La montée en charge vers la création de l’État d’Israël est généralement présentée à partir de la Déclaration Balfour en 1916, faisant suite, d’une certaine manière, au projet de création d’un État juif  lors du Congrès sioniste mondial en 1897.

Une réalité autrement plus sournoise et dont les juifs furent l’instrument…

Cela est entièrement faux et représente une révision de l’histoire. En effet, dès la fin des années 1830, le gouvernement britannique lance l’idée de la création d’une nation juive en Palestine. Il réussit à y faire adhérer quelques banquiers juifs anglais qui vont s’en faire le relais direct et décider de financer l’opération. L’objectif est de créer une tête de pont en Palestine au service de sa Majesté.
Quelques trente ans plus tard, et malgré la création de l’Organisation sioniste mondiale, seuls quelques centaines de juifs suivent le mouvement. En 1870, le gouvernement britannique se donne pour objectif l’immigration d’un million de juifs pour les cinquante ans à venir. Il n’y en eu que quelques soixante-dix mille pendant que plus de deux millions de juifs de Russie et d’Europe de l’Est, confrontés à la crise économique qui y sévit et aux pogroms qu’elle génère sur fond d’antisémitisme ambiant, partaient pour l’Amérique.
C’est dire que malgré le soutien politique, diplomatique, matériel du gouvernement britannique et les moyens financiers mis à disposition par les banquiers juifs anglais, la quasi-totalité des juifs refusaient d’adhérer à ce projet, voire lui étaient franchement hostiles.
Il a fallu l’implication enfin officielle du gouvernement britannique avec la Déclaration Balfour en 1916, les effets dévastateurs de la première guerre mondiale, des moyens économiques et politiques considérables, un réseau organisationnel ramifié à travers toutes les couches de la population juive européenne pour que, à la faveur de la crise économique mondiale de l’entre-deux-guerres, les chiffres de l’immigration montent enfin à quelques centaines de milliers au total sur cette période de près de trente ans, soit jusqu’à la seconde guerre mondiale.
Il a fallu la seconde guerre mondiale, les catastrophes humaines, économiques, matérielles, et enfin le génocide juif immédiatement exploité et mis en exergue dans le moindre aspect par une propagande démesurée et quotidienne promue par l’Angleterre pour voir enfin l’aboutissement de son projet déjà centenaire et bien mal en point.

Cette dernière phase a été marquée par :
– les troubles qui s’exacerbent en Palestine et la condamnation par les élites juives des méfaits et des injustices inhérentes à cette colonisation),
– la quasi déportation des rescapés mis dans des bateaux pour fuir ces horreurs, bateaux auxquels tous les ports furent fermés et qui n’eurent plus qu’à débarquer leur chargement humain en Palestine. – l’assassinat du médiateur de l’ONU, le comte Bernadotte, chargé d’élaborer une solution équitable au conflit. Ni son titre ni sa descendance royale n’ont fait hésiter leurs auteurs. La confusion générée par ce crime a été mise à profit par les puissances coloniales pour un vote précipité et bâclé au Conseil de sécurité de l’ONU, ouvrant ainsi une ère de guerres, de destructions et de massacres contre le peuple palestinien.
Il faut noter que les juifs qui en avaient les moyens, eux, ont pu rester en Europe, les plus chanceux partant toujours pour l’Amérique.

…Aux méthodes les plus brutales de leurs initiateurs


C’est donc par la violence, les massacres et la terreur objective et/ou manipulée, à l’ombre des colonialismes des XIXième et XXième siècles, que le projet britannique de création de l’État d’Israël voit enfin le jour en 1947.
Il ne s’agit donc nullement d’une adhésion du peuple juif créant et portant son projet. C’est en très grande partie contraint et forcé qu’il va participer à ce projet, à l’instar d’un mariage forcé ou l’épouse contrainte finit par s’y faire et qui n’a plus d’autre choix que de défendre sa progéniture et chercher à sublimer sa nouvelle vie.
Mais les sionistes, puis les israéliens, avec la naissance de leur État, n’ayant eu pour tout horizon de gouvernance que le racisme subi, la terreur, les pogroms et le génocide, vont reproduire ces méthodes sur les palestiniens qu’ils veulent absolument exproprier et expulser de leur territoire. Ils ont pu s’y adonner à la mesure des sévices endurés, sans contrepoids et avec le regard bienveillant du colonialisme français, lui-même inaugurant un nouveau cycle de terreur dans leurs colonies d’Afrique et d’Asie ( Sétif (mai-juin 1945), Madagascar (1947), Haiphong (1946, Côte-d’Ivoire (1949-1950) et Casablanca (1947) : l’armée française a ainsi massacré des centaines de milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était de revendiquer plus de libertés ou l’indépendance. On  n’oubliera pas le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye au Sénégal, dont les seul crime était de réclamer leur salaire.
L’État d’Israël, dans la même logique et dans le même esprit de violence comme seul horizon, va déstabiliser les communautés juives arabes, y compris par des attentats et des alertes aux attentats pour y semer la peur et les pousser à immigrer en Israël.

Vers un État triomphant


Ce n’est qu’à partir de la guerre de 1967, avec la victoire éclair de l’armée israélienne contre les pays arabes, victoire présentée à toutes les sauces comme un miracle et un signe divin, pour que l’adhésion du peuple juif commence à devenir positive et massive.
De prétendu miracle, venue s’ajouter à la faiblesse intrinsèque des régimes arabes, il n’y avait en fait que la trahison de Hassan 2 contre ses pairs arabes. Ceux-ci s’étaient réunis à Casablanca en 1965 pour faire entre autres le point sur l’état et le dispositif de leurs forces face à l’État d’Israël. Hassan 2 va transmettre tous les débats et informations communiquées entre eux à l’État d’Israël qui aura, dès lors, tout le loisir de préparer tranquillement son offensive dès que l’occasion lui en sera offerte. En contrepartie, les services secrets israéliens devaient assassiner Mehdi Ben Barka et assurer la sécurité du pouvoir royal marocain.
L’assassinat du président John Kennedy (dont Israël reste le principal suspect du fait d’un mobile sérieux et décisif) avait permis de parachever auparavant le soutien de toutes les puissances occidentales grâce au basculement américain dans son camp.

Un État porteur des mêmes méthodes d’oppression contre les juifs d’Europe…


L’État d’Israël porte intrinsèquement cette politique de l’intimidation, de l’assassinat, de la terreur, du coup de force. Cela fait partie de sa nature, qu’il sait combiner par une savante politique de
-séduction (femmes, argent, sexe fêtes…avec les possibilités de chantage que cela permet pour recruter des espions arabes en particulier)
– corruption (chantage, promotion professionnelle notamment)
– traque et dénonciation jusqu’aux étudiants, chercheurs, universitaires, cadres, artistes pour briser leurs carrières dès lors qu’ils expriment un soutien public à la cause palestinienne et un rejet clair des méfaits de l’État d’Israël, dès lors assimilés à des antisémites.
– culpabilisation systématique face à la shoah qui doit s’imposer à chacun comme un pêché originel et être porté génération après génération avec un tribut moral, matériel et financier à payer. Tout manquement à la soumission de ce tribut est systématiquement traqué. L’ami de l’ami de l’ami qui ne s’est pas soumis à ce diktat devient lui-même suspect, fouillé et surveillé sous toutes les coutures. La critique même de l’État d’Israël est tenue pour suspecte et potentiellement antisémite.
– instrumentalisation de plus en plus massive des communautés juives appelées à couvrir systématiquement les moindres exactions de l’État d’Israël. Certains méfaits sont reconnus hors micro, mais « surtout ne pas en parler publiquement car cela nourrit l’antisémitisme ».
– enfermement de plus en plus marqué dans un intégrisme intellectuel et religieux
– absence totale d’empathie pour les non juifs au sein même de leur État et des populations sous leur domination, population déshumanisée et intériorisée comme des bêtes à deux pattes pour pouvoir les détruire en toutes bonne conscience tout en les ignorant.

..À l’encontre des grandes consciences du judaïsme mondial

Durant plus d’un siècle, depuis la première émission du projet de création d’une nation juive en Palestine jusqu’à la guerre de 1967 et même au-delà, les plus grands penseurs juifs européens et même ceux qui vivaient en Israël, ont critiqué, voire rejeté cette colonisation, sinon ses excès.
Aujourd’hui, ces intellectuels, ces consciences ont disparu. Les quelques individus qui restent sont isolés, voire se taisent.
À leur place, une force d’élite de communicateurs (soutenus de spécialistes en formatage des esprits, des sentiments et des émotions) est formée et mise en place pour justifier cette politique et y faire adhérer tout ce qui compte comme pouvoir. Le petit écran fera le reste pour toucher jusqu’au plus humble des citoyens.

Une dérive pour un enferment paranoïaque

Mais le pire est d’avoir réussi à maintenir et développer, à un niveau paroxystique, une mentalité de ghetto et de prophétie auto-réalisatrice d’entité collective menacée d’extermination, jusqu’à une dimension individuelle vécue comme intrinsèque à sa personne en tant qu’être générique. L’individu juif, dès sa conception comme fœtus, vit cette menace à travers le message et l’atmosphère portés par son environnement et l’angoisse que cela génère chez sa mère. Imaginons les africains qui vivraient dès leur conception dans le ventre de leur mère dans une atmosphère qui cultive systématiquement la menace de l’esclavage, qui naîtraient et grandiraient dans cette menace permanente et affirmée à toutes les sauces, qui seraient éduqués dans l’idée que tout blanc est un esclavagiste en puissance et qui n’attend que la bonne occasion pour sauter sur sa proie. Et cela, pendant des décennies et des décennies. Cet africain vivrait dans la peur, dans la paranoïa et la schizophrénie. N’importe quel être humain réagirait ainsi. Les juifs comme les israéliens sont des êtres humains comme les autres. Et sont tout aussi malades de cette éducation et de cet environnement.
Quand on vit avec une telle mentalité, avec cette menace inscrite dans le cerveau, on a un besoin irrépressible de tout contrôler. Et plus on contrôle de choses, plus le besoin de contrôler grandit et s développe avec la peur que certains aspects et domaines nous échappent. Et on se met à chercher désespérément les lieux non contrôlés ou non suffisamment contrôlés. C’est kafkaïen et c’est orwellien. Ce n’est pas seulement parce que l’État d’Israël occupe la Palestine qu’il est devenu le meilleur exportateur de matériel et de techniques de surveillance. Il est Kafka et Orwell réunis. Aujourd’hui il gangrène les communautés juives mais aussi de plus en plus d’États, y compris démocratiques, à qui il inocule cette mentalité qu’il réussit à métamorphoser en stratégie idéologique, politique et sécuritaire.
Tout cela sous son regard inquisiteur et un appétit toujours plus frénétique et insatiable.

Scandre Hachem

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