Face aux banques, les libanais ont des scénarios de films, de série même des livres et hésitent: Robin des Bois, Casa de Papel, Zorro même est arrivé ou encore des références plus récentes comme Blom Raider en évoquant la désormais célèbre Sali Hafiz. Les références sont nombreuses, à hauteur de l’injustice subie aujourd’hui depuis la prise en otage des sommes déposées depuis l’instauration d’un contrôle informel des capitaux. En tout cas, contrairement aux casinos, la banque ne saute pas, même si nos chers amis banquiers ont joué durant des années avec les économies qui ne sont pas les leurs.

Il est normal que certains, proches des banques, des Kapos au final à leurs services, n’hésitent pas à parler de série pour eux noire, mais sans référence cinématographique.

La semaine dernière, libération des dépôts de 9 personnes du moins partiellement avec l’aide d’armes plus ou moins factices, des jerricans d’essence mais pas encore d’arcs. Mais les flèches, elles, ont bien été décochées. Nos chers amis banquiers ne pouvaient pas faire autrement que s’exécuter cette fois-ci face à la détresse, eux qui sont allés jusqu’à refuser la mise à disposition de fonds demeures propres clients même pour des motifs humanitaires.
Il faut dire qu’elle a été longue la patience des libanais … très longue, ou plutôt la colère a longtemps couvé et le feu a finalement fini par embraser les pires craintes de nos banquiers. Ils sont là, ils ont temporisé, gagné du temps depuis 3 ans, promis de bien belles paroles que l’épargne d’une vie était toujours saine et sauve quand on ne peut constater que le contraire, pris en otage des fonds, au final même des vies, sans pouvoir exécuter un quelconque virement et maintenant continuent à vivre eux-même dans le déni.

Aux yeux de beaucoup, ce ne sont plus des braquages, ce n’est une violence. Il s’agit d’une justice d’autant plus légitime comme celle de Robin des Bois que la Justice elle-même n’a pas sévi, les services de l’état jouant un peu le rôle du méchant Shérif de Nottingham et protègent aujourd’hui les coupables et non les victimes.

Walaw, si vous attaquez les banques parce que vous êtes malades, on ferme trois jours. Ou encore, donnez leurs des biscuits s’ils ont faim. Et puis ils n’ont pas d’avion privé comme nous pour aller se faire soigner à Paris? Ah les pauvres… oui pauvres justement …

Ces Robins des Bois libanais risquent ainsi de se multiplier, à hauteur de la rage qui est désormais la leur à la grande crainte des banquiers et du dernier carré de leurs supporteurs.

Plus que jamais, ces deux mondes ne peuvent plus aujourd’hui cohabiter. Le Liban entre dans sa finale de crise, celle de la réalité après le déni, avec une population non plus fatiguée mais excédée face à autant de privation. Ils pensaient mettre l’épargne d’une vie en sécurité, ils se retrouvent dépossédés.

Ceux qui pouvaient quitter ont déjà pris le chemin de l’exode au prix d’oublier leurs vies passées. Imaginez donc en 3 ans à peine, l’état calamiteux du pays avec désormais 82% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté, un tiers dans un état de pauvreté extrême. 15% de la population appartient toujours à une classe moyenne mais avec des salaires qui ont fondu de 95% et une épargne indisponible même pour les urgences en raison du contrôle informel donc illégal des banques qui continuent à tergiverser sur la responsabilité inexistante selon elles de leurs dirigeants et actionnaires souvent hommes politiques par ailleurs. Ces trois pour-cent vivent encore dans une sorte d’opulence devenue malsaine face à la détresse. Eux ont accès à tout et puis en cas de problèmes, faisons chauffer les moteurs des jets et les cartes de débit, yalla let’s go à Dubai ou à Paris, déjà pour faire la fête, pendant que les gens vont crever faute de soin, faute de pouvoir manger.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.