Vue depuis la corniche de Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés
Vue depuis la corniche de Beyrouth. Crédit photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés

Je m’envole, je quitte Beyrouth, je retourne butiner hors de ma ruche à la recherche de nectar et de pollen indispensables à ma colonie.

Je m’envole, je m’éloigne, mon rucher est dévoré par ses politicards et ses marchands de foi aux bouches de miel, des pics féroces assistés par une multitude d’animaux sauvages venus d’ailleurs.

Je m’envole, j’émigre, mon abeillier s’effondre, les reines sont vieillissantes et malades, les ouvrières s’entretuent et le pou profite pour envahir les têtes.

Je m’envole, je file, le spectacle est accablant, lassant et surréaliste. Les pauvres s’enfoncent et se noient tranquillement dans un océan de mélasse toxique. Chez les riches et ultras riches, bienvenue au café du commerce.

Je m’envole, j’essaime, ma ruche n’est pas à sa première épreuve. Elle se redressera tôt ou tard, c’est écrit, son miel est éternel.

Je n’ai pas encore décollé, Beyrouth me manque déjà !

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1 COMMENTAIRE

  1. Avant-dernier paragraphe, lire plutôt : “Je m’envole, j’essaime, ma ruche “N’EN EST PAS” à sa première épreuve…”.

    Difficile en tous cas de rester indifférent à ce cri de détresse qui finit quand même sur une goutte d’espoir diluée dans le suc de la ruche… En dépit d’une présentation apocalyptique le texte reste cependant comme empreint d’une petite lueur.

    La conclusion coule dans la même douceur où l’auteur avoue ne pas avoir encore “décollé”: exercice laborieux, en effet, quand un pied trempe dans la “mélasse toxique” et l’autre dans le “miel éternel”, mais que Beyrouth “manque déjà”. Confier un tel sentiment en ces temps de très grandes souffrances relève d’un caractère bien trempé, et on ose croire que l’auteur ne manque de pot. Bravo !

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