Le Premier Ministre Hassan Diab a indiqué que la décision de payer les obligations libanaises arrivant à échéance pour un montant de 1.2 milliards de dollars ou d’annoncer un défaut de paiement sera annoncée ce vendredi 6 mars ou ce samedi 7 mars.

Il s’agira, toujours selon le Premier Ministre, de sauvegarder les intérêts “des petits et des déposants moyens”.

Cette décision intervient alors que le gouvernement libanais est soumis à un intense lobbying de la part des banques locales mais aussi de certains créanciers qui souhaitent ainsi voir ces sommes être déboursées via les réserves monétaires de la Banque du Liban.

Les réserves monétaires de la BDL seraient en train de s’épuiser, notent les agences de notation internationales et les experts indépendants. Les réserves monétaires brutes seraient descendues sous le seuil de 30 milliards de dollars, les réserves monétaires nettes ou liquides ne seraient estimées qu’à 4 ou 10 milliards de dollars selon les agences de notation. Suite à la crise du dollar ou pénuries de devises sur le marché local, la Banque du Liban garantit en effet sur ses réserves l’achat de produits de première nécessité dont le blé, les médicaments ou encore l’essence, ce qui en augmente encore plus le stress.

Ainsi, les experts indépendants soulignent que les réserves monétaires actuelles devraient plutôt être réservées à l’achat de marchandises de première nécessité au bénéfice de la population, comme le blé, les médicaments ou encore de l’essence. Si remboursement des obligations, il y a, un rapport d’une agence de notation estimait que se produiraient alors d’importants troubles socio-économiques de nature à engendrer une crise de plus grande ampleur encore.

Face à cette situation, les autorités libanaises envisagent de mettre le Liban en état de défaut de paiement, un préalable à l’ouverture de négociation avec les organisations créancières en vue de restructurer l’importante dette publique qui atteint plus de 91.68 milliards de dollars soit 166% du PIB.

La dette externe dépasserait 31 milliards de dollars, la dette interne 52 milliards de dollars environ, dont 60% seraient détenus par la Banque du Liban et le solde en grande partie par les banques libanaises. En cas de défaut de paiement, les banques libanaises – déjà confrontées à une possible panique bancaire qui les a amenées à instaurer un contrôle des capitaux avec limitation des retraits et interdiction des transferts à l’étranger sauf cas exceptionnel dès le mois de novembre – pourraient ainsi perdre une grande partie de leurs actifs actuels, ce qui les mettrait en difficultés. C’est la raison pour laquelle, la Banque du Liban avait demandé aux établissements financiers locaux, une augmentation de leur capital à hauteur de 20%.

Par ailleurs, cette information intervient alors que le Ministère de la Justice a décidé d’ouvrir une enquête sur la vente par les banques libanaises d’importantes portions d’Eurobonds arrivant à échéance cette année, à des fonds vautours comme Ashmore Group.

Ces fonds tenteraient de faire pression sur les autorités libanaises pour obtenir le paiement de ces Eurobonds obtenus à prix réduit alors que celles-ci envisagent d’annoncer un défaut de paiement. Les banques libanaises tenteraient ainsi également de faire ainsi pression sur les autorités afin de voir les obligations libanaises être honorées, et ainsi probablement de financer une partie de l’augmentation de leurs capitaux, conformément à une demande déjà véhiculée par l’Association des Banques du Liban (ABL). 

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