Contrairement à certains pays arabes, le Liban n’a eu de femmes ministres que très récemment. En effet, les premières femmes n’ont intégré un gouvernement libanais qu’en 2004.

Pourtant, le Liban figurait parmi les premiers états ayant accordé un droit de vote théorique aux femmes, dès 1926, puisque selon la constitution, tout libanais et par conséquence, libanaise, est égal en droit et en devoir. Cependant, le droit de vote effectif sera accordé en 1952. Il était alors réservé aux femmes titulaires d’un certificat d’études primaires jusqu’en 1957. Il sera étendu ensuite à toute la gente féminine.

En 1960, Mounira Solh sera la première femme à se présenter aux élections parlementaires dans la circonscription de Beyrouth. Elle se portera également candidate aux élections de 1964 et 1968. Elle ne sera cependant jamais élue.

Le première femme, Mme Myrna Boustany el-Khazen, sera élue député le 9 Mai 1963, au siège maronite du Chouf.

Trois femmes entreront au Parlement lors des élections législatives de 1992. Ce scrutin a fait l’objet d’une vive polémique suite au boycott des électeurs des régions chrétiennes qui réclamaient le retrait préalable des troupes syriennes. À noter également qu’Inaya Ezzeddine, sera la première femme chiite élue au Parlement libanais lors des élections législatives de mai 2018. Elle y rejoint Paula Yacoubian, Roula Tabsh, Bahia Hariri, Sethrida Geagea, et Dima Jamali dont le mandat a été invalidé par le Conseil Constitutionnel.

Leila Solh Hamadeh et Wafaa Diqa Hamzé, premières femmes ministres en 2004

Mais ce n’est qu’en 2004 seulement que seront nommées les premières femmes ministres. Il s’agissait alors de Leila Solh Hamadeh, ministre de l’Industrie, fille du Père de l’Indépendance Riad el Solh et de Wafaa Diqa Hamzé, proche du Président de la Chambre Nabih Berry, qui sera nommée ministre d’État chargée des Affaires parlementaires.

Elles seront alors membres du gouvernement d’Omar Karamé. Le Liban entrait dans une période mouvementée avec l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafic Hariri et les événements qui suivront, jusqu’à la démission du cabinet, le 13 avril 2005. Omar Karamé, dit-on, lui qui avait eu son frère Rachid, également ancien Premier Ministre assassiné lors de la Guerre Civile, avait été ému par le discours à la Chambre de Bahia Hariri.

Veuve de l’ancien ministre Majed Hamadé, fils de l’ancien président du Parlement Sabri Hamadé, Leila Solh continue son action sociale quelque peu en dehors des sentiers battus en gérant au Liban la Fondation du prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud, dont elle est vice-présidente.

Après la démission d’Omar Karamé, les noms de Leila Solh Hamadé et de Bahia Hariri ont été évoqués pour un temps comme locataires du Grand Sérail, siège du Premier Ministre à Beyrouth, afin de mener d’organiser des élections législatives et organiser la transition. Finalement, il reviendra à Nagib Mikati, la lourde charge d’y procéder.

Quant aux femmes ministres qui ont succédé à ces pionnières, elles n’ont pas été si nombreuses et se comptent quasiment sur les doigts des mains. Ainsi, seront nommées

  • Nayla Mouawad comme ministre des Affaires Sociales du Gouvernement Saniora I (2005-2008),
  • Bahia Hariri, ministre de l’éducation nationale du Gouvernement Saniora II (2008-2009),
  • Raya Hassan, Ministre des Finances et Mona Ofeich avocate de formation, Ministre d’Etat, toutes les 2 appartenant au Gouvernement Saad Hariri I (2009-2011),
  • et Alice Shabtini, Ministre en charge des déplacés du gouvernement Tamam Salam (2013-2016).

Les femmes au sein du gouvernement Hariri III

À cette liste, se joignent aujourd’hui,

  • À nouveau, Raya Hassan, première femme ministre de l’Intérieur d’un pays arabe et qui s’est faite remarquée sur la question du Mariage Civile dont elle est partisane,
  • Nada al Boustani, Ministre de l’Énergie et des Ressources Hydrauliques, un ministère clé dans le cadre de l’application du programme CEDRE visant à relancer la croissance économique,
  • Violette Safadi, Ministre d’état pour les affaires sociales et la réhabilitation économique de la Jeunesse et des femmes
  • et enfin May Chidiac, Ministre d’État en charge du Développement administratif.

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