La défaite des deux principaux partis ayant organisé des primaires a démontré les limites de ce système imposé en France sur un modèle anglo-saxon, faisant la large part aux partis extrémistes et populistes pour plusieurs raisons et en premier lieu, le refus de certains d’en accepter les résultats et par la conséquence à oeuvre d’un côté comme de l’autre, ce qu’on peut considérer comme des traitrises à la vue des résultats.

Du côté socialiste, le résultat du candidat Benoit Hamon est sans appel, au plus bas depuis Gaston Defferre en 1969. Un échec total dont se serait bien passé le parti de gauche, pourtant habitué au cours des 2 dernières élections à l’organisation d’un tel système aboutissant au choix à la candidature. Les coups de poignards dans le dos, portés par les membres du parti socialiste et non des moindres, comme l’ancien Premier Ministre Manuel Valls ou du Président de la République, François Hollande qui ainsi espéraient voir reconduite leurs politiques pour les 5 années suivantes au détriment de son échec et d’une politique de rupture à gauche.

Du côté de la droite, les primaires n’ont également pas fait taire les velléités de certains courants politiques qui ont bon grès mais surtout malgré fini par officiellement soutenir la candidature de François Fillon tout en manoeuvrant par derrière un rapprochement pro-Macron, comme Christian Estrosi ou en avouant après le premier tour, avoir manqué à leur solidarité en votant en faveur de ce dernier et qui espèrent prendre la suite du leadership suite aux élections législatives qui vont suivre en juin. N’évoquons pas même les manoeuvres médiatiques subies par François Fillon et qui n’avaient d’autres buts que de déstabiliser sa candidature suite aux primaires. La primaire de la droite a échoué à sanctuariser le périmètre des égos de chacun.

Les deux primaires qu’elles aient été à droite ou à gauche de l’échiquier ont été polluées par des votes parasites de personnes de gauche pour l’élection de droite et à moindre mesure de personnes de droite à gauche. Ce système de vote a favorisé le vote anti-système alors qu’il se voulait être une ouverture vers la société, loin du vote stricte des partis qu’il a pourtant coulé.

Face à ces personnalités issues des primaires, un candidat sorti de nulle part d’un côté, sans aucun soutient pour l’avenir de sa politique au final parce que sans parti et donc sans soutien législatif, et une candidate extrémiste de l’autre côté. Tous deux ont réussi à passer au deuxième tour du scrutin, au mépris des suffrages exprimés durant les 2 scrutins des primaires. Une moquerie pour ceux qui se sont sentis investis dans l’organisation, une moquerie envers ceux qui se sont mobilisés pour soutenir ces choix.

Quel avenir pour les primaires? Face à la décrépitude de la démocratie française, les partis politiques modérés devraient lancer une réflexion sur les systèmes permettant non seulement de mobiliser l’électorat, qui devait d’ailleurs être l’objectif principal des primaires et qui aujourd’hui est en faillite mais aussi à sanctuariser une possible victoire avec tout le monde derrière ce candidat, chose aujourd’hui qui n’est pas le cas, chose démontrée par l’absence de solidarité interne au sein même de ces 2 partis de l’échiquier traditionnel.
Négocier, comme cela été précédemment le cas, avait au moins le mérite de pourvoir les places en cas de victoire et ainsi renier les égos démesurés des uns et des autres et ainsi, également, permettre de négocier sur les programmes qui pourraient être plus modérés en rassemblant les tendances des différents groupes et ainsi rassembler plus de monde pour la droite. Pour la gauche, plus spécifiquement le programme de Benoit Hamon a été marqué par l’impossibilité d’élire une personne sur la base d’une plateforme électorale aussi inapplicable comme le revenu universel.

C’est face à ces questions que désormais, que les 2 partis devraient ouvrir le chantier de leur rénovation réciproque à la reconquête des électeurs, mais en attendant, la France va mal et la France a mal