Début du mois de décembre depuis quelques jours. Il est vrai qu’avec tout le vécu depuis le début de 2020, les fêtes paraissent bien ternes, tristes, mais pour autant il s’agit de voir les choses de manière, désormais, bien réaliste.
Oui le Liban a vécu au-delà de ses moyens durant de nombreuses années, voire des décennies. Pour autant, avec la nouvelle année qui s’annonce, il s’agit aussi de construire, de reconstruire Beyrouth et les vies des libanais de manière plus pérenne.

Ces fêtes seront certes moins fastueuses, les cadeaux moins bling-bling, contrôle de capitaux oblige pour certains et pour d’autres dégradation de la valeur de la livre libanaise elle-même. Le système bancaire et monétaire s’effondre, mais a-t-il été réel?

Les gens ne se rendaient pas compte de la réalité, durant des années. Ce style de vie dépassait les moyens de leur économie. Ils achetaient des voitures qui ne correspondaient pas à leurs revenus, le show-off d’une partie de la population n’était pas celui, peut-être de la majorité mais consumait lentement, mais de manière sure, les richesses de ce pays.

Si aujourd’hui ce système, qui est à perte, a su perdurer, c’était avec l’argent de la classe moyenne puis avec celui de la diaspora. En fait de compte, le système financier cachait sa faillite d’abord morale puis réelle en déshabillant Pierre pour habiller Paul, jusqu’à ce que tout le monde soit nu. Le système s’est ensuite mis à nu une fois qu’il ne pouvait plus rien justifier comme tout système de fraude massif, de système pyramidal, de schéma de type Ponzi. Cette chute était inéluctable. Ce n’était qu’une question de temps. Maintenant,pour autant, les choses sont devenues claires, le diagnostic fait, les problèmes identifiés, les solutions existantes si toutefois on souhaite les mettre en oeuvre. Il est désormais temps de passer à l’offensive.
Il n’y a pas plus beau que de se retrousser les manches, de rebâtir. L’Allemagne a dû passer par l’hyperinflation des années 1920 pour bâtir une économie forte, certainement avec les péripéties que nous connaissons tous, le Japon aussi après la deuxième guerre mondiale.

L’exemple du Japon est là pour rappeler au Liban qu’un pays peut devenir riche par le travail de chacun, en dépit de ressources réduites voire inexistantes mis à part en fin de compte la seule ressource qui compte, celle d’une population.

Le Liban est riche par sa population, par le savoir-faire de cette dernière. Ce savoir-faire a profité durant des années à des économies tiers. N’a-t-on pas vu un des vaccins contre le COVID-19 être créé par une société fondée par un libanais d’origine arménienne? Dubaï est un autre exemple d’une économie qui s’est enrichie par le travail des libanais contre le Liban, reprenant sa place comme pôle financier du monde arabe et d’échange entre Orient et Occident.
Pour autant, le Liban n’a pas encore perdu et ne doit pas perdre. Il doit persévérer, garder les meilleurs éléments sur son sol et se débarrasser de ceux qui l’ont poussé à ce retranchement, à cette crise qui a longtemps vu sa réalité être démentie, déniée, manipulée.

Comme dans toute bataille, certains tomberont, de guerre lasse, mais d’autres se relèveront plus fort, plus aptes, plus véridiques…

Rien n’est plus beau en effet que de reconstruire et si 2020 a été l’année du réalisme, 2021 doit être l’année du renouveau. Le Libanais doit se mettre en ordre de bataille, comprendre pourquoi on en est arrivé là puis une fois le diagnostic correct fait, combattre en face les défis à venir et ainsi mériter sa réputation d’être un phénix qui sans cesse se renouvelle.

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