Alors que le Liban peine encore à aborder l’Histoire du conflit de la guerre civile de 1975 à 1990 à quelques jours de la 43ème commémoration de son début, l’INA (l’Institut National de l’Audiovisuel a mis en ligne une série de vidéo et de documents de la genèse – avec les accords du Caire de 1969 et le fameux septembre noir en Jordanie, pays qui expulsera plusieurs milliers de combattants palestiniens vers le Sud Liban-, au véritable début, avec l’incident d’Ein Remmeneh le 13 avril 1975 jusqu’aux dernières phases de la guerre sur son site.

On y retrouvera notamment les différentes batailles de cette guerre – guerre des hotels, attaque contre Damour, invasion israélienne de 1978 ou de 1982, etc… –  et des déclarations des personnalités aujourd’hui défuntes, comme Bachir Gemayel, Pierre Gemayel, Yasser Arafat, ou encore vivantes.

Ainsi, l’INA aborde la difficile origine de cette guerre civile qui fera plus entre 130 000 et 250 000 morts durant 15 ans, alors que le Liban compte toujours actuellement plus de 17 000 disparus. Des opérations militaires israéliennes en réponse aux tirs palestiniens au Sud Liban, des massacres des populations civiles par les différents protagonistes, de l’intervention syrienne au Liban à celle des forces internationales en 1982 et des différentes phases du chaos, les autorités libanaises semblent vouloir aujourd’hui mettre le voile sur les responsabilités des différents partis dont certaines personnalités demeurent toujours au pouvoir. Il aura donc fallu qu’un organisme étranger, français en l’occurrence nous rappelle cette terrible période par laquelle nous sommes passés, qui nous parfois pris des être chers ou laissés d’indiscutables cicatrices parfois toujours ouvertes.

Le devoir de mémoire doit être également un devoir citoyen fait par chacun, aucun monument, aucun musée aujourd’hui ne peut réunir les libanais, il existe bien ici ou la quelques projets mais qui ne sont pour l’heure que toujours quelques esquisses qui trainent, toujours 43 ans après. On évoque le fait qu’il ne faille pas ouvrir ses plaies pour ne pas engendrer un nouveau conflit. Mais ce conflit justement a laissé des plaies, auprès des familles des disparus qui n’ont pas pu faire leurs deuils, auprès des familles des victimes qui n’ont pas eu justice.

Pour ne pas recommencer demain, les erreurs du passé, c’est au Liban même, et non ailleurs que les 43ème commémorations du début de la guerre civile doivent être menées. Il est nécessaire d’avoir un élan transcendant les différentes communautés, qui, rassemblées, deviennent une nation, et qui ainsi pourra abordée son Histoire même conflictuelle, sereinement en sachant, non pas oublier mais se souvenir et pardonner.

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