Ainsi, on a appris que la Banque du Liban continue à dilapider ses réserves monétaires simplement pour gagner du temps au lieu de prendre en compte le fait que tout simplement, sa guerre contre la restructuration de la dette publique et en parallèle la défense de la parité entre Livre Libanaise et dollar est déjà perdue.

Ainsi, la Banque du Liban aurait souscrit pour 3 milliards de dollars d’obligations à taux réduit à 1% émises par le Ministère des Finances le mois dernier, afin de financer les salaires d’une fonction publique qui apparait de plus en plus incompétente aux yeux de nombreux libanais.
Auparavant déjà, elle avait remboursé au compte du Ministère des Finances, 1.5 milliards de dollars en novembre et 650 millions de dollars d’obligation arrivées à échéances en plus du service de la dette pour laquelle le Ministère des Finances n’arrive plus à faire face. Situation aggravante, le déficit budgétaire est estimé aujourd’hui à 11.9% en 2019 en raison de l’absence de croissance et de la crise économique.

À cela s’ajouteront les 5 milliards de dollars arrivant à échéance pour 2020 et la défense en parallèle de la Livre Libanaise, alors que de nombreuses inquiétudes sont présentes sur la capacité financière même de la Banque Centrale en raison des interrogations sur le niveau réel de ses réserves monétaires nettes. Riad Salamé persiste à donner les chiffres des réserves monétaires brutes mais non des réserves monétaires nettes et pour cause: selon certaines estimations, elles sont déjà épuisées, pour d’autres, elles ne seraient situées qu’entre 5 et 10 milliards de dollars, soit à un niveau où l’institution serait incapable de respecter ses engagements.

Justement en évoquant cela: La Banque du Liban ne respecte pas ses engagements à fournir, en parallèle ces fameux billets verts à l’achat de blé, de médicaments et d’autres produits pourtant de première nécessité pour la population, comme si verser de l’eau dans les ustensiles bien percés de l’état ou toujours favoriser les profits des banques étaient bien plus importants que le fait même de nourrir et de soigner la population libanaise.

Il est nécessaire aujourd’hui, non plus de parer aux finances de l’état face aux déficits qui continuent à s’accroitre avec désormais plus de 154% du PIB ou des banques qui ont trop abusé ces dernières années des ingénieries financières au détriment de la Banque Centrale (un coût de 24 milliards de dollars pour la BDL pour gérer seulement 16 milliards de dollars de profits pour les établissements bancaires privés), encore moins de défendre la Livre Libanaise, qui est une bataille déjà perdue en regard à l’instauration d’une parité parallèle à la parité officielle et d’un contrôle du capital qui est équivalent déjà à un défaut pour tous les spécialistes de la question.

L’heure est grave et il est peut-être temps de remettre en cause cette politique monétaire qui est un des facteurs ayant le plus favorisé la crise économique par laquelle le Liban passe. Ainsi, le maintien d’une parité artificielle et d’une monnaie surévaluée en présence d’une main d’oeuvre alternative à la main d’oeuvre libanaise est l’une des principales causes au chômage.

Tout comme le principal facteur d’endettement public a été le maintien par la BDL de taux d’intérêts élevés et cela sans aucune coopération avec le Ministère des Finances, dixit Alain Bifani, dans un entretien avec Jeffrey Feltman en 2007 publié par le site Wikileaks.

Aujourd’hui aussi, les choses sont très simples. Tout comme la restructuration de la dette publique et l’arrêt de la défense de la parité entre livre et dollar semblent aujourd’hui inéluctables en raison des mauvais choix. Tous les experts en économie, tous les spécialistes, toutes les agences de notation estiment que sans l’appel à l’aide au FMI, le pire des scénarios sera une dévaluation incontrôlée et une restructuration important même les dépôts privés, ce qui est le scénario aujourd’hui le plus probable faute de gouvernement et d’instance politique fonctionnel. Même en cas d’appel au FMI, l’organisation demandera une dévaluation et une restructuration de la dette publique. Il n’y a plus de choix qui se pose aujourd’hui devant nous.

Le Liban est donc déjà en défaut et pourtant, Riad Salamé continue et persiste à ne pas vouloir reconnaitre ses torts. il gaspille des munitions monétaires qui seraient plus appropriées à l’urgence immédiate et à la crise existentielle de la population elle-même, à savoir la soigner, la nourrir.

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