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Le Tribunal Spécial pour le Liban a rendu son verdict dans le cadre de l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri, le 14 février 2005, cela en présence des familles des victimes dont l’ancien Premier Ministre Saad Hariri. Sont accusés 4 membres du Hezbollah. Le Tribunal a également indiqué qu’aucune preuve concernant l’implication directe du Hezbollah ou de la Syrie n’a été trouvé dans le cadre de cette enquête.

Au final, le TSL a également estimé que seul Salim Ayyash serait directement impliqué dans la tentative d’assassinat de l’ancien premier ministre puisqu’il possède un des 6 téléphones mobiles utilisés dans le cadre de l’opération terroriste. Quant à Oneissi et Sabra, ils ont été innocentés faute de preuves à leurs encontre.

La sentence à l’encontre de Salim Ayyash sera prononcée le 21 septembre.

Le tribunal a d’abord rendu hommage avec une minute de silence aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth, du 4 aout 2020.

Le juge David Re, président de la chambre de première instance, a commencé par rappeler les circonstances de l’attentat qui a couté la vie de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri, et présenté les personnes suspectées d’être impliquées dans cet acte. Ainsi, selon le juge, une équipe de membres du Hezbollah aurait surveillé les mouvements de Rafic Hariri, les derniers jours avant son décès.

Ainsi Badreddine – tué dans un attentat à la bombe à Damas en 2016 – et Ayyash auraient observé notamment les mouvements de l’ancien premier ministre pour préparer l’attaque. Les 4 individus sont jugés par contumace, rappelle le magistrat qui chiffre à 297 personnes, le nombre de témoins.

David Re accuse les 4 membres du Hezbollah d’avoir utilisé les réseaux de télécommunication mobile pour coordonner l’assassinat de l’ancien Premier Ministre à l’aide de 2.5 tonnes d’explosifs, cela pour des raisons politiques et non pour des raisons personnelles.

Les preuves sont constituées sur l’étude de millions d’appels téléphoniques en plus de ceux qui ont été menés à proximité du parlement et des lieux de l’attentat lui-même.

Abordant le dossier politique, David Re a exposé le contexte de l’époque, avec la résolution 1559 ou encore l’occupation syrienne du Liban depuis la fin de la guerre civile. Il a ainsi rappelé que les anciens ministres Marwan Hamadé, Fouad Saniora, ou encore Walid Joumblatt et Jamil el Sayyed ont tous témoigné à ce sujet.

La tentative d’assassinat de l’ancien ministre Marwan Hamadé constituait ainsi, un avertissement adressé à Rafic Hariri et Walid Joumblatt.

Les preuves recueillies démontrent une domination syrienne sur le Liban et que les autorités de Damas souhaitaient l’extension du mandat de l’ancien Président de la République Emile Lahoud, via un amendement de la constitution libanaise. Le Président syrien Bachar el Assad aurait alors ordonné à Rafic Hariri de soutenir cette prolongation.

La Syrie et le Hezbollah pourraient avoir eu des motifs à assassiner Rafic Hariri et auraient bénéficié de l’acte mais il n’y a pas de preuves que le Hezbollah et la Syrie soient impliqués dans l’assassinat, note le juge.

Feu le Premier Ministre rencontrait ainsi régulièrement des responsables syriens payait des millions de dollars aux responsables syriens comme à Rustom Ghazalé, chef des services de renseignements syriens au Liban, afin de préserver une relation cordiale avec eux. Rustom Ghazalé aurait été payé quelques jours seulement avant l’assassinat, ce qui pourrait être considéré “comme un paiement final”.

Il note aussi qu’il existait des relations cordiales entre le dirigeant du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah et le défunt Premier Ministre.

Prenant la suite, la juge Janet Nosworthy a ensuite détaillé les conséquences immédiates qui ont suivi l’assassinat de l’ancien premier ministre.

L’assassinat aurait été mené par une camionnette piégée conduite par un kamikaze qui n’a pas encore été identifié jusqu’à présent. Il ne s’agirait pas d’Abu Adass. Les explosifs ont été placés dans cette camionnette qui avait été volée au Japon avant d’être acheminée au Liban via les Emirats Arabes Unis. Elle avait été vendue à Tripoli à 2 hommes qui n’ont pas été identifiés.

Aucune preuve n’existerait quant l’implication d’Abu Adass dans l’attentat, la revendication de l’attentat étant fausse.

La juge Micheline Braidy a ensuite exposé les parcours de chaque accusé avant que le tribunal entame une suspension de séance de 30 minutes.

Reprise de la session après la pause, avec l’énumération des évènements, le 14 février 2005 et l’utilisation des différents réseaux téléphoniques mobiles.

La logique la plus “forte” tirée de l’enquête serait que ceux qui ont placé les explosifs feraient partie d’une conspiration ou qu’ils jouiraient d’une confiance qui leur permet de ne pas être exposés. “Nous ne pouvons pas déterminer quelle est la véritable situation”

Les individus accusés du crime sont associés et les preuves suggèrent que l’assassinat était politique.

Selon la juge, les preuves vis-à-vis de 3 des 4 personnes jugées aujourd’hui seraient insuffisantes. Seul, Ayyash est reconnu coupable d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri. Oneissi et Sabra sont innocentés faute de preuve à leurs encontre.

Le direct de la session

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