Le siège de l'Association des Banques du Liban (ABL). Crédit Photo: NNA.
Le siège de l'Association des Banques du Liban (ABL). Crédit Photo: NNA.

Le secrétaire général de l’association des Banques du Liban Makram Sader a accusé le gouvernement de pouvoir ruiner l’économie et le secteur bancaire.

Il s’exprimait dans une interview au quotidien libanais anglophone The Daily Star. Selon lui, “l’économie libanaise suffoquera pendant 20 ans et le plan détruira le secteur bancaire et la banque centrale sans autre alternative”. Makram Sader faisait allusion au plan de sauvetage de l’économie libanaise présenté, il y a 2 semaines par le Premier Ministre qui prévoit une restructuration du système bancaire – avec approvisionnement au total des capitaux investis par les actionnaires actuels des banques locales – et de la Banque du Liban en raison d’importantes pertes financières. Les actionnaires actuels seraient amenés à être remplacé via un bail-in des grands déposants actuels, propose le ministère des finances.

Les pertes du secteur privé seraient ainsi estimées à plus de 100 milliards de dollars, note le rapport du Ministère des finances, tandis que celles de la BDL atteindraient 63 milliards de dollars.

Face à la menace de perdre le contrôle des établissements actuels, l’ABL tente de s’organiser et indique préparer un plan économique concurrent

Makram Sader estime que le gouvernement tente de rendre les banques libanaises responsables de la crise actuelle. Cependant, il indique que les pertes “sont des pertes fictives” induites par l’état de défaut de paiement prononcé par les autorités en mars dernier. “Ils essayent de mettre tout le blâme concernant les dépenses publiques depuis les 15 dernières années sur la Banque du Liban et les banques”, et en accuse le ministère des finances et son directeur général Alain Bifani.

Toute restructuration du secteur financier doit être mené par les Banques et la BDL et non par les autorités, déclare Makram Sader. Il admet cependant que le plan devrait être présenté devant le parlement. Il s’agira au parlement d’adopter ou de refuser le plan de sauvetage économique, souligne-t-il avant de noter que l’ABL acceptera de négocier avec le FMI si l’institution en fera la demande.

Sur le volet de détérioration de la parité de la Livre Libanaise face au dollar, Makram Sader accuse l’état d’ambiguïté, ne souhaitant pas annoncer officiellement la fin de la politique de maintien de parité entre les 2 monnaies et rappelant que ce sont les autorités et non les banques qui fixent le taux de change.

Aussi, il s’est interrogé sur le refus des autorités de ne pas hypothéquer les biens publics pour faire face aux prêts accordés par les banques.

L’état possède beaucoup de biens et parmi ces biens, les réserves en or de la Banque du Liban. Je ne suis pas en position de dire au gouvernement ce qu’il doit faire avec les réserves en or de la BDL. Cependant, il peut l’utiliser comme collatéral pour emprunter de l’argent s’ils le désirent.”, a-t-il conclu.

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