« Sur ce point, j’en appelle, je le répète, au sentiment de l’Assemblée. Quoi ! d’un côté, la barbarie dans la rue, et de l’autre, le vandalisme dans le Gouvernement ! Messieurs, il n’y a pas que la prudence matérielle au monde, il y a autre chose que ce que j’appellerai la prudence brutale. Les précautions grossières, les moyens de force, les moyens de police ne sont pas, Dieu merci, le dernier mot des sociétés civilisées ! On pourvoit à l’éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral, et qu’il faut allumer des flambeaux pour les esprits !  » (1)

La terreur de l’EI construit la propension de l’intolérance et de l’extermination.  Depuis les prétextes stratégiques et la guerre voulue de l’administration Bush, elle répand sa violence systématique et suicidaire ainsi que la hantise de l’insécurité de part le monde.

Ses terrains favoris concernent des régimes controversés ou instables, des structures démocratiques vieilles et hautement politisées. Elles restent néanmoins viscéralement attachées à prémunir des constantes: L’égalité pour tous, le respect de la coexistence, la tolérance de la différence et le rassemblement. Ils initient encore le fort impact de la conservation faute de mener l’élan à la compassion.

L’électeur français, longtemps déçu par des promesses vaines ou trompeuses, cherche désormais son refuge, bien au delà des systèmes politiques traditionnellement connus et souvent minés par la corruption. Il a choisi au premier tour de l’élection présidentielle ses alternatives. Il décide avec ses incertitudes au premier tour et continue à interroger sa cohérence au deuxième tour sur deux candidats diamétralement opposés. L’un clame défendre l’espoir des aménagements intermédiaires et l’autre se veut garant de la sécurité des français par le changement radical. Le parcours individuel semble être l’alternance principale du changement,  au-delà de la transparence correspondante, et ce, dans un climat de peur, de précarité économique, de menace quasi permanente du terrorisme et de fracture sociale. La laïcité républicaine peine à réviser son sens, sa validité ainsi que sa marge de coexistence.

Une république française  proprement « démocratique » et  lumineuse ne peut se résigner aux choix des conduites extrêmes ou en cours de qualification. La culture francaise demeure heureusement une valeur sûre. Elle est la majesté d’une langue, le rayonnement de la nation, la critique acerbe du vide et la gardienne de la substance.

Joe Acoury.
Franco-Libanais.

(1) Victor Hugo
Discours à l’Assemblée nationale (1848-1871).
Séance du 11 novembre 1848.