Déjà une semaine que ce que certains appellent “Saoura” (la Révolution) a commencé, avec les mêmes schémas, à savoir le blocage des axes principaux du Liban et des manifestations au centre-ville de Beyrouth.

Déjà un certain mieux est constaté, les protestataires ne bloquent plus totalement les régions libanaises, les unes des autres. Les premiers jours, même les ambulances ne pouvaient pas circuler. Maintenant elles le peuvent.

Cependant, à force de rester sur la même thématique, c’est à dire le blocage, cet appel à la lutte contre une classe politique corrompue et contre la crise économique, pourrait, petit à petit, se fatiguer ou encore se couper d’une partie de la population, notamment en raison des barrages routiers.

Cela se fait donc pour un temps mais à force aussi, l’habitude fini par s’installer et rien n’est plus tue-amour que l’habitude.

Une journaliste évoquait, il y peu de temps, le nombre de grossesses qui auront lieu durant ces évènements. Outre le caractère outrancier et non professionnel de la chose qui n’est pas surprenante de sa part, il faut convenir qu’il s’agit effectivement d’une Histoire d’amour d’un peuple qui se retrouve dans toutes ses composantes dans la rue, ses communautés religieuses et socio-économiques.

C’est un peu justement parce qu’une relation s’est établie entre manifestants avec ses demandes et la population en général qui est également excédée, fatiguée qu’il s’agit de se réinventer.

Se réinventer, ce n’est pas en terminer, loin de là. Le fait d’avoir réussi, de manière spontanée, à amener 1.5 millions de personnes dans la rue est chose extraordinaire mais il s’agit aussi à savoir désormais s’organiser, se fédérer, ne pas se laisser instrumentaliser, ne pas se laisser voler cette Saoura, parce que les partis, tous dans leur ensemble, pourraient en rêver.

Sur quelles formes poursuivent la Saoura?

Elle peut être artistique. On constate à Tripoli, considérée précédemment comme Kandahar par beaucoup de Libanais, une scène musicale, un peu de techno contre les autorités, avec des jeunes qui dansent, libre. Le rock, le punk, le grunge étaient déjà des expressions de liberté par rapport à un système.

Concrètement aussi, il faut désormais aussi aller de l’avant. Le problème principal aujourd’hui est que cette Saoura fait face à un potentiel échec tout de même:
En 2005, la Révolution des Cèdres était soutenue par la communauté internationale. Aucun pays aujourd’hui ne soutient officiellement la Saoura en dépit d’une forte sympathie pour le mouvement de la part des peuples de ces pays qui se retrouvent, en Algérie, au Chili, en Bolivie et en Irak pour ne citer qu’eux, face aux mêmes problèmes de pauvreté, de corruption ayant provoqué de graves inégalités au niveau des classes sociales. Le miracle est qu’au Liban, la population a tant attendue pour finir dans les rues.

Mais également, il faut des visages, des portes-paroles, des personnes qui mettent en avant des propositions concrètes mais surtout, aussi, applicables par rapport aux problèmes.
On constate, au fur et à mesure, des écarts entre les revendications du Nord au Sud Liban, certaines devenant politiques. Il s’agit de concrétiser l’union du peuple libanais autrefois divisé par les hommes politiques via des partis confessionnels selon la locution latine “divide et impera“, plus connue sous cette forme “diviser pour mieux régner“.

Le fait même, que les autorités politiques le soulignent, doit être considéré comme une ouverture d’un dialogue avec les manifestants et non comme quelque chose d’inacceptable, à rejeter automatiquement.

C’est surtout en ayant une structure, qui pourra mobiliser à la demande, à formuler de nouveaux moyens d’actions peut-être ou quand descendre dans la rue comme par exemple les Gilets Jaunes en France, qui ont réussi à durer presque un an que ce mouvement pourra se poursuivre, jusqu’à aboutissement de ses revendications qui sont partagées par une immense majorité, que cela soit les libanais sur les routes ou ceux qui restent chez eux ou ceux qui ont été dans l’obligation de partir, parce qu’elles sont justes.

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