Le quotidien Al Akhbar accuse l’Association des Banques du Liban de vouloir saisir les réserves obligatoires de la Banque du Liban en intentant des poursuites contre l’état et celle-ci.

Parmi les options juridiques présentées par ses avocats, une plainte aurait été déposée devant le conseil de l’état à l’encontre de l’état suite à la déclaration d’un état de défaut de paiement concernant les Eurobonds et l’autre contre la Banque du Liban en vue de faire saisir les réserves obligatoires.

L’ABL souhaiterait ainsi empêcher la BdL de disposer de ces réserves obligatoires qui représentent 14% des dépôts ou obtenir ainsi une autorisation de la part de la BdL de ne pas permettre à leurs clients de pouvoir retirer leurs épargnes.

Selon Al Akhbar, cette stratégie démontrerait le tarissement prochain de la possibilité de disposer de dollars et amènerait à des conflits juridiques pour permettre la vente de l’or de la Banque du Liban et d’autres biens publics comme ce que souhaiterait faire l’ABL depuis 2 ans.

Des banques lourdement impactées par la crise économique 

Les banques libanaises sont, pour leur part, lourdement impactées par la crise économique que traverse le Liban. Cette crise est apparue au grand jour avec les fameuses pénuries de devises étrangères dès mai 2019, d’abord mises sur le dos de problèmes logistiques par la Banque du Liban avant de finalement reconnaitre que les établissements privés faisaient face à d’importantes crises de liquidité. L’ABL avait alors mis en place un contrôle informel des capitaux dès novembre 2019.  

Jusqu’à présent, les banques libanaises refusent généralement de permettre aux déposants de disposer librement de leurs fonds.

Dès 2019, de nombreux incidents avaient alors éclaté dans les succursales bancaires, des déposants exigeant de pouvoir retirer leurs fonds, ce que refusaient les responsables des banques alors que devrait prochainement être détaillé la répartition des pertes du secteur bancaire, estimée à 69 milliards de dollars selon le gouvernement Mikati III, 83 milliards de dollars selon le gouvernement précédent, un chiffre proche de celui du FMI et à 103 milliards de dollars selon certaines agences de notation.

Au total, les 14 premières banques libanaises à elles-seules nécessiteraient une injection de 65 milliards de dollars, bien au-delà des possibilités d’aide économique estimée à 26 milliards de dollars. Aussi, les haircuts sur les eurobonds ou encore sur une partie des obligations libanaises semblent devenir inévitables, en dépit de la hausse des fonds propres sur décision d’une circulaire de la Banque du Liban.

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