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Certaines sources indiquent que le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, dont le rôle dans l’échec de la procédure d’audit juricomptable est fortement critiqué, se trouverait actuellement à Paris. On ignore s’il s’agit d’une visite à caractère privé ou si Riad Salamé se trouverait sur place pour tenter de négocier avec la communauté internationale.

En effet, alors que le Liban traverse une crise d’une ampleur insoupçonnée et que les réserves disponibles de la Banque du Liban s’épuisent actuellement – le programme de subvention de la BdL à l’achat des produits de première nécessité devant être prochainement réduit de 700 millions de dollars à moins de 80 millions de dollars par mois, provoquant ainsi une dégradation supplémentaire attendue de la valeur de la monnaie nationale, la communauté internationale via notamment une demande du Fonds Monétaire International, continue à exiger la tenue d’un audit juricomptable ou médico-légal des comptes de la banque centrale.

Celui-ci parait en effet nécessaire afin, non seulement de déterminer les pertes de la Banque du Liban, certaines sources étrangères estimant possible même sa prochaine faillite en raison de pertes qui pourraient atteindre 49 milliards de dollars, mais aussi afin de déterminer les responsabilités de personnes qui seraient impliquées dans de possibles anomalies, voire détournements de fonds de l’établissement public.

Certaines sources estiment ainsi que le gouverneur de la BdL se serait rendu à Paris pour tenter de négocier avec les autorités françaises qui se sont montrées intraitables après avoir communiqué une feuille de route incluant l’audit des comptes de la Banque du Liban, cela afin d’en préciser l’ampleur des pertes.

En effet, le Président de la République, le général Michel Aoun, a eu des mots très durs suite à l’échec de la procédure d’audit qui devait être conduit par le cabinet Alvarez & Marsal, Riad Salamé n’ayant répondu qu’à 43% des questions posées par l’entreprise se retranchant sous le prétexte de la législation du secret bancaire. Les experts juridiques du ministère de la Justice ont ainsi indiqué que les comptes de la BdL ni même de l’état ne sont soumis à ces textes, notant alors qu’il s’agirait plutôt d’une mauvaise volonté suspecte du gouverneur lui-même qui souhaiterait ainsi que les investigations en cours ne puissent pas porter sur la politique monétaire et coûteuse qu’il a conduit durant les 25 années à sa position, à savoir le maintien de la parité de la livre libanaise face au dollar ou encore les opérations d’ingénierie financières qui auraient pu couter jusqu’à 24 milliards de dollars à la BdL en faveur d’établissements bancaires privés.

Par ailleurs, Riad Salamé est également critiqué pour avoir probablement dissimulé les pertes de la Banque du Liban avec la déclaration de profits fiduciaires unilatéralement décidé par lui. En 2018 seulement, près de 6 milliards de dollars de profits fiduciaires auraient été ainsi « créés » sans être effectifs.

La communauté internationale continue en effet à conditionner toute aide économique à un audit des comptes du secteur financier et en particulier de la Banque du Liban elle-même. Le Président de la République Française, Emmanuel Macron, lui-même banquier avait en effet estimé plus que probable que des détournements de fonds publics aient eu lieu depuis cette institution.

Certaines sources étrangères indiquent que cet audit vise également à identifier les personnes responsables afin de les écarter. Il s’agit en effet de permettre la mise en place d’un changement de leadership tant au niveau public qu’au niveau des établissements privés qui ont joui de complicités au plus haut niveau des autorités monétaires.

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