Les derniers articles

Articles liés

Le Pacte Invisible : Pourquoi le système libanais bloque toute réforme

- Advertisement -

Le pacte invisible

Beaucoup de Libanais pensent que le problème vient d’un homme, d’un parti ou d’un gouvernement. Pourtant, les décennies passent, les visages changent et les crises se succèdent, mais le résultat demeure souvent le même. Comme si le véritable pouvoir n’était pas détenu par ceux qui occupent les institutions mais par un mécanisme invisible qui traverse les générations. Ce mécanisme peut être résumé par une formule simple : « Je ne détruis pas ton système, tu ne détruis pas le mien. »

Le pays où tout le monde veut la réforme

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Le paradoxe libanais est fascinant. Tout le monde réclame la réforme. Pourtant, lorsqu’une réforme devient concrète et menace des intérêts, des privilèges ou des réseaux d’influence, le consensus disparaît. La réforme est largement soutenue en théorie mais redoutée dans la pratique.

La grande peur des élites

Les élites libanaises sont souvent rivales. Elles s’affrontent lors des élections et se critiquent publiquement. Mais elles partagent une peur commune : celle d’une transparence totale qui pourrait atteindre l’ensemble des centres de pouvoir. Une véritable justice indépendante pourrait remonter dans tous les camps sans distinction.

La confusion fondamentale

Le système a progressivement confondu la protection des communautés avec la protection des élites qui les représentent. Cette confusion a rendu toute remise en cause des dirigeants assimilable à une attaque contre la communauté elle-même, rendant plus difficile l’exercice de la responsabilité individuelle.

Le véritable pouvoir : empêcher

Dans beaucoup de démocraties, le pouvoir consiste à décider. Au Liban, il consiste souvent à empêcher. Empêcher une nomination, une loi, une enquête ou une réforme est devenu une forme de puissance politique. Cette capacité de blocage constitue l’une des caractéristiques centrales du système.

Pourquoi la justice fait peur

Une justice réellement indépendante est capable de traverser toutes les frontières communautaires, politiques et financières. Elle ne s’intéresse pas aux appartenances mais aux responsabilités. C’est précisément cette capacité qui inquiète un système fondé sur des équilibres et des compromis permanents.

Le syndrome Ghada Aoun

L’affaire Ghada Aoun a révélé les tensions qui apparaissent lorsqu’un magistrat semble vouloir remonter vers plusieurs centres de pouvoir à la fois. Au-delà des débats sur sa personne, cette affaire met en lumière les résistances institutionnelles qui émergent lorsque la justice touche aux équilibres établis.

Quand la peur devient un système de gouvernement

L’une des caractéristiques du Liban moderne est que de nombreuses décisions sont influencées par la peur : peur du retour à la guerre civile, peur de la domination d’une communauté, peur de perdre des acquis ou peur de voir certaines vérités émerger. Lorsque la peur devient le principe organisateur du système, la prudence se transforme en paralysie.

Le confessionnalisme : de protection à rente

Le confessionnalisme avait initialement pour objectif de protéger les communautés. Avec le temps, il s’est progressivement transformé en mécanisme de distribution des postes, des ressources et des privilèges. Ce passage de la protection à la rente explique une partie des résistances aux réformes.

Pourquoi la vérité fait peur

Une véritable enquête ne choisit pas ses conclusions à l’avance. Elle suit les faits. Or les faits peuvent remonter très loin et concerner des acteurs multiples. Dans un système où les responsabilités sont souvent entremêlées, la vérité peut apparaître comme plus déstabilisante que le silence.

La tragédie libanaise

Les Libanais veulent la justice mais craignent parfois ses conséquences. Ils veulent la réforme mais redoutent ce qu’elle pourrait révéler. Ainsi, chacun contribue parfois malgré lui à renforcer le système qu’il critique. C’est là l’une des dimensions les plus tragiques de la crise libanaise.

Comment briser le pacte invisible

Le changement ne viendra probablement pas d’un homme providentiel mais d’une évolution culturelle et institutionnelle. La justice devra être acceptée pour tous, y compris pour ceux que chacun considère comme faisant partie de son propre camp. C’est à cette condition que le pacte invisible commencera à se fissurer.

- Advertisement -
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre
Bernard Raymond Jabre, Etudes scolaires à Jamhour puis à l’Ecole Gerson à Paris, continua ses études d’économie et de gestion licence et maitrise à Paris -Dauphine où il se spécialise dans le Master « Marchés Financiers Internationaux et Gestion des Risques » de l’Université de Paris - Dauphine 1989. Par la suite , Il se spécialise dans la gestion des risques des dérivés des marchés actions notamment dans les obligations convertibles en actions et le marché des options chez Morgan Stanley Londres 1988 , et à la société de Bourse Fauchier- Magnan - Paris 1989 à 1991, puis il revint au Liban en 1992 pour aider à reconstruire l’affaire familiale la Brasserie Almaza qu’il dirigea 11 ans , puis il fonda en 2003 une société de gestion Aleph Asset Management dont il est actionnaire à 100% analyste et gérant de portefeuille , de trésorerie et de risques financiers internationaux jusqu’à nos jours.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi