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Avec le Liban dans le cœur et sa passion pour ce pays comme moteur, Jinane Chaker Sultani Milelli, malgré les distances qui la séparent de sa patrie natale, œuvre constamment, à travers moult activités orchestrées en France comme au Maroc, pour la promotion de la Culture et de l’Histoire libanaise.

Editrice et auteur franco-libanaise, sociologue de formation, également orientée vers le domaine de la gestion des ressources humaines, elle est avant tout libanaise de cœur, et elle le prouve bien. Sa dernière activité en date, est celle du lancement de deux timbres commémoratifs à l’effigie de deux grands Hommes de l’Indépendance du Liban. Pour en savoir plus, Libnanews rencontre Jinane Milelli, qui nous éclaire d’avantage sur un événement qui se déroulera bientôt en France autour du lancement de ce projet philatélique.

Libnanews : Racontez-nous comment est née l’idée de la création de ces timbres et qui a pris part à ce projet.

Jinane Milelli : L’idée est née d’une rencontre amicale avec Élie Aouad, compatriote franco-libanais à Paris, philatéliste et président de l’association Léba-France. Nous avons voulu mettre à l’œuvre notre façon de parler du Liban autrement. Présidente Régionale de l’ULCM Maroc-Afrique du Nord, je voulais insérer ce projet de timbres dans le cadre d’un projet culturel au nom de la diaspora libanaise, dédié à la Princesse Lamia El-Solh, fille de Riad El-Solh et épouse du prince Moulay Abdellah, le fils cadet du Roi Mohammed V.

Le projet a été  initié à ma demande au nom de l’ULCM Maroc-Afrique du Nord et  Léba France représentée par M. Elie Aouad. Cette collaboration dans les différents domaines culturels ne date pas d’aujourd’hui, un collectif similaire avait permis l’émission du timbre de « l’Emigré Libanais » en 2012.

Lib : Quel est le but derrière la création de ces timbres ?

JM: L’autre visage du Liban, est aussi dans son Histoire, à travers ses Hommes qui ont œuvré ensemble pour constituer aux générations à venir, cette part de l’Histoire. Et quand je parle d’Histoire, ce n’est pas seulement de la politique … L’Histoire du Liban est un ensemble constitué de plusieurs paramètres qui ont fait de nous des Libanais qui rayonnent dans le monde entier, en dépit de notre quotidien au pays, lourd de conséquences.

Le but de ces timbres au nom des « Hommes de l’indépendance » est de leur rendre ainsi hommage au nom de la diaspora libanaise en tant qu’artisans du Pacte National ; un pacte qui a scellé l’entente islamo-chrétienne, et bien au-delà̀, le désir de constituer ce pays indépendant qu’est le Liban.

Lib : La création de timbres adoptés par le gouvernement libanais est un travail de longue haleine. L’idée a-t-elle été bien accueillie par l’Etat libanais au début ? Avez-vous rencontré des difficultés pour l’émission de ces timbres ?

JM: Ce fut le parcours du combattant ! Mais nous avons réussi à braver les étapes. De l’idée née autour d’un dîner amicale, de plusieurs échanges à travers les frontières, je me retrouve en train d’écrire un mail au Ministre Boutros Harb lui proposant le projet. La réponse fut rapide et sans hésitation. L’été 2014, une délégation constituée des membres de l’ULCM, accompagnée du Président de Léba France, a été reçu par le ministre validant le projet. On pensait les avoir pour le 22 novembre 2014, date de l’indépendance du Liban. La complexité administrative et sa lenteur passant par ces clivages à droite et à gauche, ont fait que ces timbres n’ont vu le jour, que le 14 juillet 2015. Ce sont des timbres en série limitée ce qui a nécessité l’accord d’un conseil des ministres, et ce fut en octobre 2014. Ne voyant pas les timbres imprimés, je me suis déplacée en juin 2015  pour rencontrer le Ministre Boutros Harb et faire le point avec lui. C’était aussi l’occasion de rencontrer Mme la ministre Leila El Solh pour lui présenter personnellement ce projet.

Lib : N’avez-vous pas été découragé à un moment ou un autre ?

JM: Je veux rester dans l’idée positive et oublier un peu ces difficultés qui ont failli avoir ce projet … Loin des clivages politiques, mon intention est toujours de parler positivement du Liban, le Liban autrement… Il y aura toujours au pays du Cèdre des volontaires et des adeptes de la bonne intention… Tout n’est pas mauvais dans mon pays natal.

J’en profite ici pour remercier toutes les personnes qui ont participé à l’évolution et à l’aboutissement de ce projet. Je ne les citerai pas, ils se reconnaîtront d’eux-mêmes. Un tel projet ne pouvait pas aboutir sans leur participation effective.

Lib : Chaque timbre est le témoin d’une étape marquante ou d’une personnalité importante de l’Histoire d’un pays, et votre choix de deux sommités de l’époque de l’Indépendance en est une preuve. Expliquez-nous pourquoi Bechara el-Khoury et Riad el-Solh ?

JM: Initialement ce projet, comme son titre l’indique,  » Des Hommes de l’Indépendance », est un projet d’une série de timbres concernant l’ensemble des hommes politiques qui ont fait l’Indépendance du Liban. Nous avons voulu, Elie Aouad et moi, les publier par binôme et avons fait le choix de  commencer par Béchara El-Khoury et Riad El-Solh, le Président de la République et son Premier ministre. Le message derrière ce projet est de : Rappeler des faits et des hommes qui ont scellé le pacte national et l’entente entre Libanais. Plus que jamais, ce message est d’actualité !

Parfois, en tant qu’auteur initial de l’idée, vous pouvez vous trouver piégée par son succès … Et à la longue,  Il y a risque avec certains, de voir passer vos idées ailleurs. Je remercie encore le Ministre Boutros Harb, de sa bienveillance et de son engagement… Sans lui, ce projet n’aurait pas vu le jour.

Lib : Parlez-nous de votre événement prévu le 8 octobre à Puteaux, et quelles sont les activités ultérieures que vous prévoyez pour la promotion et la diffusion de ces timbres ?

JM: Le 8 octobre, sera l’occasion de rencontrer mes compatriotes franco-libanais et leur présenter l’aboutissement d’un long processus en exposant ces timbres parus le 14 juillet 2015. Seulement 600 enveloppes timbrées et datées ont été imprimées par Liban Post.

Pourquoi le 8 octobre ? L’histoire témoigne d’un discours souvent oublié, celui de Riad El-Solh, le 7 octobre. Ce discours qui fut l’annonciateur de l’indépendance du Liban, le 22 novembre 1943. Ma conférence sera autour de ce sujet et je serai accompagnée de M. Bahjat Rizk, notre attaché culturel à L’UNESCO et Élie Aouad, philatéliste et Président de Léba France.

Jinane Milelli et Elie Aouad
Jinane Milelli et Elie Aouad

Lib : Il est certain que le projet « Les Hommes de l’Indépendance » ne restera point un projet orphelin. Quelles sont vos prochaines aspirations ?

JM: Il est certain que ce projet ne restera point orphelin…D’autres sont déjà en cours… Notre façon de travailler, Elie Aouad et moi, fut productive et basée sur une confiance réciproque et respectueuse de la tâche qui incombait sur nous deux en tant que binôme. Nous sommes déjà partis sur d’autres projets de timbres aux noms de personnes qui ont participé à notre culture libanaise et qui en sont des géants, des colosses. Je n’ose pas citer leurs noms publiquement, de peur de plagiat d’idées, ce mal qui ronge notre société et qui mine le travail de nos créateurs …

Lib : Enfin, pour clore cette interview, un dernier mot de votre part Jinane Milelli.

JM: Mes remerciements vont à son Excellence, M. Ghady El-Khoury, chargé d’affaires, a.i du Liban en France, qui a bien voulu que cet événement se déroule sous son haut patronage ;  à notre attachée culturelle, Mme Carole Dagher ainsi que M. Abdallah Naaman, qui nous ont reçus, Elie Aouad et moi, et qui nous ont encouragés à organiser cette conférence et cette exposition ; également, mes remerciements vont  à l’association Puteaux Liban Amitiés, à la Mairie de Puteaux, en la personne de son conseiller Municipal, M. Moussa Ghanem, qui a bien voulu accueillir cet événement en ses lieux, à l’amphithéâtre Jules Vernes, et à ULCM Conseil de France et sa présidente Mme Artémis Kairouz.

Enfin, je conclue en soulignant que ce travail est dédié aux pays du Cèdre au nom de la diaspora libanaise. Des Libanais des frontières s’activent encore au nom du pays afin que son nom rayonne davantage. La diaspora libanaise, par le biais de ces Libanais des frontières s’associe aux Libanais de la terre en espérant trouver à nouveau l’union et l’entente nationale.