Et la “Liberté”, c’est un concept, l’un des plus admirables, et c’est une sensation, l’une des plus splendides et des plus fécondes et c’est une passion, l’une des plus puissantes et c’est un but, l’un des plus ultimes auxquels aspirent tous les humains.

Et cette liberté, c’est une conquête oh ! et combien de millions d’hommes et de femmes ont combattu et ont perdu la vie pour la conquérir ! Et c’est aussi un droit, et c’est, selon Kant « l’unique droit originel revenant à chaque homme en vertu de son humanité ».

Et l’éventail de choix offerts aux humains, une fois libérés de leur carcan, est si fastueux et tout triomphal et à leur honneur, qu’ils s’élèvent très haut vers des valeurs transcendantes qui les lient avec leurs frères dans l’humanité. La paix en est une et le vivre ensemble dans la sérénité et dans l’union nationale, en est une autre.

Et les Libanais sont toujours divisés, et c’est malheureux, et ils offrent au monde deux facettes d’eux, celle, libre, qui combat et se révolte pacifiquement pour des valeurs de liberté et de paix et ce, dans la non-violence et dans le respect, et celle soumise et qui, toujours dans la servitude, constitue un terrain fertile à l’endoctrinement et au bourrage de cerveau et tente par la force de contrer l’esprit pacifiste de la révolte. Cette dernière facette est soumise matériellement et mentalement par manque de choix, manque de courage, manque de vision, manque d’argent… et dans cette révolte, elle se sent en danger, et selon Hannah Arendt « le pire danger de l’homme soumis est l’homme libre de l’idéologie ou qui s’en est libéré. Cet homme renvoie au soumis l’image de son infériorité que constitue la perte de son individualité et la limitation de son champ de raisonnement ».

Et ces soumis n’ont pas encore goûté à ce sentiment extrêmement sublime qu’est la quête de la liberté dans l’union et la solidarité.

Et leurs responsables, du haut de leur cynisme déplorable, se réjouissent de ces divisions dont ils sont les provocateurs. Et au lieu de sublimer la liberté et l’union nationale, ils ne font que retomber très bas dans leurs petitesses matérialistes et leur servilité.

Et leur mode opératoire est désastreux et regrettable, sur un territoire adulé par ses habitants. Le territoire céleste de leurs aïeuls, le territoire divin qui les a vu naître et a vu naître leurs enfants, le territoire magistral de leurs premiers amours et amitiés, celui de leurs premières découvertes, celui de leur spontanéité, de leur innocence, de leurs souvenirs, celui de leur monde et de tout leur monde.

Et la relation d’affection qui lie les Libanais à leur terre est intense. Cette terre bénie d’un soleil éblouissant que les nuages peinent à cacher, bénie par un Dieu représenté par un peuple à multiples religions, une belle terre joyeuse, accueillante et luxuriante.

Et cette relation est magique aussi, avec les plaisirs œcuméniques et gastronomiques que ce pays leur offre et le monde kaléidoscopique qu’il leur livre dans la douceur de sa lumière et l’élégance de ses arcs-en-ciel, la majesté de ses montagnes et la sérénité de ses fleuves, la pureté de son drapeau et la béatitude de ses cèdres, la félicité de ses vestiges et l’immensité de son peuple.

Et les Libanais une fois à l’extérieur du Liban, et dès lors qu’ils se retrouvent dans des pays étrangers, ils sont directement touchés par la nostalgie de leur pays. Et toutes leurs divisions disparaissent et ils s’unissent sous le nom de leur appartenance libanaise indépendamment de toute religion et de toute affiliation politique.

Et ils ne s’intéressent plus aux banalités qui les séparent et ne s’arrêtent plus sur des tautologies qui ne servent à rien. Ils avancent et s’évertuent à donner le meilleur d’eux-mêmes et ils se surpassent pour s’accomplir et réaliser une multitude d’exploits dans un contexte favorable. Et les liens d’amitié les plus forts qu’ils tissent en dehors de leur pays c’est surtout avec des Libanais nonobstant leurs différences car ils réalisent que celles-ci sont dépourvues de sens et sont comblées d’absurdités.

Et partout où il est éparpillé dans le monde ce peuple entretient avec son pays un attachement singulier. Et dans son éloignement, cet attachement devient obsessionnel. Et dans son rêve, son imagination et ses souvenirs, il n’en reste que très sélectivement tout ce qui incarne ce pays dans sa splendeur. Un pays idéal où il fait bon vivre et écouler des jours heureux dans l’oisiveté et la spontanéité, avec la tendresse des parents et des voisins, la complicité des amis et des copains, les tendres et les bons pour une vie qui a plus de sens avant que la fin ne sonne avec ses cloches tristes et que l’Imam ne récite les versets d’adieu.

Et puis finalement même la Mort, la plus répugnante comme la plus insupportable et la plus chagrinante trouve un sens, un sens plus divin et plus spirituel quand elle surgit au havre de la quiétude, sur la terre des ancêtres, sur la terre des pères. Et comme l’a parfaitement exprimé Gabriel Garcia Márquez dans son livre Cent ans de solitude, « On n’est de nulle part tant qu’on n’a pas un mort dessous la terre ».

Que de libanais exilés et émigrés qui ont fait de leur vie une belle réussite, qui ont réalisé tous leurs désirs et tous leurs rêves les plus élaborés, et qui pour un dernier souhait et pour l’ultime de leurs aventures, l’une des plus abouties et des plus sacrées, ne demandent qu’à être enterrés au Liban, en cendres ou en corps, n’importe !

Faisons honneur à tous ces libanais éparpillés dans le monde, faisons honneur à nous-mêmes, et continuons à acclamer que notre pays est notre propriété et par-dessus tout, se trouve notre liberté.

Réalisons le Rêve de nos révoltés, ce rêve qui a su mobiliser nos cœurs, sublimer nos esprits et flatter notre Libanité. Ce Rêve, oui, ce Rêve, qui est bien plus triomphateur que toutes les analyses les plus raisonnables, que tous les calculs les plus logiques et les plus prévoyants, car c’est celui de nos jeunes, c’est celui de leur amour.

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