« …. lorsqu’un système humain ne parvient plus à réguler ses échanges par ses mesures habituelles d’autocorrection et d’ajustement et lorsque les  » solutions de bon sens  » créent un peu plus de permanence, il entre alors en crise cela signifie qu’au sein du système, des changements d’un autre niveau .. s’imposent et que, s’ils ne sont pas introduits, le système tombe malade. » 1

L’axe de toute adaptation consiste à concilier l’élan correcteur avec le besoin de participer aux étapes et aux objectifs. Les divers langages utilisés historiquement et couramment dans les sphères politiques libanaises composent la même  fermeté des mots pour la négligence des actes. Ils traduisent presque toujours un résultat décalé, provisoire et incomplet ou médiocre pour longtemps à cause de l’erreur, de l’évitement, du blocage et de l’irresponsabilité de l’autre mais jamais de soi. Faire convenir la parole à l’acte, la responsabilité au devoir sans aucune prévalence, le suivi de la tâche à la rigueur de la coordination et le résultat de toute fonction à des comportements  qu’on assume pleinement, de la famille, du parti, des institutions et des divers contextes de notre société semble être une perspective irréalisable ou futuriste.

Elle est pourtant cette donne incontournable pour que le citoyen soit convaincu et partie prenante des projets de réformes politiques, de la comptabilisation des actes, de nouvelles initiatives indépendantes, non formatées et des ambitions constructives de notre société civile. En fin de compte comment faire bouger les choses autrement sans convaincre le bon sens perturbé du libanais par sa vérification sensée de tout verbe officiel, circonstanciellement prometteur ou accusateur et par sa connaissance au préalable des conséquences de chaque suspension sur son mode de vie ?!

Pour ne plus rester spectateur de sa propre résignation au faux choix, le libanais peut redécouvrir sa propre expérience vivante et effective de la citoyenneté entre ses proches, ses voisins et partenaires et l’utilité fonctionnelle dans sa communauté.
Il peut proposer ses services sans être nécessairement appelé et ce, afin de réanimer des municipalités inertes, des clubs sans motivations plurielles, des personnes ruinées dans le besoin ..

Ainsi, la citoyenneté devient ce projet de rencontre effective entre nos composantes pour répondre par rapport aux moyens de chacun aux besoins de tout autre. Le service vécu dans des contextes multiples, géographique, matériel, cognitif, émotionnel devient un indicatif réel. Celui de la sérieuse implication des uns pour les autres, basée sur des initiatives et des comportements utiles et évolutifs.
Ils peuvent abattre des murs de préjugés, de fausses interprétations avec une communication engagée sans peur et sans plus attendre.

Le but principal est de former, d’initier et de rétablir une identité démocratique intégrée à notre quotidien engagée aux choix productifs, au respect des obligations, à la récupération des biens légitimes et à  une appartenance nationale vécue pour construire tout changement.


1 Pascal Guibert sur les processus du changement de Gregory Bateson.