En une semaine, plus de 60 entreprises auraient averti le Ministère du Travail d’un possible licenciement de leurs employés, indique le Ministre sortant Camille Abou Sleiman, sur les ondes de la télévision LBCI ce vendredi.

Cette information intervient alors que le Liban traverse une très grave crise économique depuis le début de l’année en raison de l’endettement public record, qui atteint 154% du PIB et de la récession économique qui s’annonce depuis plusieurs mois.

Egalement, une vague de licenciement dans différents secteurs d’activité touche aujourd’hui le Pays des Cèdres. Ainsi, l’enseigne Aishti a annoncé hier le renvoi de 80 à 100 personnes en raison de difficultés financières, alors que de nombreuses professions, enseignants tant dans les écoles que dans les établissements secondaires, personnels hospitaliers, etc… indiquent n’avoir perçu que le tiers ou la moitié de leurs salaires.

Dès le début de l’été, une grave crise de liquidité et notamment l’absence de dollars au taux officiel a amené son lot de difficultés pour les entreprises. Elles ont ainsi vu leurs lignes de crédit être révoquées, ce qui a provoqué un effondrement de leurs activités. Face à cette crise de liquidité, certains secteurs vitaux, stations essence, importation de blé ou de médicaments, ont finalement obtenu de la Banque du Liban (BDL) après plusieurs mouvements de grèves, la mise en place d’un mécanisme qui leur est dédié pour l’obtention des précieuses devises au taux officiel de 1511 LL/USD sans faire appel aux services de changeurs à des taux plus élevés, atteignant parfois 2 300 LL/USD.
Cependant, cela n’est pas le cas des autres secteurs d’activité qui continuent à en souffrir, alors que les banques libanaises ont mis en place un contrôle des capitaux officieux, avec des limitations concernant les retraits ou les virements à l’étranger.

Les jeunes sont encore plus impactés par la crise économique avec un taux de chômage qui a augmenté et qui est estimé, de source officieuse, entre 30% à 40% en l’absence de statistiques officielles.

Dès le début du mois de novembre, la Banque Mondiale avait mis en garde les autorités libanaises, estimant que près de la moitié de la population pourrait se retrouver sous le seuil de pauvreté contre un tiers actuellement.

Déjà précédemment aux manifestations, plus de 200 restaurants et boites de nuit avaient annoncé leurs fermetures en raison des conditions économiques. Le syndicat des restaurateurs s’est dit attendre à plus de 265 nouvelles fermetures depuis.

Depuis la nuit du 17 au 18 octobre 2019, les entreprises libanaises sont également perturbées par le mouvement de manifestations qui dénoncent la classe politique accusée de corruption et d’avoir mené le Pays des Cèdres à la quasi-banqueroute financière.

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