Face à l’importante crise de liquidité, l’Association des Banques du Liban a décidé d’imposer une limitation des retraits à 1 000 USD par semaine et a décidé de ne permettre les transferts à l’étranger que dans des cas « d’urgence personnelles ».

Ce communiqué contredit les propos du gouverneur de la Banque du Liban qui avait indiqué ne pas souhaiter l’instauration de contrôle de capital ou imposer des limites de transfert vers l’étranger, estimant que cela est du ressort de la politique de chaque établissement bancaire. Riad Salamé avait également écarté toute décision de dévaluer la Livre Libanaise – ce qui est du ressort de la BDL – ou encore une décote des comptes des épargnants, indiquant qu’il s’agissait d’une décision nécessitant l’adoption d’une loi par le parlement.

Parmi « les cas urgents » permettant le transfert de fonds à l’étranger, le paiement de scolarité ou de frais médicaux.

Cependant, cette décision pourrait encore ralentir l’activité économique déjà en récession et amener à des problèmes structurels, le Liban étant un pays importateur net. Face à ce conflit de compétence, il n’est pas également certain que la Banque du Liban puisse ne pas annuler ces mesures, ces décisions devant être de son ressort et non du ressort de l’Association des Banques du Liban.
Cependant, elle ne fait qu’officialiser aussi des pratiques qui ont déjà cours depuis quelques mois déjà.

Les importateurs d’essence, de médicaments ou encore les minotiers se sont déjà plaints, les derniers mois, du refus de leurs banques à leur fournir les devises étrangères nécessaires à l’achat du matières de première nécessité.

Ainsi, les entreprises importatrices de produits de premières nécessités étaient déjà affectées par la pénurie de dollars sur le marché, ce qui a provoqué une pénurie notamment d’essence la semaine dernière ou encore de certains médicaments en dépit de la fameuse circulaire 530 mettant à disposition par la Banque du Liban de sommes destinées à l’achat de blé, d’essence ou de médicaments.

Pour rappel, les établissements bancaires étaient déjà très affaiblis par la crise économique, certaines banques étant affectées par des rumeurs annonçant leurs prochaines faillites.

Alors que d’importantes manifestations ont actuellement lieu au Liban depuis la nuit du 17 octobre, le système financier est accusé d’avoir bénéficié de nombreuses largesses et d’avoir participé – tout comme la classe politique – à la quasi-faillite du Pays des Cèdres. Les banques libanaises étant très exposées au risque de défaut de l’état en raison de leurs investissements en obligations libanaises, les principales agences de notation, dont Fitch, Moody’s ou encore Standard & Poor’s ont déjà dégradé les notes des émissions obligatoires de ces dernières.

Ainsi, les banques n’ont pu ouvrir leurs portes que quelques jours alors que le mouvement de protestation entre dans son 32ème jour.

Cette annonce intervient alors que le syndicat des employés de banques a indiqué que la grève générale se poursuivra ce lundi en raison de risques posés quant à la sécurité du personnel.

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