Les obligations libanaises cotées à l’étranger ont vu leurs prix chuter. Les émissions arrivant à échéance le 9 mars prochain voient ainsi leurs valeurs s’effondrer, s’établissant désormais à 53.7 cents contre une valeur nominale de 1 USD. Elles étaient encore cotées à 89 cents, début février.

Les autres émissions obligataires seraient cotées à 25 cents pour celles de mars 2028. Cette information intervient alors que la majorité des agences de notation internationales, comme Standard & Poor’s ou encore Moody’s, considèrent le Liban comme étant en défaut de paiement en fin de semaine dernière.

Cet effondrement intervient dans le contexte d’une probable annonce de mise en défaut par le gouvernement libanais, le ministre des finances étant enclin à cette procédure pour faire face à l’important endettement public qui atteindrait 166% du PIB. Le Liban fait face au remboursement de 1.2 milliards de dollars, le 9 mars prochain, une somme difficilement remboursable, estiment les experts, en raison de la baisse des réserves monétaires comme cela fut le cas en mai et en novembre 2019. Il s’agissait alors de la Banque Centrale et non du Ministère des Finances qui a a procédé à ces remboursements.

Ainsi, le gouvernement a demandé l’aide technique du Fonds Monétaire International qui devrait prochainement faire part de ses conseils, une équipe ayant séjourné entre le 20 et le 23 février à Beyrouth pour examiner les différents scénarios possibles. Le gouvernement libanais aurait également mandaté un cabinet d’avocat international qui devrait négocier avec les créanciers internationaux et ainsi éviter des plaintes devant la justice internationale et la saisie de biens en cas de défaut.

On avait appris, début février, que des banques libanaises avaient refusé le SWAP proposé par la Banque du Liban pour les obligations arrivant à maturité en mars prochain, pour les revendre sur les marchés à des créanciers étrangers en dépit d’une chute du cours de ces obligations.  Ainsi, certaines de ces banques libanaises se seraient débarrassés d’une partie de ces obligations, auprès de 2 fonds en particuliers, Ashmore Group et Fidelity Group. Selon certaines informations, ces derniers tenteraient de faire pression sur les autorités libanaises alors que celles-ci envisagent d’annoncer un défaut de paiement.

Les banques libanaises tenteraient ainsi également de faire ainsi pression sur les autorités afin de voir les obligations libanaises être honorées, et ainsi probablement de financer une partie de l’augmentation de leurs capitaux, conformément à une demande déjà véhiculée par l’Association des Banques du Liban (ABL). Cependant, cette stratégie pourrait encore aggraver l’endettement public, un des plus importants au monde avec une dette atteignant 91.6 milliards de dollars alors que les experts indépendants notent que les réserves monétaires devraient plutôt servir à assurer le financement des produits de première nécessité, blé, médicaments ou essence à destination de la population libanaise durement impactée par la crise économique.

Pour rappel, la mise en défaut de paiement est un préalable nécessaire à l’ouverture de négociation avec les principaux créanciers et à la restructuration de la dette publique Alors que certains créanciers tenteraient actuellement de constituer un groupe pour négocier une restructuration de la dette publique, Ashmore Group ferait bande à part et exigerait un remboursement des obligations arrivant à échéance en mars prochain dont il détiendrait pour près de 300 millions de dollars.

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