Les printemps arabes ont tous commencé par une volonté du peuple d’accéder à plus de démocratie, voire à moins de dictature. C’est louable, estimable, défendable et même nécessaire et justifiable.

Les islamistes ont profité de ces soulèvements populaires pour infiltrer, par opportunisme politique, ces printemps arabes et accéder, qui plus qui moins, aux plus hautes fonctions de l’Etat à travers des élections plus ou moins démocratiques.  Beaucoup ont crié au scandale, leur printemps leur a été subtilisé, volé et on les comprend, on comprend ce sentiment d’injustice et pourtant…

Celles et ceux qui ont porté ou qui porteront les islamistes au pouvoir, ne font que les remercier du rôle souvent social qu’ils ont joué pendant des années alors que les autorités étaient absentes; un juste retour d’ascenseur… 

Et voilà que certains occidentaux, parce qu’il ne faut pas tous les mettre dans le même sac, entrent en scène pour essayer de tirer des ficelles. Ils n’avaient rien vu venir, parce qu’il ne faut pas croire qu’ils ont, aujourd’hui, des plans à long terme comme ils en avaient 30 ans plus tôt. Détrompez-vous, ils naviguent souvent à vue ou presque; le monde bouge en effet tellement vite qu’aucun plan à long terme ne tiendrait la route.

Ils entrent donc en scène pour tirer des ficelles islamistes contre des ficelles tout autant islamistes…

Et ce qui se passe aujourd’hui en Syrie, c’est exactement le même plan qui avait été mis en place en 1979, mais cette fois-ci avec des figurants différents. A l’époque le plan visait à détrôner le Shah d’Iran et mettre en lieu et place Khomeiny qui était plus à même, avec sa révolution islamique, de contrer les communistes avec qui M. Pahlavi commençait à flirter dangereusement… le mur de Berlin tombait dix ans plus tard.

Il ne faut pas oublier que le régime syrien a occupé le Liban pendant 30 ans, il a même humilié et assassiné son peuple.

Il ne faut pas se leurrer non plus, le printemps syrien qui a commencé comme évoqué plus haut, a été récupéré par les islamistes comme les autres printemps arabes mais avec les ficelles occidentales et arabes pour contrer la montée chiite et l’axe irano-syrien en soutenant le sunnisme salafiste.

Ce qui se passe aujourd’hui au Liban est tout simplement un duplicata syrien, parce que chez nous comme chez nos voisins, la matière première existe…

Quant au printemps libanais, il ne s’agit pas pour lui de renverser une dictature, mais de savoir déterminer les axes qu’il voudrait essentiellement changer. Identifier les foyers qui serviraient de leviers pour ce changement, les confier à des porteurs de messages intègres et qualifiés, les instrumentaliser au travers d’un pouvoir exécutif, vigilant, réaliste, compétent et équitable, au service du peuple et avec le peuple.

Il s’agit de cibler une action à la fois, nourrie par une vision claire et un phare cental.

Par ailleurs, une autre composante primordiale du printemps libanais, serait de transformer l’exercice actuel de la poltique afin que celle-ci acquiert le pouvoir de gagner son indépendance, de l’assumer et d’en être entièrement responsable. Ceci lui permettra de jouer son rôle par rapport à toutes les communautés et les régions libanaises d’une façon totalement équitable et égalitaire.

Serge Schoulika

2 COMMENTAIRES

  1. personellement, je crois que votre « juste retour d’ascenseur » n’est pas si louable que votre article le laisse entendre monsieur. Pardonez moi si je fais erreur mais une guerre civile a eu lieu, il est donc pour moi hors de question de parler de juste retour d’ascenseur.
    cordialement. En contre parti je dois admetre que certain occidentau sont un peu au-dessus de leur role, j’en est moi meme vecu les consequences, n’ayant pas les memes traits que mes amis.
    un autre internaute.

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