Le chef de l'état, le président de la république, le général Michel Aoun, à l'occasion du centenaire du Grand Liban

Le Président de la république, le Général Michel Aoun, a accordé une interview au quotidien Al Joumhouria. Il a ainsi estimé, alors que son mandat s’achève le 31 octobre à minuit, que le gouvernement actuel n’est pas qualifié pour jouir des prérogatives présidentielles et n’a pas la légitimité nationale pour remplacer le président, rappelant ainsi de facto que celui-ci est démissionnaire depuis les élections législatives de mai dernier.

Ainsi, le président estime qu’il reste possible de former un nouveau gouvernement avant la fin de son mandat, soulignant la nécessité par ailleurs d’inclure 6 nouveaux ministres d’état, estimant qu’un gouvernement technocratique ne peut être productif sans soutien politique.

“le gouvernement des technocrates n’était pas aussi productif en premier lieu que nous l’avions espéré, et que ses ministres ne sont pas prêts à jouer le rôle politique qui pourrait leur être imposé en tant qu’héritiers des pouvoirs de la présidence de la république, et j’ai donc proposé la nomination de six ministres d’État représentant les principales communautés”, estime le président de la république, sans prenant par ailleurs aux rumeurs qui l’auraient visé.

“Mikati avait approuvé la formule pour la nomination de six nouveaux ministres d’État, en plus de changer les noms des ministres de l’économie et des déplacés dans la composition actuelle, en tenant compte du fait que l’alternative sunnite devrait provenir de la région Akkar et que l’alternative druze ne provoque pas le chef du Parti socialiste progressiste”, note le président, avant de se déclaré avoir été surpris du volteface du premier ministre désigné.

Le général Aoun a accusé le premier ministre Najib Mikati et ses proches de vouloir prendre le pouvoir et tenter de terminer une guerre entamée contre lui.

Le chef de l’état a cependant indiqué avoir déjà envoyé une partie de ses affaires à son domicile de Rabieh et qu’il quittera le palais présidentiel à l’expiration de son mandat.

Le président de la république a également accusé le Hezbollah de ne pas l’avoir soutenu comme il l’avait espéré notamment sur des propositions de bases, estimant que les sanctions visant Gébran Bassil sont de nature politique et que le Hezbollah fait partie intégrante de la population.

La majorité des revendications libanaises acceptées par Israël

Abordant la question des négociations entre le Liban et Israël concernant la délimitation de la zone maritime exclusive entre les 2 pays, le général Aoun a réitéré sa volonté d’obtenir pour le pays des cèdres la totalité du champ gazier potentiel de Qana. Ainsi, selon lui, la plupart des points soulevés par le Liban dans le dossier de démarcation ont été acceptés par la partie israélienne et les procédures de base sont presque accomplies.

Il appelle à l’accélération des procédures et à la signature d’un accord avant la fin de son mandat.

Le président de la république a écarté tout conflit actuel que cela soit au Liban ou même dans la région.

Les candidats à la présidentielle ne méritent pour l’heure pas le poste; Gébran Bassil n’est pas candidat

Abordant la question des présidentielles elles-même, le général Aoun estime que les candidats actuels ne méritent pas pour l’heure d’être élu. Il a également rappelé que son gendre Gébran Bassil n’est pas candidat, estimant aussi que certains partis externes au Liban tentent de reporter le scrutin.

Le prochain président devrait ainsi être appelé à se familiariser avec la Constitution et s’engager strictement à la faire appliqué, “même si cela amène à un conflit avec ses partenaires au pouvoir, allusion justement aux conflits avec les premiers ministres et le président de la chambre.

Nabih Berri accusé des blocages institutionnels

Le président de la République a également rappelé que “la plupart de ces décrets ont été gelés par le ministre des Finances contrairement à la Constitution et aux lois à la demande du président de la chambre Nabih Berri”, accusé d’être à l’origine de nombreux sabotages de son action durant son mandat.

En dépit de cela plusieurs volets ont pu être réalisés, comme la publication de décrets sur le pétrole et le gaz, à l’adoption de la loi électorale ou encore le fait d’aborder la question des réfugiés syriens.

Cependant, le chef de l’état note que les actions de sabotage ont débuté lors qu’a débuté la lute contre la corruption.

“Les responsables, les politiciens et certains médias se sont rencontrés contre moi, et ils ont mené une guerre féroce contre moi dans laquelle ils ont utilisé, et sont toujours, toutes sortes d’armes, et peut-être l’exemple du gouverneur de la Banque du Liban ? Malheureusement, le système judiciaire a succombé à la pression de certains hauts fonctionnaires et politiciens, et a gelé toutes les procédures qui doivent être suivies dans cette affaire”, estime le président de la république.

Concernant la crise actuelle, “à moins que ce système, qui est corrompu depuis les années quatre-vingt-dix, ne se désintègre, il amènera de plus en plus les Libanais au fond de l’abîme”, estime le chef de l’état.

Le Président de la République a ainsi estimé que le système de la Troïka ne permet pas de gérer le Liban, “parce que chacun d’eux peut perturber ou entraver l’autre”.

Il s’est d’ailleurs déclaré surpris par le fait que le parlement n’a pas encore approuvé les lois de réforme urgentes demandées par le Fonds monétaire international, en dépit des assurances du président de la chambre à ce qu’elles le soient.

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