Allo?

Allo, c’est toi maman? 

Tu me manques. 

Je t’aime.

J’essaie de t’appeler depuis plusieurs jours mais en vain. 

N’entends tu pas le téléphone sonner?

Quoi de neuf? Raconte….

De mon côté, je ne sais quoi  raconter à part que je peine à te joindre et que j’ai mal de ne pouvoir entendre ta voix tous les jours, comme avant.

Tu manges bien? Tu dors bien? 

A qui as-tu parlé aujourd’hui? Qui as-tu vu?

Arrives tu à passer à travers les défis de la vie? 

Moi pas.

J’ai mal de ne pouvoir te voir, d’être si loin de toi. 

J’ai mal de ne plus entendre ta voix.

J’ai mal de ce monde.

J’ai mal de ce silence.

Tu es la et si loin, à portée de voix et inaccessible!

J’appelle tous les jours et à toutes les heures..

Hélas ton telephone reste sourd à mes appels maintenant.

Comment fais tu pour t’y résigner? 

Probablement que tu n’as plus le choix. 

Je comprends, même si c’est tres difficile pour moi.

Je vais finir par perdre la raison, de douleurs et de frustrations. 

Entendre ta voix tous les matins, même à distance et à travers les océans, m’a permis de supporter la séparation jusqu’à

dernièrement!

Entendre ta voix à mon réveil me donne l’energie et la force de vaquer à mes occupations.

Aujourd’hui mon coeur saigne et pleure de larmes contenues..

Je n’ai pas choisi l’émigration, elle m’a été imposée.

J’ai mis des milliers de km entre nous mais les appels vidéos surtout, raccourcissaient la distance, l’espace d’un moment privilégié qui nous permettaient de rêver aux prochaines retrouvailles: c’est ce que tu me repétais jusqu’au jour où il a fallu que je me résigne à t’appeler seulement à la maison.

Tu m’accompagnes partout, même à distance. Je sais que cela ne te suffit pas…ne te suffit plus…je me sens si impuissante!

Les valeurs que tu m’as inculquées, je les ai préservées, elles sont intactes.

Je suis toujours la fille que tu surnommais « ma force » « inteh outeh » me disais tu toujours, pour que je ne lâche jamais prise! 

J’espère seulement que tu ne penses pas que toutes « tes forces » t’ont abandonnée aujourd’hui. Car ce n’est pas vrai.

J’aimerai tellement revenir des années en arrière, à 1978 et occuper à nouveau mon ancienne chambre et effacer toutes les années qui ont passé depuis….

Ne serait ce que pour entendre ta douce voix, une fois de plus, comme autrefois!

Ne t’inquiète pas maman, je prends soin de moi et des miens. 

Prends soin de toi, pour moi.

Je t’aime maman.

Il est 14h à Beyrouth, 7h à Montréal. 

N’oublie pas, c’est à cette heure ci que je t’appelle d’habitude. 

Décroche stp….

Nicole Haddad Abdul-Massih

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