La montée du populisme et la crise des élites

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Après le choc du Brexit en Grande Bretagne et l’élection imprévisible de Donald Trump aux Etats-Unis ,nous assistons impuissants, à une montée spectaculaire du populisme dans les démocraties occidentales ,qui risque rapidement de contaminer le reste de l’Europe(France, Espagne, Italie ….).

On peut comprendre, que des pays soumis à des dictatures, subissent ce type de discours émotionnel et radical mais en démocratie, cela crée un véritable malaise car du coup, cela disqualifie, les élites intellectuelles et politiques et les place ,dans une situation flagrante d’échec .Cela révèle surtout la cassure avec le peuple, qui se sentant abandonné et livré à lui même ,se mobilise furieusement ou désespérément  ,autour d’un discours primaire et passionnel , irrationnel et débordant de contradictions .La différence entre une véritable démocratie et une démocratie populiste, c’est que l’une est encadrée par un véritable débat d’idées et l’autre obéit aux réactions intempestives  ,au désir de domination  et à l’instinct.

Il est donc temps de reconnaître, qu’après la chute du mur de  Berlin(qui intervient  le 9 novembre  1989, exactement 27 ans ,presque jour pour jour, avant l’élection de Donald Trump ),les guerres du golfe( 1991-2011), l’émergence d’al Qaida,al Nosra et puis  Daech, les attentats du 11 Septembre2001 et tous les autres attentats contre l’Occident  qui ont suivi, les crises financières et bancaires  mondiales et surtout aux Etats Unis(2007-2010)  , l’échec des printemps arabes ( 2011), les crises migratoires économiques et politiques  répétées et aujourd’hui, le retour du populisme (Turquie, Russie, et  graduellement  les démocraties occidentales),nous assistons à de graves bouleversements idéologiques non maîtrisés , résultant de  la mondialisation et  de  la révolution des moyens de communication. Tous ces phénomènes successifs ou simultanés  sont liés, par une même causalité. Au lieu que ce soit l’Orient qui suive le modèle occidental, c’est l’Occident qui succombe à la tentation de la désorganisation.

Ce monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui, nous apparaît de plus en plus déréglé et peu sûr. Les classes sacrifiées et laissées pour compte, ont emmagasiné tellement de colère et  de frustrations compréhensibles , qu’ elles  ont besoin de les  déverser, à l’occasion du processus électoral ou de  la consultation référendaire, même si ceux qu’ elles désignent, n’ont pas de véritable programme et s’attaquent uniquement violemment, à un système honni  et défaillant, qu’ils prétendent réformer .

 Condamner un système n’est pas trouver des solutions. Pour un politique, cela peut l’aider à conquérir le pouvoir en période de crise mais une fois aux responsabilités ,il devrait trouver des issues, en reproduisant à sa manière l’ancien système ou sinon aller à nouveau,  maladivement vers le conflit, en créant pour s’y maintenir  ,de nouveaux pôles d’hostilité ,ce qui peut enclencher un processus de destruction ou d’autodestruction irréversible. C’est la confrontation tôt ou tard avec la réalité. Soit le pouvoir assagit, soit il déclenche une paranoïa plus aigüe .Il y a un risque à courir car le pouvoir est une drogue dure, on peut vite  en devenir dépendant . Les chefs populistes à travers l’Histoire , souvent très inspirés et charismatiques au départ , ont  fini par mener  la plupart du temps, leur peuple à la dérive .

Nous ne parvenons plus à vivre dans un monde ouvert ,qui a perdu ses repères et ne réussit plus à s’autoréguler et le seul choix redevient, de dresser à nouveau des barrières,  après avoir pensé s’en affranchir et de redessiner des frontières ,pour se protéger.
Et voilà qu’un siècle après la première guerre mondiale, la nostalgie reprend les anciens régimes qui étaient tombés, l’empire ottoman ,que le nouveau sultan essaie de faire revivre  et l’empire russe, que le nouveau tsar tente de ressusciter. Même  l’Allemagne  qui avait déclenché et enduré  ,la seconde guerre mondiale et la coupure soviétique  après avoir ouvert grandement ses frontières, semble se raidir à nouveau et se replier sur elle même ,à l’instar de la plupart des pays de  l’Europe centrale.

La question identitaire revient comme toujours, au cœur du débat politique car qu’on le veuille ou pas, tous les conflits sont à la base  culturels, quels que soient les paramètres  (constants depuis le début de l’Histoire).C’est la manière de les négocier qui varie .Si on ne réussit pas à le faire pacifiquement ,à travers un compromis acceptable, cela entraîne inéluctablement des guerres civiles ou des guerres entre nations. Lés élections américaines ont montré la division de plus en plus profonde de la société. Le mandat Obama malgré certaines avancées sociétales n’a pas suffi à rassurer. Il faudrait redonner un cadre cohérent,stucturant  et sécurisant, pour empêcher l’émergence de nouvelles idéologies discriminatoires voire ségrégationnistes. Le discours humaniste ,en période de crise apparaît abstrait, utopiste et élitiste. Les oubliés ,les marginalisés et les déclassés se retrouvent plus facilement, dans une attitude transgressive et même outrancière. Même si elle semble déstructurée ou délirante. La censure des élites politiques, culturelles et intellectuelles ne fonctionne plus. Les peuples ont besoin de s’identifier pour survivre.

Inaugurée aux Etats Unis  par l’ancien commentateur sportif et  acteur de série B  , Ronald Reagan en 1989 (40 ème président 1981-1989) la mondialisation se poursuit  en 2016, avec l’homme d’affaires mégalomane et animateur d’un programme de télé réalité ( l’apprenti, où il joue son propre rôle),Donald Trump qui brave tous les interdits et vient d’être élu à la maison Blanche(45 ème président).Saura t il remettre de l’ordre et recréer un nouveau cadre à notre nouveau monde ?Seul l’avenir nous le dira (wait and see).

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