Dans les pires moments de désarroi, lors des guerres entre les milices locales, l’État libanais a continué d’assumer la récupération de son crédit démocratique. On savait alors que les axes de décisions liés au chef de la nation, au gouvernement et aux institutions seraient tôt ou tard des facteurs incontournables pour promouvoir la quiétude, l’ordre et la stabilité. Tant de citoyens ont été usés, abusés, enlevés après avoir résisté aux menaces des belligérants sous des pluies de folies et de bombes. Ils ont justement cru que le chaos absurde va cesser un jour et que la raison va finir par prévaloir. Cependant, 40 ans plus tard, des épouses dont les maris sont cruellement malmenés par des criminels terroristes attendent une réponse adéquate. Depuis des mois elles sont ligotées jusqu’à étouffées par des pourparlers ambiguës aux résultats horribles en présence ou pas d’un interlocuteur Quatari. Son actuelle absence laisse place aux tensions internes. Ce cauchemar climatisé s’écarte de tout égard humain.

Aucune cellule de crise n’a été constituée pour accompagner, soutenir et répondre à de terribles déchirements. Pire, transpercés par les attentes vaines et les menaces pressantes des preneurs d’otages, certains vont préférer adhérer au milieu des bourreaux! Les soldats enlevés et leurs familles sont aussi les victimes des décisions reportées par la tergiversation, le positionnement des intérêts particuliers et des désaccords. Messieurs les ministres, si ces soldats, ces familles et les citoyens faisaient partie indissociable de vos propres familles, les rencontres entre vous suffiraient-elles ou bien exigeriez vous les rigueurs suivantes: La permanence des réunions ouvertes aux bonnes volontés  civiles et religieuses et aux spécialistes divers afin de chercher ensemble les meilleurs solutions? Le sens de l’unité n’a jamais été le fort du libanais, par contre il a toujours insisté à concrétiser ce qu’il veut et entreprendre individuellement le nécessaire pour réussir souvent brillamment à l’extérieur de son pays.

Cependant, on est étrangement, dans cette situation de vide suffocant où les clans tribaux et les individus démarquent désormais leurs défenses sur le terrain dans une société supposée démocratique!
Elle est aujourd’hui gravement menacée et marginalisée par ce vouloir qui manque tant au pouvoir!

Joe Acoury.