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Retrait israélien contre désarmement du Hezbollah

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La troisième ronde de discussions directes entre le Liban et Israël entre, ce vendredi à Washington, dans une phase plus sensible. Selon un média public israélien, les deux parties pourraient s’orienter vers un accord liant le retrait israélien du territoire libanais au désarmement du Hezbollah. L’information reste rapportée et n’a pas été confirmée officiellement par Beyrouth. Elle donne toutefois le ton de la journée. Les États-Unis cherchent à transformer une trêve fragile en cadre politique. Le Liban réclame d’abord un cessez-le-feu complet et un retrait. Israël place les armes du Hezbollah au centre du dossier. Entre ces deux priorités, la marge de manœuvre libanaise reste étroite.

Un schéma simple, mais explosif

La formule qui circule à Washington est simple en apparence. Elle prévoit un retrait israélien des zones encore occupées au Sud-Liban, en échange d’un processus de désarmement du Hezbollah. Mais cette simplicité masque plusieurs blocages. Qui vérifierait le retrait ? À quel calendrier ? Qui contrôlerait la remise des armes ? Et surtout, cette question serait-elle traitée dans la négociation avec Israël ou dans un cadre libanais interne ? Ces interrogations déterminent la portée réelle de la séquence. Elles expliquent aussi la prudence des responsables libanais, qui veulent éviter de transformer une exigence de souveraineté en concession imposée sous pression militaire.

Les discussions se tiennent dans une atmosphère contrastée. Un responsable du département d’État américain a décrit la journée de jeudi comme productive et positive. Il n’a pas donné de détails. Cette formule tranche avec le pessimisme d’une partie de la presse libanaise et arabe. Plusieurs informations évoquent encore des écarts importants entre les positions. Le Liban demande un arrêt réel des hostilités. Israël veut lier la trêve à l’avenir militaire du Hezbollah. Washington tente de rapprocher ces deux lignes, sans pouvoir ignorer les violences qui continuent au Sud et les répercussions politiques à Beyrouth.

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Le rôle prêté à la CIA

La nouveauté la plus sensible vient du rôle prêté à la CIA. Selon le média public israélien, l’agence américaine aurait préparé un plan de désarmement du Hezbollah. Aucun détail vérifié ne précise, à ce stade, son contenu. Rien ne confirme non plus que Beyrouth l’ait accepté. Cette information doit donc être traitée comme un élément rapporté, non comme un accord conclu. Elle indique néanmoins que Washington veut structurer le dossier au-delà d’une simple cessation des tirs. Le désarmement devient une architecture possible, avec des étapes, des garanties et des mécanismes de contrôle.

Pour le Liban, cette approche comporte un risque immédiat. Elle peut inverser l’ordre voulu par Beyrouth. La position libanaise, telle qu’elle est rapportée par un responsable proche du dossier, place le cessez-le-feu en premier. Vient ensuite le retrait israélien. La question des armes du Hezbollah serait abordée après, sur la scène interne, et non comme une condition posée par Israël. Cette hiérarchie vise à préserver la souveraineté de l’État. Elle cherche aussi à éviter une crise politique majeure, car le Hezbollah refuse de voir son arsenal négocié directement avec Israël.

Retrait israélien : la priorité de Beyrouth

La délégation libanaise est conduite par Simon Karam, ancien ambassadeur à Washington et juriste familier des dossiers de médiation. La partie israélienne devait être représentée par Yossi Draznin, conseiller adjoint à la sécurité nationale. Ce niveau de représentation marque une évolution. Les premières réunions avaient davantage préparé le terrain. La présente séquence engage des envoyés plus politiques. Elle ne constitue pas encore une négociation de paix formelle. Elle ressemble plutôt à une tentative de fixer les paramètres d’un arrangement de sécurité, sous arbitrage américain.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio n’a pas participé à la session de jeudi, étant en déplacement avec le président Donald Trump en Chine. Son absence ne signifie pas un désengagement. Les États-Unis restent les garants du processus. Washington a organisé les sessions précédentes et pousse à un résultat avant l’expiration de la trêve. Le calendrier ajoute une pression. Un échec pourrait rouvrir une phase militaire plus dure. Un accord imprécis pourrait, lui, produire une trêve contestée dès son entrée en vigueur.

Le retrait israélien constitue le cœur de la demande libanaise. Beyrouth ne veut pas négocier indéfiniment pendant que l’armée israélienne conserve des positions au Sud-Liban. Cette présence entretient un état de guerre de fait. Elle bloque le retour stable des habitants déplacés. Elle empêche les municipalités de reprendre une administration normale. Elle donne aussi au Hezbollah un argument central pour maintenir ses armes. Tant que l’occupation se poursuit, le mouvement peut présenter son arsenal comme une réponse à une menace directe.

L’État libanais face à son propre test

La question ne porte donc pas seulement sur une ligne militaire. Elle touche l’autorité de l’État libanais. Si Israël se retire, le gouvernement pourra affirmer que la défense du territoire doit revenir aux institutions officielles. Si Israël reste, même sur des points limités, la pression intérieure retombera sur Beyrouth. Les adversaires du Hezbollah demanderont son désarmement. Le Hezbollah répondra que le danger demeure. L’armée libanaise se retrouvera entre deux attentes : rassurer la population du Sud et ne pas apparaître comme l’instrument d’un agenda étranger.

Un responsable libanais a évoqué un scénario dans lequel le Hezbollah remettrait ses armes à l’armée, si Israël acceptait un cessez-le-feu complet et un retrait. L’armée pourrait conserver certains armements et en détruire d’autres. Des combattants individuels du Hezbollah pourraient aussi rejoindre les forces régulières, à condition de satisfaire aux critères d’admission. Cette hypothèse reste politique. Elle ne vaut pas engagement public du Hezbollah. Elle montre cependant la recherche d’une sortie libanaise au problème des armes, distincte d’une capitulation imposée par Israël.

Cette distinction est capitale pour Nabih Berri, pour la présidence et pour une partie du gouvernement. Le dossier du Hezbollah ne peut pas être traité comme un simple article d’un accord bilatéral. Il concerne l’équilibre confessionnel, la sécurité du Sud, les rapports avec l’Iran, la mémoire de l’occupation et le monopole de la force par l’État. Une décision brutale pourrait provoquer une crise interne. Un report sans calendrier pourrait, à l’inverse, vider la négociation de son contenu. Beyrouth cherche donc une formule graduelle, capable de satisfaire Washington sans provoquer une rupture intérieure.

Israël pousse le désarmement avant la trêve

Israël aborde la séquence avec une logique inverse. Ses responsables mettent en avant le démantèlement militaire du Hezbollah. Ils considèrent que le retrait et la trêve ne suffisent pas si le mouvement conserve sa capacité de tir. L’ambassadeur israélien aux États-Unis a même évoqué une négociation visant une paix complète, avec frontières, ambassades, visas et tourisme. Il a ajouté que cette perspective dépendrait du succès d’un second volet, centré sur le démantèlement du Hezbollah. La normalisation apparaît ainsi comme un horizon israélien, mais non comme un objectif accepté par Beyrouth.

Le Liban refuse, à ce stade, de parler de normalisation. Ses responsables évoquent plutôt un accord de sécurité, un armistice ou une stabilisation du front. Le président Joseph Aoun a décliné l’idée d’une rencontre ou d’un appel direct avec Benjamin Netanyahu. Cette prudence répond à une contrainte intérieure évidente. Une poignée de main sans résultat solide pourrait être présentée comme une concession gratuite. Elle pourrait aussi affaiblir la position libanaise si les pourparlers échouaient ensuite. Le président libanais semble vouloir réserver tout geste politique majeur à la signature d’un accord vérifiable.

La Maison Blanche souhaite pourtant un geste fort. Donald Trump a publiquement appelé à une rencontre entre Joseph Aoun et Benjamin Netanyahu. Selon un responsable libanais, le président libanais aurait expliqué ses réserves lors d’un échange récent avec son homologue américain. Il aurait indiqué qu’il pourrait se rendre à Washington pour inaugurer un accord de sécurité, si celui-ci était conclu. Cette nuance compte. Elle permet à Beyrouth de ne pas refuser la médiation américaine, tout en évitant une normalisation anticipée.

Une négociation rattrapée par le terrain

Le terrain pèse sur chaque phrase. La trêve conclue sous médiation américaine a réduit les combats, mais elle ne les a pas arrêtés. Des tirs, des drones et des frappes continuent d’être signalés. Des victimes civiles ont été rapportées au Liban ces derniers jours. Israël affirme viser des positions du Hezbollah. Le Liban dénonce des violations et insiste sur la protection des habitants. Cette réalité affaiblit la confiance. Elle rend aussi tout texte difficile à appliquer. Une trêve ne peut pas tenir si les deux parties en donnent des lectures opposées dès le premier jour.

La journée de jeudi s’est ouverte après une attaque de drone revendiquée par le Hezbollah contre des troupes israéliennes près de la frontière. Israël a, de son côté, poursuivi des frappes au Liban. Ces événements rappellent que le Hezbollah n’est pas à la table, mais qu’il reste un acteur décisif sur le terrain. Son absence complique la négociation. Le gouvernement libanais parle au nom de l’État. Israël veut un résultat qui engage le Hezbollah. Washington tente de construire un pont entre ces deux réalités, sans disposer d’une garantie directe du mouvement.

La situation au Sud-Liban renforce cette tension. Les villages touchés par les frappes, les alertes et les déplacements vivent déjà dans une instabilité permanente. Les familles hésitent à rentrer. Les écoles et les commerces restent exposés aux décisions militaires de chaque camp. Les routes peuvent devenir dangereuses en quelques minutes. Dans ce contexte, les discussions de Washington ne sont pas un exercice abstrait. Elles conditionnent la possibilité de restaurer une vie civile minimale dans les localités proches de la frontière et autour des grands axes du Sud.

L’armée libanaise au centre du dispositif

L’armée libanaise occupe une place centrale dans tous les scénarios. Elle serait appelée à déployer davantage de forces au Sud, à recevoir des armements remis par le Hezbollah, à contrôler des zones sensibles et à rassurer la population. Cette mission suppose des moyens, une couverture politique et un soutien international. Elle suppose aussi que l’armée ne soit pas placée dans une confrontation directe avec une partie de la société libanaise. Le succès d’un arrangement dépendrait donc autant du texte négocié que de sa mise en œuvre concrète dans les villages.

Washington semble vouloir bâtir un mécanisme en plusieurs étages. Le premier serait l’arrêt des hostilités. Le deuxième serait le retrait israélien. Le troisième porterait sur le contrôle des armes au Liban. Le quatrième pourrait ouvrir un dossier plus large, incluant les frontières, les prisonniers, les déplacés et la reconstruction. Mais chaque étage dépend du précédent. Si le cessez-le-feu échoue, le reste s’effondre. Si le retrait reste partiel, le débat sur les armes se bloque. Si le Hezbollah refuse le transfert, Israël maintiendra sa pression militaire.

Les autres dossiers ne disparaissent pas. La démarcation de la frontière terrestre, le sort des détenus, le retour des déplacés et l’accès aux zones détruites figurent dans l’arrière-plan de la négociation. Le Liban veut les traiter comme des éléments d’un même paquet de souveraineté. Israël cherche à les subordonner à la neutralisation militaire du Hezbollah. Cette différence de méthode explique les tensions autour du mot même d’accord. Pour Beyrouth, un accord doit d’abord arrêter la guerre et restituer le territoire. Pour Israël, il doit d’abord empêcher la reconstitution d’une menace au nord. Les États-Unis tentent d’écrire une séquence qui ne nomme pas trop brutalement ces contradictions.

Un accord encore loin d’être acquis

La question de la reconstruction demeure en arrière-plan. Les régions touchées ont besoin de financements, de sécurité et de garanties. Les habitants ne reconstruiront pas des maisons, des commerces ou des exploitations agricoles si le risque de frappe reste quotidien. Les bailleurs internationaux demanderont aussi un cadre politique clair. Cette dimension donne au désarmement du Hezbollah une portée économique. Elle ne concerne pas seulement les rapports de force militaires. Elle conditionne aussi l’accès du Liban à une aide durable et à une stabilisation de son Sud.

Le risque principal tient à l’ambiguïté d’un compromis. Un texte qui annoncerait un retrait israélien sans calendrier précis ne suffirait pas à Beyrouth. Un texte qui parlerait de désarmement sans mécanisme libanais crédible ne suffirait pas à Israël. Un texte qui ouvrirait la voie à une normalisation sans consensus interne créerait une crise à Beyrouth. Les négociateurs doivent donc éviter les formules séduisantes mais inapplicables. La diplomatie américaine cherche un résultat rapide. Le Liban, lui, a besoin d’un accord qui survive au retour des délégations.

À ce stade, rien n’autorise à parler d’accord conclu. Il existe une piste, portée par des informations israéliennes et par des échanges américains. Il existe une ligne libanaise, qui place le cessez-le-feu et le retrait avant le dossier des armes. Il existe une ligne israélienne, qui met le désarmement du Hezbollah au sommet des priorités. Il existe enfin un médiateur américain, décidé à produire une issue avant l’expiration de la trêve. La journée de vendredi doit dire si ces lignes peuvent former un cadre commun ou si elles resteront trois récits parallèles d’une même crise.

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