2 minutes à lire

Alors que se multiplient les rumeurs concernant la vente de maisons historiques dans les quartiers dévastés par l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, le ministère des finances a publié une circulaire interdisant de telles ventes sauf suite à l’approbation du ministère de la culture. Il s’agit d’empêcher les promoteurs de profiter de la détresse des gens au niveau des zones sinistrées du port de Beyrouth et de sa banlieue, tout au long de l’enquête et de la reconstruction, précise le texte rendu public.

Sur place, les associations de protection du patrimoine craignent la mise en place d’une société identique à SOLIDERE, celle qui a reconstruit « officiellement » le centre-ville de Beyrouth. Cependant en réalité, très peu d’édifices de l’époque ont été conservés suite à la guerre civile, et pire encore, de nombreux sites archéologiques d’importance pour l’humanité ont été rasés au profit de parkings souterrains.

La zone avait été déjà largement défigurée ces dernières années, par une course des promoteurs immobiliers qui ont détruits plusieurs structures pourtant historiques.

Outre des immeubles de la période du Mandat Français dont certains sont d’influence art-déco, les zones de Gemmayzeh et de Mar Mikhael, très affectées par l’explosion du port de Beyrouth, puisque situées à proximité immédiate, regorgent de trésors architecturaux et notamment de palais du 19ème et du début du XXème siècle. Ces dernier ont été largement endommagés, voir éventrés, par l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, équivalent à 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter. Cette explosion aurait ainsi causé un cratère de 210 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique le dimanche 9 août une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

Pour l’heure, le ministère de la santé indique que 163 personnes sont décédées, un nombre indéterminé de personnes toujours portées disparues et plus de 6 000 personnes ont été blessées selon un bilan toujours provisoire dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion. Un nouveau rapport estime à 40 000, le nombre de foyers détruits.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.