photo 1« L’idée de la projection à Montréal du film «Héritages » de Monsieur Philip Aractingi a débuté par divers contacts établis par le Consulat Général du Liban à Montréal.
Le Ministère des Affaires étrangères et des Émigrés a fait parvenir, par la suite, à toutes les missions diplomatiques et consulaires libanaises, une missive demandant leur collaboration dans la projection d’ « Héritages » vu l’importance du message d’attachement à l’identité et aux racines libanaises que le film comportait.

L’idée de réaliser ce projet à travers une association libanaise à Montréal, comme Liban-Canada Fonds, LCF, sous le haut patronage du Consul Général, paraissait être le meilleur moyen de réaliser les objectifs du Consulat, soient la promotion du cinéma libanais et le support aux associations et à leurs missions ».

LCF,  a vite répondu à l’appel du Consul Général Monsieur Fadi Ziadeh, entamant les contacts nécessaires à la réalisation de la projection du film, dont le profit irait une fois de plus, aux enfants démunis et en situation d’handicaps de Sesobel, Irap et Afel au Liban.

Dimanche soir, la communauté libanaise s’était donnée rendez- vous, au Cinema Guzzo de Côte Vertu. C’était agréable de se retrouver et surtout de se rassembler autour de belles causes! Mais c’était encore plus agréable de se réunir autour d’un thème rassembleur : Mirath, Héritage!
Dans ce film M. Aractingi nous a fait vivre beaucoup d’émotions, mais des émotions controversées dépendemment de la situation de chacun! Rester ou quitter? Quitter ou retourner?
A des moments le choix de quitter le pays était évident, vu la guerre et l’instabilité du pays. A d’autres, la nostalgie du pays était intense: Philippe Aractingi nous y ramenait sans arrêt en nous le rappelait sans cesse!
Nous regardions Philippe Aractingi et sa decision de faire rentrer sa famille au Liban, dans les yeux de ses enfants! Et comme eux, nous disions : »Ils ont la chance d’avoir le passeport  français et de pouvoir vivre dans un pays stable et calme, pourquoi donc ne pas en profiter? Seulement le passeport ne suffit pas,  il faut pouvoir aussi trouver du travail pour vivre et faire vivre sa famille! Dure réalité! Combien de familles Libanaises vivent ce défit? Combien de familles libanaises vivent séparées: l’homme travaillant dans un pays et la femme avec les enfants dans un autre, ou les jeunes dans un pays et les parents dans un autre…
Que deviennent ces familles? Restent elles soudées?  Quel prix paient elles par la suite? Ne vaut il donc pas mieux de rentrer pour vivre ensemble plutôt que séparer?
Les émotions dans la salle se succédaient: tristesse, nostalgie? Colère? Frustration? Rêves et réalité! Questionnement? Qui a raison qui a tort: celui qui reste dans le pays ou celui qui quitte? Philippe Aractingi et ceux qui ont pris la décision de rentrer, vivent ils heureux, plus heureux? Se sont ils réadaptés à la situation du pays ? Regrettent ils d’être retournés?
Le pays qu’ils ont quitté n’est plus le pays qu’ils retrouvent!  A-t-on le droit de faire vivre le déracinement et le déchirement que nous avions vécus à nos enfants?
Mon fils me dit, « tu regardes le Liban avec les yeux de la « nostalgie », tu le voix comme dans tes souvenirs, mais moi je le vois tel qu’il est réellement! »
C’est vrai! Mais c’est mon pays et je l’aime!
Rentrera t on un jour comme Philippe Aractingi? Vivra t on ses défis?
Que de questions!

Qu’offrons nous à nos enfants en héritage à l’étranger?
La sécurité, le calme, la discipline…ce n’est pas peu, c’est même beaucoup!
Beaucoup de jeunes et moins jeunes au Liban en rêvent aujourd’hui!
En réalité, le seul héritage que nous leur offrons vraiment c’est: nos racines!
Et ca c’est vraiment précieux!
Et c’est ce qui nous différencie les uns des autres à l’étranger! Pour me le confirmer, mon fils dit « je suis Libanais à Montréal, et Canadiens au Liban »!
Mirath!!! Tu es venu nous chercher!!

Hier une grande famille était rassemblée dans la salle, unie autour d’un seul thème: préserver ses racines !
Nicole Abdul-Massih
Montreal