De source médiatique, on indique que la délégation du FMI qui était présente au Liban achèvera demain sa visite.

Le quotidien Al Joumhouria estime ainsi que le pays des cèdres devrait obtenir 4 milliards de dollars sur 4 ans, avec un monitoring tous les 3 mois des progrès qui devraient être accomplis pour permettre le déblocage de cette aide. En cas de retard ou de défaut des autorités libanaises, les paiements devraient être suspendus.

Selon les responsables du FMI, la situation du Liban est la pire parmi les pays en crise avec lesquels le FMI traite, que cela soit sur le plan gouvernemental, de la Banque du Liban ou encore des banques privées.

Ces sources estiment ainsi qu’en dépit de l’adoption de nombreuses lois pour réguler le secteur, elles ne sont toujours pas appliquées, ce qui a amené à la dégradation des conditions économiques.

Le quotidien arabophone note de son côté que le premier ministre Najib Mikati vise à signer rapidement un accord préliminaire avec le FMI. Toutefois, celui-ci n’engagerait pas les 2 partis et la conclusion d’un accord final nécessiterait plusieurs mois encore de négociations. Par ailleurs, le FMI exigerait l’approbation par le parlement de 4 projets de lois critiques qui font face à plusieurs obstacles.

Al Akhbar note ainsi que l’objectif du gouvernement Mikati III dans l’obtention d’un accord à minima vise avant tout à promouvoir l’idée selon laquelle il aurait réussi ses missions principales, à savoir l’organisation des élections législatives et la conclusion d’un accord avec le l’institution internationale, ce qui est décrit “comme une fête électorale”.

En effet, les conditions pour l’obtention d’un accord final permettant le déblocage de l’aide internationale sont loin d’être réalisée.

Il s’agit en effet de mener l’audit de la Banque du Liban à son terme, d’adopter la loi sur le contrôle des capitaux ainsi que le budget 2022, restructurer le cadre légal financier et notamment le secret bancaire et la restructuration du secteur financier.

Concernant l’audit de la BdL, il buterait sur l’obstacle mis en place par le gouverneur de la Banque du Liban qui refuserait toujours de livrer toutes les informations nécessaires à la procédure. Par ailleurs, des problèmes seraient apparus concernant la notion de liquidité des réserves monétaires obligatoires qui s’élèveraient à 11.45 milliards de dollars fin mars ou encore sur le fait de savoir si l’or détenu par la BdL serait également mobilisation.

Sur le plan législatif, le président de la chambre Nabih Berri refuserait d’approuver la loi concernant le contrôle des capitaux. Quant au FMI, il n’approuverait pas le budget 2022.

Enfin concernant le secret bancaire, le FMI exigerait la divulgation des noms des personnalités politiques et financières ayant transféré d’importantes sommes à l’étranger depuis l’instauration d’un contrôle informel des capitaux. Cependant, ces derniers seraient en position de bloquer la procédure.

Sur le plan bancaire aussi, la répartition des pertes du secteur reste une pierre d’achoppement majeure. Il s’agira de mettre les banques en faillite et de les restructurer et cela sans ingérence politique ou de la Banque du Liban. Les discussions porteraient sur l’identification de ces établissements et auraient pris une tournure politique voire même confessionnelle.

Quant au capital des banques elles-même, y compris celle de la BdL, il s’agira désormais de considérer une possible décote à la totalité des actions des actionnaires.

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