Pas de swap des obligations libanaises avant une décision du gouvernement (Riad Salamé)

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Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) est revenu sur sa décision d’échanger les obligations libanaises arrivant à échéance en 2020, estimant nécessaire une décision du gouvernement à ce sujet.

Il s’agirait notamment d’échanger 1.2 milliards de dollars d’obligations arrivant à échéance en mars, alors que de nombreux experts doutent des capacités de l’état et de la Banque du Liban à pouvoir procéder au paiement, suite à l’effondrement des réserves monétaires nettes de la banque centrale.

En mai puis en novembre dernier, la Banque du Liban avait ainsi remboursé les obligations étatiques arrivant à échéance au lieu du ministère des finances, faisant craindre un défaut prochain de la République Libanaise.

Les agences de notation internationales, Moody’s, Fitch ou encore Standard & Poor’s, ont déjà dégradés les notes des obligations libanaises, certaines estimant le Liban déjà en défaut de paiement, tout comme certains établissements bancaires privés.

Aussi, les clients des banques libanaises craignent une dévaluation de la livre libanaise suite aux tensions monétaires, alors que les réserves monétaire brutes se sont effondrées, passant de 41 milliards de dollars, il y a un an à peine à 31 milliards de dollars. Certaines agences de notation estiment les réserves monétaires nettes à, à peine, 4 à 10 milliards de dollars, une somme insuffisante pour maintenir la parité de la livre libanaise et à permettre l’importation des marchandises de première nécessité à l’avenir.

En raison des difficultés liées à la pénurie de liquidité en devises étrangères, les banques libanaises, via l’Association des Banques du Liban (ABL) et non la BDL ou les autorités libanaises, ont décidé unilatéralement d’instaurer un contrôle des capitaux, limitant la possibilité de retraits à 200 ou 300 USD par semaine par établissement et interdisant, hors urgence, les transferts de fonds à l’étranger.

Par ailleurs, certains experts notent que les propos du gouverneur de la BDL, dont le rôle est de plus en plus contesté au Liban, interviennent alors que ce dernier a souhaité obtenir, dans une lettre adressée au Ministre des Finances sortant, Ali Hassan Khalil, des pouvoirs extraordinaires en raison de la situation économique. Cette demande reste pour l’heure en suspension.

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