À l’issue d’une réunion au sommet à Baabda, en présence du Président de la République, l’hôte de ces lieux, du Président de la Chambre Nabih Berri, du Premier Ministre Hassan Diab qui ont été ensuite rejoints par les Ministres des Finances, Ghazi Wazni, de l’économie Raoul Sfeir, la vice-présidente du Conseil Zeina Akar Adra, du Gouvernement de la Banque du Liban Riad Salamé et du Président de l’Association des Banques du Liban Salim Sfeir, il a été décidé que le Liban sursoit à sa décision.

Les autorités politiques semblent ainsi répondre favorablement à la demande des banques à ce que le paiement des obligations arrivant à maturité en mars soit effectué, au lieu de décider d’une mise en défaut immédiat, comme ce que suggèrent de nombreux spécialistes.

Ainsi à l’issue de la réunion, le Ministre des Finances Ghazi Wazni a indiqué que plusieurs options restent sur la table concernant le paiement de 1.2 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance.

Aussi, une circulaire concernant la fin du traitement préférentiel du contrôle des capitaux devrait être prochainement publiée.

La mise en défaut est préalable à l’ouverture des négociations avec les créanciers détenant des obligations libanaises en vue de restructurer la dette publique.

Déjà hier, le Liban a officialisé une demande d’aide technique au FMI.

Pour rappel, concernant la restructuration du FMI, des sources proches du gouvernement avaient indiqué qu’il revenait à cette organisation de décider si le Liban était capable d’en honorer le paiement, refusant ainsi d’en prendre la responsabilité.

L’organisation a répondu qu’il reviendra cependant aux autorités libanaises de décider si oui ou non, il conviendra de payer les obligations arrivant à maturité en mars.

Près de 1.2 milliards de dollars d’obligations arrivent à maturité en mars prochain, suivi d’échéances en avril et en juin. Sur un an, le Liban aurait dû ainsi débourser près de 5 milliards de dollars, ce qui est actuellement impossible en raison de son déficit public qui atteindrait 91.6 milliards de dollars alors que les estimations initiales du PIB montrent un recul de ce dernier qui passerait de 55 milliards en 2018 à 51 milliards de dollars en 2019.

Ainsi, dès le mois de mai 2019, ce n’est pas le ministère des finances qui honorait les obligations libanaises arrivant à échéance mais la Banque Centrale elle-même. Cependant, la chute drastique de ses réserves monétaires nettes, dont on ne connait pas réellement le montant, pourrait avoir affecté sa capacité à pouvoir y procéder. Les réserves monétaires brutes de la Banque du Liban s’effondrent actuellement également de près d’un milliard de dollar par mois.

Les banques libanaises, confrontées à la décision d’augmenter le capital à hauteur de 20%, et donc à la recherche de liquidités s’étaient prononcées hier en faveur du paiement des obligations arrivant à échéance.

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