Les vacances passent si vite ! Les enfants ont fièrement endossé leurs nouveaux sacs et repris le chemin de l’école… Il est temps de changer cette photo de profil en maillot de bain prise à Sour. Il fait plus frais, le moment idéal pour une promenade… à une heure bien choisie pour éviter les embouteillages qui se sont accrus avec la rentrée scolaire. C’est l’automne à Beyrouth. 

Une nouvelle perspective

Sur la corniche et dans les petites rues de Beyrouth, les arbres se sont parés de couleurs chaudes qui varient de l’ocre au pourpre, en passant par le brun… L’entrée de Hamra est bordée de tons d’orange sur un fond de graffitis qui prolifèrent sur les façades, et l’entourage de la Banque du Liban accroche les regards avec sa beauté à couper le souffle. Les flamboyants n’ont jamais si bien porté leur nom. Plus loin, on voit la nouvelle collection automne-hiver dans toutes les vitrines; elle est même déjà en soldes chez certaines boutiques, vu les circonstances au Liban. Au retour, le quartier Sanayeh longeant le ministère de l’intérieur nous offre un spectacle pittoresque. Les jacarandas y ont semé un peu partout de sublimes petites fleurs mauves. Les branches se détachent sur un ciel couvert où le soleil perce subtilement. À Achrafieh, aux portes des belles maisons traditionnelles, les bougainvilliers égrènent leurs feuilles sèches jaunies. Celles-ci balaient les trottoirs légèrement; crépitent sous les pas des passants, puis se mettent soudain à tourbillonner, comme un derviche tourneur soufi qui célèbre la vie. 

Des leçons de vie 

C’est la saison des transitions mais aussi celle des contrastes au Liban, et il arrive de passer soudain du pull au t-shirt et vice-versa avec un subit changement des températures. Les journées commencent à se raccourcir. Bientôt, les enfants profiteront d’un semblant de rallonge à leur nuit lors du passage aux horaires d’hiver à la fin du mois d’octobre. L’humidité de l’air, typique de Beyrouth, se fait moins sentir; on se sent plus léger et il est grand temps de reprendre le jogging matinal. « En automne, les arbres nous apprennent à lâcher prise », to let go, dit-on. La nature est un modèle à suivre : se détacher des choses consommées, comme des personnes réelles ou virtuelles n’ayant plus de place dans notre vie, pour faire de la place au renouveau et balayer le passé. Mais aussi, ralentir, prendre son temps, et accepter le changement tout en s’accrochant à la vie et en gardant l’espoir. Cela s’applique aux Libanais plus que quiconque. Il suffit de rester ancré, rassuré que nos racines restent là pour nous porter.

Ma mère a sorti son tricot et ses pelotes. C’est la promesse d’un nouveau foulard qui se prépare. Il sera fini juste à temps pour m’y emmitoufler lorsque les températures auront vraiment baissé. 

Qui de vous se réjouit de cette magnifique saison et de l’approche de l’hiver? 

Hala Kambris Abdel-Nour

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