Moi Citoyenne » dois vous écrire au sujet de vos promesses. Il y a cinq ans, j’ai voté pour vous ! « Moi citoyenne », j’avais osé croire en votre « Moi Président de la République ». Vous étiez tellement confiant de vous-même que vous aviez bâti votre discours du 2 mai 2012 autour de cette anaphore en quinze points.

Que reste-t-il de votre « Moi Président » ? De vos promesses ? Et que sommes-nous devenus, nous autres citoyens ?  

« Moi Citoyenne », j’avais pris l’habitude d’attendre la période des élections présidentielles pour écouter les débats télévisés, faisant le bilan de chaque président sortant, afin de pouvoir me projeter dans les programmes des autres nouveaux candidats. Une tradition démocratique qui nous permettait tous les cinq ans, un rendez-vous citoyen avec notre Président face aux futurs candidats. Cette année sous le règne de votre « Présidence Normale » nous n’avons pas eu ce droit, qui selon les règles de l’art de ce rendez-vous quinquennal, aurait dû rester comme d’habitude : Un vrai débat !

Monsieur le Président, réfléchir et analyser ce sont des techniques que j’ai apprises sur le banc de vos universités qui ont formé mon esprit critique pour mieux avancer. La démocratie à la Française permet à chacun de nous de garder libre sa pensée et de garder un recul nécessaire face à tout ce qui circule comme informations, accusations, dénis ou autres…Quel enseignement tirer de notre campagne présidentielle ?

Si je vous écris aujourd’hui en tant que simple citoyenne, c’est que dans le fond de moi-même, mes interrogations me poussent à vous demander Vérité. C’est « Moi Citoyenne » qui m’adresse à votre « Moi Président ». Etre du peuple, assumer au quotidien, c’est être citoyen !

Monsieur le Président, privée du bilan de votre quinquennat, au grand public, faisons ensemble un petit tour d’horizon, selon vos promesses de « Moi Président » et ce que « Moi citoyenne » ai vécu et subi. Ces élections sont un cas d’école ! J’ai eu le sentiment que le ciel nous était tombé sur la tête et que nous ne sommes plus en sécurité en fonction de nos libertés de pensée et de nos choix auxquelles nous citoyens français étions habitués. Devrions-nous avoir peur, Monsieur le Président ? Serions-nous un jour des « Fichés RS » (réseaux sociaux), lieux où vos citoyens se rencontrent de plus en plus pour exprimer leurs craintes, voire leurs oppositions ?

Le vote étant un acte sacré et au nom de ce geste que j’avais accompli, il y a cinq ans, mettant le bulletin portant votre nom, dans l’urne, je vous interpelle. Pris par vos responsabilités de Président et vos intérêts, vous avez omis vos promesses d’être à l’écoute du peuple. Le vote étant un acte démocratique, permettez-moi de vous interroger ouvertement sur ce que vous avez été en tant que « Moi Président » avec un règne d’une « Présidence Normale ».

A l’issue de ces élections présidentielles de 2017, où tout me semblait anormal, « Moi citoyenne » constate que notre société est plus que jamais écartée, divisée, fracturée voire amputée. La tension règne en maître, de frustration en frustration, d’agression en agression, de lynchage en lynchage, des affaires et des rumeurs, des accusations et des insultes, des intimidations et des menaces… Des divisions allant jusqu’à atteindre nos foyers, désaccords sur le choix même entre couples, parents, enfants et familles… Il y a panique à bord !

A la fin de votre règne de « Président Normal » les partis politiques traditionnels, en apparence, volent en éclat et les partisans ainsi que la société civile se sont trouvés, à l’issue du premier tour, au pied du mur, presque avec un seul choix, si l’on voulait suivre vos consignes de vote, faisant appel à l’un des deux candidats, « un Président ne devrait pas dire ça ! ». Et si « Moi Citoyenne » je ne suivrais pas votre consigne de vote, je me retrouverais alors devant deux choix : Voter pour l’autre candidat sinon m’abstenir… Un acte que je n’avais pas encore pratiqué auparavant. Ce qui aurait dû rester dans mon esprit « normal » devient alors anormal. Irions-nous, dans l’avenir, vers le parti unique ? Alors que votre « Moi Président de la République », s’était engagé « à ne pas être le chef de la majorité », vous avez pris parti de l’un des candidats le plus proche de vous, votre ancien ministre de l’économie. Même si par la ruse, il ne s’était pas présenté aux primaires de la Gauche, il reste un proche de vous, vous Président de toute la Nation.

« Moi citoyenne » constate aussi qu’à la fin de votre mandat de « Président Normal », nos partis et nos idéologies politiques ne sont plus ce qu’ils étaient. Les primaires ayant été jusque là une tradition, l’élu de votre parti de Gauche, M. Hamon s’était vu déclassé au premier tour avec un pourcentage de vote le plus bas dans l’histoire du parti socialiste sans oublier que votre premier ministre, M. Valls fut éliminé lors de ces primaires et sans parler par la suite de son ralliement à votre ancien Premier Ministre à M. Emmanuel MACRON, ce qui est de nature qui sème le doute dans mon esprit de « Moi citoyenne » face à votre « Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité… » Ce jeu de chaises musicales pratiqué au sein de votre parti ne pourrait-il être expliqué que par cette finalité, celle d’avoir privilégié votre choix premier de « Moi Président », celui pour qui vous nous avez appelés à voter, M. Macron ?

« Moi citoyenne » j’ai refusé l’usage d’une arme démocratique, qui est le droit de vote, contre notre propre démocratie, à savoir, voter pour faire barrage ou pour contrer un candidat. Ce droit au vote, j’avais appris à l’honorer tout au long de ma vie. D’autre part, « Moi citoyenne », vous invitant à refaire un tour autour de nos chaînes télévisées, je vous interroge, Monsieur le Président, si vous en tant que « Président Normal », vous pouviez juger de leur impartialité ?

« Moi citoyenne », je me réfère à vous. J’avais entendu des accusations contre les autres candidats, à titre d’exemple lors du 2ème tour au sujet de Madame Marine Le Pen, assimilant son parti au fascisme et/ou au Nazisme afin de décourager et de rabattre le maximum de voix pour l’intérêt et le compte du candidat pour lequel vous avez fait votre choix en nous appelant à voter pour lui. Alors, Monsieur le Président, sur ce point, permettez-moi de vous interroger car un Président devrait dire ça, la Vérité. Si vraiment le Front National est un parti fasciste, pourquoi avoir donc autorisé sous votre mandat que sa Présidente se présente aux élections ? N’a-t-elle pas obtenu le nombre de voix nécessaires pour s’y présenter ? Et ces élus qui lui avaient accordé leurs signatures, étaient-ils aussi des fascistes ? N’aviez-vous pas le devoir de veiller sur vos citoyens ces cinq années durant ?

Alors que « Moi président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.», puis-je vous demander au nom de la Vérité, de m’expliquer, à « Moi citoyenne », ce qui s’est passé durant cette campagne présidentielle ?

Au nom de cette confiance accordée à votre « Président Normal », il y a cinq ans, je vous demande, Monsieur le Président, si l’on peut encore nous sentir libres dans notre choix, voter pour qui vos citoyens le souhaitait ou s’abstenir, en dépit de ce matraquage qui a été diffusé en boucle et si « Moi Citoyenne » je pourrai encore m’exprimer sans que cela puisse me porter tort ou mettre ma vie en danger ? Serai-je le vilain petit canard qui ne veut pas obéir docilement sans réfléchir et vous poser des questions ? Ainsi mon esprit est formaté par vos propres facultés.

Remontons un peu plus loin, M. le Président, reprenons un peu l’historique de ces élections présidentielles depuis les primaires … Sans rien vous cacher « Moi citoyenne », j’avais fait le choix de l’alternance, celui du candidat Républicain, M. François Fillon. Cette fois-ci, trahie par vos promesses, j’avais pris le soin de bien m’impliquer dans la campagne. Mon candidat de choix a été la cible d’un lynchage et d’une campagne médiatique à son encontre. Son destin s’est joué sur « un contrat et des costumes ». Cela s’est passé sous votre règne de « Président Normal ».

Puis-je vous demander, à combien s’élève le nombre d’élus qui ont eu recours à l’embauche de l’un de leurs proches ? A combien s’élève le nombre d’hommes politiques qui ont reçu des cadeaux ou des voyages ou autres sans que cela soit mis au devant sur la scène médiatique ? Et combien vous, en tant que « Président Normal », aviez offert des emplois, des postes, des titres, des coups de pouce à vos proches, ou aux chanceux qui sont dans votre cercle d’amis ?

En réaction à votre « Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante », « Moi citoyenne », Monsieur le Président, je vous demande si vous pouvez m’affirmer, au nom de la Vérité, si le candidat de l’alternance, M. Fillon, avait bien eu le même traitement que les autres candidats. Dois-je vous rappeler, Monsieur Le Président à titre indicatif et sans vouloir être partie prenante, que l’association ANTCOR avait saisi officiellement, à la même période, la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique au motif d’une incohérence entre les revenus de M. Macron et son patrimoine déclaré… ?

Monsieur le Président, « Moi citoyenne », je vous demande si vous pouvez recompter le temps de lynchage médiatique auquel a eu droit un des candidats sur onze et me dire s’il était équivalent à tous les autres postulants? N’était-il pas l’objet d’une atteinte afin de déstabiliser l’opinion publique et orienter son choix? Monsieur le Président, tous les candidats aux élections présidentielles ont-ils reçu un traitement juridique et médiatique égal ? Durant toute cette campagne, nous avons été privés équitablement de débat politique selon les normes habituelles ; nous avons tous, français, assisté à ce déferlement d’accusations. Ça tournait en boucle, impossible d’y échapper.

Entre votre « Moi Président » et mon « Moi citoyenne » des choses ont besoin d’être clarifiées. Cette mise en examen, le 25 janvier 2017, à une date anormalement tardive dans le calendrier électoral, privant M. Fillon, délibérément du temps nécessaire à établir son innocence autant qu’à rétablir sa crédibilité morale, m’a paru d’une injustice destinée à fausser le vote des nous tous citoyens et affaiblissant considérablement sa légitimité.
Votre « Moi Président », nous ayant fait la promesse que vous ne serez pas « le chef de la majorité », votre silence m’avait interpellée. J’aurai aimé vous entendre réagir à ce sujet, intervenir au moins pour garantir le bon déroulement de cette période électorale. Comment Monsieur le Président de tous les français, vous avez pu permettre que cette période électorale soit ainsi ? Votre « Moi, Président de la République » ne devrait-il pas assurer par votre arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs-publics ? (art. 5 de la constitution). Votre « Moi, Président de la République » n’incarnait-il pas l’autorité de l’Etat ?

Quant au déroulement du premier tour des élections, s’est-il bien passé dans des conditions normales ? Et toutes ces irrégularités qui ont été contestées, trouviez-vous cela normal ? Combien de français ont-ils été privés de vote ? On parle de 6 à 7 millions. Resteriez-vous indifférent à leurs réclamations, leurs pétitions et leurs demandes de recours pour annulation ?

Monsieur le Président, sous votre règne de « Président Normal », « Moi citoyenne », j’ai senti une incohérence, quelque chose n’est pas clair. Un « Président Normal » n’avait-il pas à son programme l’intention de rassurer ses citoyens sur le bon déroulement de nos élections ? « Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire ». Dois-je rappeler à votre « Moi Président » que sous votre mandat, la France a été endeuillée à plusieurs reprises et nous sommes toujours sous plan Vigipirate ? Votre façon de veiller sur nos intérêts et notre sécurité a-t-elle été exemplaire ? Ne sentiez-vous pas l’inquiétude de nos rues ? « Entendiez-vous, dans nos campagnes… » ?

« Bien sûr que le président doit être à la hauteur […] mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre ». Étiez-vous, Monsieur le Président, si proche de votre peuple ? L’aviez-vous bien compris ? Étiez-vous dans la capacité de son écoute ? « Moi citoyenne », j’aurai juste une faveur à vous demander : Répondre à mes interrogations sur le bon déroulement de notre campagne électorale.

Je m’adresse à votre « Moi Président » vous demandant publiquement un méa-culpa afin de ne pas terminer votre mandat avec ce lourd fardeau sur votre conscience : avoir mis les français sous votre règne de «Président Normal », chaos, au pied du mur, face à un seul choix ou s’effacer par le biais de l’abstention.

Monsieur le Président, tout comme j’avais voté pour vous, il y a 5 ans, par volonté de changement et non pas par opposition à votre prédécesseur, cette fois-ci j’aurai aimé voter au second tour pour « l’alternance » et non pas pour le « recommencement ». L’alliance des anciens, les mêmes, autour de notre nouveau Président contredit tout renouvellement. Il ne me reste qu’à lui souhaiter, en tant que jeune chef d’Etat de ne pas être un « Président Normal » à votre image et qu’il puisse autant que possible se détacher de vous et rapprocher les Français entre eux ; qu’il puisse rétablir la confiance des citoyens en cette fonction suprême, être le Président de la Nation, le Président de tous les Français.

A la fin de votre mandat, « Moi citoyenne » je retiendrai que sous le règne de d’un « Président Normal », le vote citoyen s’était transformé en vote de contrainte, plusieurs avaient voté par peur et non pas par conviction… Un vote barrage, et par ce vote barrage, la France est plus que jamais divisée par la crainte de l’autre. A la fin de votre mandat, Monsieur le Président, beaucoup de français avaient pratiqué, contraints, l’isoloir vide…

JCSM