C’est à l’issue d’une attente de 9 mois que le prochain gouvernement libanais du Premier Ministre Saad Hariri a été proclamé depuis le perron du Palais Présidentiel de Baabda.

Le Pays des Cèdres était en effet sans cabinet gouvernemental depuis les élections législatives du 6 mai 2018, en raison de tensions entre différents partis politique et notamment au sujet du nombre de ministres obtenus par le Courant Patriotique Libre d’une part et d’autre part par les Forces Libanaises, et de la place des ministres de l’opposition druzes et sunnites auxquels le député druze Walid Joumblatt et le Courant du Futur opposaient un véto.  La polémique concernait également le nombre de députés alloués à la Présidence de la République pour ensuite concerner la place qu’obtiendraient les députés de l’opposition sunnite au Premier Ministre.

Au final, les partis présidentiels, à savoir le CPL et le Président de la République ont accepté d’allouer un de leur 11 portefeuilles ministériels à l’opposition sunnite, pavant ainsi la voie à la résolution de la crise politique.

Il demeure cependant au gouvernement nouvellement constitué de présenter son projet au Parlement Libanais pour entrer effectivement en fonction.

La problématique de la représentation sunnite levée par un échange entre ministère de l’environnement normalement attribué à Amal et qui reviendra finalement au CPL, les derniers obstacles ont été levés par le dirigeant des Forces Libanaises qui aurait accepté l’échange entre le ministère de la Culture qui lui était normalement attribué avec celui de l’information. Quant au portefeuille de la Culture, il reviendra à un proche de Nabih Berry.
Les Forces libanaises obtiennent ainsi 4 ministères dont ceux des affaires sociales, et du travail en plus du poste de vice-premier ministre.

Au Courant Patriotique Libre et à la Présidence de la République, reviennent les ministères de la Défense, de l’Énergie et des ressources hydrauliques et de la Justice qui faisait l’objet d’une revendication des Forces Libanaises.

Amal revendiquait quant à lui le portefeuille des finances alors que Walid Joumblatt revendiquait celui de l’Éducation Nationale et celui de l’industrie.

Pourtant, le Premier Ministre Saad Hariri, avait été désigné dès le 24 mai 2018 comme le prochain chef du gouvernement avec pour mission principale, outre la constitution rapide de son cabinet, la mise en place de réformes économiques et sociales nécessaires alors que la majorité des indicateurs économiques sont désormais en rouge avec une croissance économique également en berne, avec seulement 1% de croissance.

Le prochain gouvernement aura donc la charge de la mise en place de ces réformes présentées au cours de la conférence d’aide au Liban CEDRE qui s’était déroulée à Paris en avril 2018.

Parmi les autres missions principales du cabinet, la lutte contre la corruption au sein des administrations publiques figure en bonne place.

Un pays économiquement exsangue

Le Liban est un pays économiquement exsangue pourtant avec la présence officielle d’un million de réfugiés syriens ayant fui le conflit civil qui ravage leur pays.

Le déficit budgétaire a été aggravé, se montant désormais à 82 milliards de dollars, en hausse importante de plus de 5% – soit plus de 150% du PIB –  alors que la croissance demeure faible et cela en dépit de l’adoption en 2018 d’un budget, une première depuis plus de 10 ans.

La situation économique s’est encore aggravée avec des risques de défaut de paiements apparus fin de ce mois de janvier 2019.

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La composition du gouvernement

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