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L’ambassadeur du Koweït au Liban, Abdel-Al-Qenaei, a annoncé ce samedi que son pays financera la reconstruction des silos à blé du port de Beyrouth, détruits dans l’explosion du 4 août 2020.

S’exprimant sur les ondes de la Voix du Liban, le diplomate a ainsi estimé que la meilleure manière d’apporter une aide au Liban et déjà de reconstruire cette infrastructure jugée critique pour le pays des cèdres. Il a ainsi rappelé que ces silos ont été construits dans les années 1969 par un financement du fond koweïtien pour le développement.

Egalement, Abdel-Al-Qenaei a annoncé la tenue prochaine conférence internationale suite à une initiative des Nations unies pour voir “comment les pays peuvent intervenir ou fournir ce qu’ils peuvent pour réparer les dommages. Le Koweït devrait participer à cette conférence, souligne-t-il, avant d’indiquer que la contribution de son pays est de 41 millions de dollars, 30 millions au titre d’engagements antérieurs et 11 millions sous forme d’aide humanitaire, médicale et alimentaire.

Le diplomate a rappelé que le Koweït a établi un pont aérien suite à cette catastrophe. Au total, le Koweït aurait déjà convoyé 800 tonnes d’aides humanitaires par 18 rotations d’avions.

Les silos à blé du port de Beyrouth ont été construits entre 1968 et 1970 par l’entreprise tchécoslovaque Průmstav et un financement partiel par le fonds de développement koweïtien avec un prêt à hauteur de près d’un million de livres sterling à 4% de taux d’intérêt. Le gouvernement libanais contribuera par ailleurs avec la somme de 2.2 millions de livres sterling.

Les travaux de construction des silos seront inaugurés par le Président Charles Hélou et l’Emir du Koweït d’alors, Sabah al Salim Sabah., le 16 septembre 1968.

Ils pouvaient contenir jusqu’à 120 000 tonnes de céréales dont 50 000 tonnes de blé. Au moment de l’explosion, les stocks étaient réduits à 17 000 tonnes de blé. Youssef Beidas, palestinien et fondateur de la Banque Intra était à l’origine de cette initiative. L’établissement financier fera faillite quelques temps après.

Il s’agissait alors de mettre en place un centre de distribution régional de céréales au Liban qui servirait également desservir les pays alentours. Le blé était alors principalement importé d’Australie ou encore des Etats-Unis.

Pour l’heure, le ministère de la santé indique toujours que plus de 181 personnes sont décédées, plusieurs dizaines de personnes toujours portées disparues et plus de 7 000 personnes ont été blessées dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion.

La piste d’une explosion accidentelle de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’intérieur d’un entrepôt du port de Beyrouth, saisies en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique, le dimanche 9 août, une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

Les dégâts seraient estimés entre 10 milliards à 15 milliards de dollars.

Pour l’heure, 25 personnes seraient actuellement détenues dans le cadre de l’enquête concernant cette explosion. Parmi eux, le directeur du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, ainsi que le directeur des services de la douane libanaise Badri Daher, tous 2 mis en examen par le juge d’instruction Fadi Sawwan, en charge de l’enquête.

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