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Beaucoup de commentateurs, sincères ou bonimenteurs, proclament qu’après chaque crise et plus particulièrement chaque catastrophe les choses changent en profondeur, laissant entendre une meilleure place pour l’humain. Que nenni !

En effet, malgré son incompétence, ses manœuvres mensongères et ses mesures calamiteuses pour la santé des citoyens, la Macronie ne perd pas le nord pour assumer sa fonction centrale. Cette Macronie prépare et met déjà en place les mesures pour conforter, consolider et approfondir l’emprise des oligarchies financières et politico-technocratiques.

Les experts de service, plus mouillés que jamais dans la forfaiture, défendront bec et ongles leurs privilèges et surtout feront bloc à n’importe quel prix et par tous les moyens pour éviter de se faire emporter par les procès à venir.

Les premières mesures de Macron ne visent nullement à protéger les salariés non hautement qualifiés et autres travailleurs indépendants et/ou invisibles contre l’épidémie comme on serait en droit de l’attendre avec ses nouvelles professions de foi. En réalité, celles-ci lui servent uniquement de couverture pour mettre en place de nouvelles attaques encore plus brutales comme les travailleurs et autres couches sociales populaires comme la semaine de soixante heures, la journée de travail de neuf heures et le temps de repos hebdomadaire limité à vingt quatre heures, bien sûr tout cela à titre provisoire…

Cette nouvelle attaque frontale et massive contre les travailleurs, malgré toutes les belles justifications avec lesquelles les spécialistes es-communication l’enrobent et le martèlent, ouvrent la voie à de nouvelles attaques comme la surveillance numérique généralisée, le contrôle en temps réel des citoyens, leurs déplacements, leurs opinions et leurs échanges et interactions, tout cela sous le quadrillage non plus simplement de la police, mais aussi de l’armée déjà présente et bien en place pour le quadrillage du territoire.

Macron n’a pas mis en place le transport militaire des malades uniquement pour l’aspect spectaculaire dont il cherche à tirer profit pour se redorer quelque peu le blason. En impliquant l’armée, il réussit là où il avait échoué contre les Gilets jaunes lorsque celle-ci a décliné poliment mais fermement de faire la police pour servir de rempart contre la population. L’armée avait fait clairement savoir que son rôle était de tuer, c’est ce qu’elle apprend à faire et c’est ce qu’elle fait en cas de danger. Mais elle le fait contre les ennemis extérieurs. Mise en condition de danger, elle tire et elle tue, et elle serait incapable de faire la différence si elle fait face à ses concitoyens.

Nolens volens, par la grâce du Covid-19, domptée cette fois par l’usage de bons sentiments en belles justifications, l’armée se trouvera aussi enrôlée pour quadriller la population. Son déploiement dans l’opération Sentinelle avait pour but l’ennemi extérieur dissimulé à l’intérieur des frontières. Son déploiement actuel la mettra à terme face aux travailleurs français en révolte et en lutte contre ses conditions de vie.

Les largesses financières avec les centaines de milliards distribuées généreusement à plus de 80% pour les possédants seront des dettes que les classes populaires devront rembourser par de nouvelles mesures d’austérité et des conditions de travail dignes du XIXème siècle. Les mesures déjà prises les préfigurent.

Les attaques et mises en coupe réglée ne concernent pas seulement la politique intérieure des oligarchies financières et politico-technocratiques. Elles concernent aussi la politique étrangère.

La pandémie en cours est grosse de déstabilisations diverses et variées du fait des conséquences fâcheuses, voire catastrophiques, intrinsèques à sa déferlante tant sanitaire, économique que sociale. C’est donc le lieu de la mettre à profit pour déstabiliser des gouvernements ennemis ou couper les branches pourries des États « amis ». C’est ainsi qu’il faut comprendre la campagne de certains experts fussent-ils diplomates contre la soit disant faillite des autorités iraniennes dans leur lutte contre l’épidémie du Covid-19. Inutile de nommer ces chercheurs, on notera tout simplement la gêne que l’on pressent sur l’un deux lors d’une de ses conférences.

Du coté des États « amis », il y a cette fameuse note du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie qui évoque un possible effondrement des États d’Afrique occidentale et centrale et qui a fait l’objet d’une fuite au Ministère des affaires étrangères. Cette note dit clairement l’opportunité de changer ces branches pourries qui sont devenues aujourd’hui des boulets totalement déconsidérées aux yeux de leurs populations et ne sont plus que vieilles chaussettes usées. Il s’agirait dès lors de les remplacer par un personnel relativement vierge ou présenté comme tel et sélectionné dans les quatre viviers que sont l’église catholique et certaines confréries musulmanes qui concourent à la stabilité politique, la diaspora, les milieux artistiques, culturels et les experts des milieux sanitaires qui seront auréolés de leur mobilisation dans la lutte contre l’épidémie, et enfin, pour couronner le tout, les entrepreneurs et hommes d’affaires néolibéraux.

Comme quoi, il suffit de gratter le vernis pour voir apparaître l’essence néocolonialiste de notre cher État englué dans sa sempiternelle France Afrique malgré toutes ses promesses et proclamations de foi que, cette fois, juré promis, croix de fer croix de feu, si je mens je vais en enfer, elle appartiendrait à un passé révolu. Mensonges et comédie tragi-comique encore une fois que tout cela !

C’est dire que les oligarchies financières et politico-technocratiques sont déjà en ordre de bataille et ont déjà engagé le combat et l’après pandémie.

Croire et faire croire en des lendemains naturellement ou plus facilement meilleurs parce que, riches ou pauvres, noirs, blancs, jaunes ou rouges nous aurions subi ensemble une catastrophe, c’est mener les travailleurs comme les peuples coloniaux à l’abattoir, tout aussi simplement que sûrement, malgré certains soubresauts inéluctables.

La libération des travailleurs, la refondation d’une démocratie où le peuple exerce son pouvoir reste un long chemin accidenté auquel il faut se préparer sereinement mais tout aussi sérieusement et fermement. Prendre conscience que les oligarchies aux commandes ont déjà et toujours deux lieues d’avance. Prendre conscience aussi que ce chemin vers la libération se fera nécessairement non par l’intermédiaire mais bien contre cette caste spécialisée et qui se développe par auto cooptation, qui a mis le peuple sous tutelle depuis plus de deux siècles grâce à un système électoral qui a fini d’être vidé de sa substance pour être transformé en ce qui n’est plus rien d’autre qu’un cérémonial légal pour renouveler sa mise sous tutelle avec son propre consentement, s’assurant ainsi qu’il intériorise bien son statut de mineur, voir de demeuré, y fait encore allégeance et y adhère toujours.

Et ce combat pour leur libération c’est aujourd’hui que les travailleurs doivent le reprendre, le préparer et le perfectionner.

Scandre Hachem

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